par Joéline Andriana | Mar 16, 2020 | Psychologie, Littérature
Je m’appelle Clarance et j’ai soixante-dix ans. Je pense souvent à l’immortalité, même si quelquefois, je me surprends à compter le temps qu’il me reste à vivre. Malgré le poids des années et les phénomènes de répétitions qui se produisent dans mes relations aux autres, je serais volontaire si on m’annonçait demain qu’un remède était trouvé pour prolonger l’espérance de vie et pourquoi pas l’étendre à l’infini.
Si mes cellules pouvaient se renouveler de façon aussi naturelle et rapide que lorsque j’avais quinze ans, je déploierais toute mon intelligence et mon énergie pour participer à ces tests sur une vie sans fin. Mes enfants et mes petits-enfants me permettent de me régénérer, ils sont une source intarissable de bonheur. Ma femme est toute défraîchie et se laisse littéralement aller. Elle si élégante encore il y a dix ans ! Ses soixante-dix ans lui ont donné une vraie gifle. Elle me l’a dit, elle a pleuré, j’ai dû la consoler pour rien. Elle me plonge dans des émotions difficilement appréhendables. Je l’aime, mais je ne me sens plus assez courageux pour poursuivre cette vie de vieillard avec elle. La télévision prend le dessus, elle ne veut plus sortir, faire des voyages, fréquenter des personnes de notre entourage commun, elle s’isole et pleure souvent. Je lui conseille d’aller voir un professionnel de la santé mentale, mais elle s’obstine à refuser, un peu comme une petite adolescente en régression complète. Elle va mourir, elle le sait, un jour, oui, mais elle ne sait pas quand. Alors pourquoi elle me prend la tête ? Nous ne dormons plus ensemble depuis une quinzaine d’années. Je ronfle et elle ne le supportait plus, je la sollicite et elle ne voulait plus avoir à répondre de mes désirs.
Comment définir notre couple aujourd’hui ? Je ne pense plus l’aimer d’un amour fou, mais les autres nous voient comme un duo parfait, un exemple. Quelle naïveté ! Depuis que nous sommes à la retraite, nous traînons, nous nous disputons à être chaque minute de chaque jour ensemble.
Heureusement, j’ai mes passions : la chasse, les sorties entre copains, la belote, le cinéma, et puis Gilberte, à qui je pense aussi intensément que lors de notre première rencontre, un peu après la naissance de mon premier enfant. Nous nous rencontