par Joéline Andriana | Fév 24, 2020 | Psychologie
Un recueil de nouvelles va bientôt sortir, et la mort se révèle être la thématique principale de l’une d’elles. Je ne peux pas écrire sans l’évoquer non seulement parce qu’elle fait partie de l’amour, mais aussi de la vie. Ce recueil est intitulé De la folie pure. J’ai eu plaisir à l’écrire. Je l’ai écrit sans filtre, à la lumière de ce qui me passait par le cœur et par la tête. Mon corps en est encore tout tremblant tellement je sais qu’il peut réveiller des blessures profondes. Au-delà de la relation aux autres, à l’environnement changeant, l’unique pensée d’être en relation avec la mort peut amener à des émotions qui semblent insupportables et insurmontables. Pourtant, tant que l’on est en vie, toutes les émotions peuvent être source de bienfaits, juste parce que nous l’avons décidé.
C’est marrant, parce que plus je l’écris et plus je le pense, et plus je le pense et plus je me le dis, et moins je meurs sous le joug de ces plaies d’absurdité que laissent l’idée de la mort. Mourir du jour au lendemain, mourir d’agonie, mourir de maladie, mourir d’un accident, mourir d’amour, mourir tout court, que choisiriez-vous ? Moi, je choisis de vivre, de continuer à vivre de mes passions, de rencontrer des personnes avec j’ai envie de nouer une relation exclusive et constructive. Il paraît que le non ouvre les portes du oui, de la possibilité de faire autrement, mais surtout mieux.
Là, l’idée de mort n’est plus. Je me suis retrouvée face à une personne qui ne voulait pas entendre qu’il serait judicieux qu’elle puisse se visualiser dans cinq ans. Elle s’obstinait à me dire que ça ne servait à rien puisqu’elle pouvait mourir d’un accident de voiture ou d’une crise cardiaque du jour au lendemain. Pourquoi pas, après tout, si ça peut l’aider à vivre pleinement le présent ? Cependant, cette personne était envahie par la peur, l’angoisse de la mort. C’est vrai, si on pense tous les jours que rien ne sert à rien parce qu’on peut mourir dans la seconde, on ne peut qu’avoir peur de vivre, en fait.
Aucune issue, la seule issue était pour moi de laisser aller ses pensées et ses sentiments. Elle n’était pas à l’écoute d’elle-même, jusqu’à ce qu’elle parle de souhaits, de désirs, d’envie… J’ai souri et j’ai obéi à ses espoirs et ses aspirations. J’en étais ravie, à tel point que je l’ai remerciée de cette possibilité qu’elle s’octroyait de donner du sens à sa vie.
Je suis toujours heureuse de percevoir en l’autre cette lumière qui tout d’un coup s’allume à force de s’entendre parler à haute voix, à force de ne trouver qu’un mur face à une obsession stérile.
Je suis plus que satisfaite d’accompagner ces étincelles de vie.
Quoique mes inspirations soient plus personnelles dans mes livres, chaque individu rencontré au sein de mon cabinet laisse une trace là quelque part dans mes neurones, dans mes cellules. J’ai hâte aujourd’hui de livrer toute cette expérience en conférence où la vie a sa pleine place, où l’amour, la motivation et l’action (AMA) trouvent une issue favorable à la gestion des émotions.
par Joéline Andriana | Fév 17, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Pierre et j’ai vingt-six ans. Je sais de source sûre que celui qui attend en amour est le dominé. Celle qui domine, c’est elle. Ses silences, ses absences, ses réponses tardives font d’elle une personne presque inaccessible. C’est bizarre, cette sensation de vouloir se battre contre les moulins à vent, de désirer à tout prix être avec une personne qui nous échappe. Plus elle résiste et plus j’ai envie de la conquérir. Peu importe les moyens que je déploie. Je serai persévérant sans être harcelant. Les textos sont passés de mode. Je sais que ça peut énerver. Je ne sais pas quelle pourrait être son humeur à la réception de ces mots qui somme toute sont sympathiques. Quelle stratégie activer ? Beaucoup diraient : « Sois toi-même. » J’aimerais bien être moi-même, mais elle ne m’en donne pas forcément l’occasion.
Je sors de chez moi avec la simple pensée de la rencontrer. Elle est coiffeuse, son salon donne sur la rue piétonne. Je sais que je peux l’étonner, la surprendre en lui offrant des fleurs. Elle aime les roses rouges. Elle me l’a dit. Elle aime les petits mots écrits sur une belle carte cartonnée et colorée. Elle ressent les choses à travers les vibrations de son corps. Elle est sportive. Avec ces roses, je lui dédie une carte de couleur rose, parfumée, sur laquelle j’écris de mes mains et de mon stylo noir que je serais ravi de l’inviter à marcher pieds nus sur la plage, à une heure d’ici.
À travers la vitrine de son salon, je vois son sourire à la réception de ces cadeaux pleins de sens non seulement pour moi, mais aussi pour elle. Elle peut être comblée par mes avances authentiques et sincères. Alors, j’attends qu’elle se manifeste parce que je sais qu’elle le fera. Je peux être patient, elle ne peut qu’imaginer de bons moments avec moi, ressentant déjà le sable fin et blanc sous ses pieds, entendant le bruit des vagues de l’océan, humant l’air iodé à mes côtés. Ses blocages d’un amour passé se libéreront et trouveront une issue positive. Mon père a séduit ma mère de cette manière. Au lieu de se décourager et de se renfrogner en nourrissant un manque flagrant de confiance en lui, il s’est ouvert à ses possibilités infinies. Son mariage avec maman est un exemple d’une vie à deux sans obstacle. Il a toujours su que c’était elle, il n’a jamais douté du fait que c’était avec elle qu’il allait partager sa vie. Souvent, je lui demandais comment il avait su que c’était maman. À chaque fois, il me répondait droit dans les yeux : « Je l’ai su. Point. »
Alors pourquoi Élie ? Pourquoi me suis-je senti attiré par elle ? Je ne peux pas l’expliquer, je pense que la juste réponse est celle empruntée à mon père : « C’est elle. Point »
Trêve de questionnement d’un mental qui me détournerait de mes vœux d’amour et de bonheur. Je m’engage auprès d’elle, je passe à l’action pour la découvrir et vivre, juste vivre ce que j’ai à vivre le temps de cette vie si courte, en fin de compte…
Et vous, où en êtes-vous ?
par Joéline Andriana | Fév 10, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Déborah et j’ai trente ans. J’aspire à être heureuse, et je pense que ce bonheur passe par le fait d’avoir un enfant avec l’homme avec qui je partage ma vie. Deux perceptions, nous avons deux perceptions différentes de l’accomplissement personnel. Il a vingt-sept ans et ne voit pas l’urgence de construire une famille. Il aime jouer aux jeux vidéo, il peut rester toute la journée devant ses écrans et ne prendre aucun temps pour le couple, pour moi. Je fais tout pour lui faciliter la vie. Il travaille dur, il semble si fatigué et usé par ce labeur professionnel ! Il est mécanicien automobile. Je vois bien qu’il ne s’intéresse pas à ce que je ressens, à ce que je fais. Les disputes se multiplient. C’est à qui crie le plus fort, et à qui a raison. Je fais des efforts, je pense avoir toujours été présente pour lui.
Je m’accroche à lui comme mon dernier recours à mon épanouissement, comme à une bouée. Je me sens naufragée d’une histoire sans fond. Il ne m’entend pas, il ne m’écoute pas, je me sens impuissante. Je n’ai plus envie de lui, il s’est éloigné. Je suis devenue une femme d’intérieur, je suis sa boniche, il ne prend aucune initiative dans l’appartement. Je coule, je ne respire plus, je souffre d’un manque de considération que je ne pense pas mériter.
La dépendance affective me cloue à ses côtés, comme si je n’avais pas d’autres choix. Je suis liée à lui depuis six ans, et pendant six ans, je me suis consacrée corps et âme à notre relation. J’ai commencé par l’aduler, l’admirer, l’aimer passionnément, j’ai continué à l’aimer tendrement, pour finir par ne plus le reconnaître, par ne plus me reconnaître digne de vivre en couple avec lui. Nous avons laissé passer le temps, nous n’avons pas agi, nous nous sommes laissé aller. J’ai pris sept kilos, et je ne me sens plus désirable. Lui, au contraire, a maigri à force de stress et de tensions accumulés. Il a des douleurs dans le dos, il ne bouge plus. Les seuls moments partagés sont ceux devant la télévision, dans ce canapé qui a fini par prendre la forme de nos corps essoufflés.
Comment sortir de ce marasme ensemble ? Je lui en parle, mais pas de la bonne manière. Je lui fais des reproches à longueur de journée. Je pense que ça ne peut que le faire réagir. Il réagit en effet et de la même manière, des reproches s’accumulent et rien ne se résout. Nous en arrivons à nous détester, presque à en venir aux mains. Il me bouscule, je le mets à la porte. Ces accès de violence nous dépassent.
Mon père ne dit rien, ma mère me demande pourquoi je m’obsède à tenter de sauver cette relation où le manque de respect s’est installé et continue de compliquer la communication. Ils sont séparés, eux. En quoi seraient-ils de bon conseil ? Mes amies me dévoilent qu’elles s’inquiètent pour moi, que je devrais demander une aide extérieure. Ça vaut peut-être le coup… six ans d’une vie, de ma vie valent la peine que je me démène pour trouver des solutions à notre possible réconciliation. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ?
Mon collègue me drague, il serait sûrement plus facile de quitter Kévin…
Qu’en dites-vous ?
par Joéline Andriana | Fév 3, 2020 | Psychologie
« Le sentiment est un ami du don et ennemi de l’échange », écrivait Aristote. « Je regrette l’heureux temps où le sentiment réglait tout », selon Émile Chartier, dit Alain.
Je m’appelle Sidonie, et j’ai trente-cinq ans. Je suis dans une étape de ma vie où j’ai besoin de me sentir en sécurité. J’ai fini par détester l’humanité à force de prendre de grosses claques sous forme de jugements sur ma vie amoureuse. Mes amis, que je pensais de vraies sources d’énergie et d’amour, se sont éloignés dès lors qu’ils se sont mis à m’envoyer balader. Mes peines de cœur ne les intéressent plus. Ils disent qu’avec moi, c’est toujours la même chose, ça finit toujours de la même manière avec les hommes que je rencontre. Je ne me suis plus sentie à ma place parmi eux, je me suis sentie souillée. Souillée parce que je me suis surprise moi-même à me dévaluer, à me mésestimer. C’est vrai, ils ont raison, mon passé n’est fait que d’un cimetière d’amour, d’espoirs. Je ne suis plus une adolescente et pourtant, dès que je me sens bien avec un homme, je m’imagine que c’est l’homme de ma vie, le fameux « bon ». Mais qu’est-ce qui me prend ? Ai-je eu tort d’y croire à ce point ? Aurais-je dû le garder pour moi pour ne pas être fustigée de tous les mots les plus ignobles de la part de ceux en qui j’avais confiance ? Aurais-je dû rester à ma place et ne pas tenter de vivre ces expériences amoureuses ? C’est en fait moi, le problème. Je finis par me poser la question de la meilleure manière de vivre une relation d’amour, d’amitié.
J’en arrive à annihiler mes sentiments, comme des ennemis du bien, du bon dans les interactions. J’espérais que l’on me comprenait de même que je prenais le temps d’écouter et de comprendre, tout en acceptant mes amis tels qu’ils sont. Choquée, je suis restée choquée par tant d’indifférence et de rejet. Mal, je me sens mal de ne plus réussir à partager mes émotions. Je deviens misanthrope, je me laisse aller à manger, je me reclus chez moi. Impossible de sortir sans l’angoisse de croiser une personne malveillante.
J’en ai assez, je suis fatiguée… Mes émotions me jouent des tours. Je me sens si seule… Je ne sais plus à qui parler, me livrer. Demain, j’appelle ma psy, je ne peux pas continuer comme ça. Ça ne me ressemble pas, moi qui suis joviale et empathique, amusée de tout, émerveillée par les nouveautés de la vie, les aventures offertes par les hasards du temps, de l’espace. Je ne sais plus qui je suis, je suis perdue.
J’aimerais tant que la seule évocation de mes sentiments puisse régler tout malentendu ! Je sais qu’il est primordial de ne pas garder mes sentiments pour moi. Je décide de les poser sur le papier, je décide de prendre le téléphone et d’appeler mes « amis » afin de leur dire ce que je pense, la colère, puis la tristesse d’être balayée comme une vulgaire poussière. Peu importe ce qui adviendra, je ne peux pas me fourvoyer. Honnête avec moi-même, c’est tout ce que je peux être à l’heure actuelle. Il est légitime que je ressente de l’injustice et de la déception, il est essentiel que je retienne tous les bons moments du passé, de mon passé amoureux, de mon passé amical, il est primordial que je retrouve confiance en moi. Prendre les choses en main, parce que personne ne peut le faire à ma place.
J’ai juste besoin que l’on valide cette voie, ma voie. J’ai uniquement besoin qu’on entende ma voix afin de récupérer ma pleine place dans ce monde, si bizarre que cela puisse paraître.
Et vous, comment faites-vous pour vous sentir à votre place ?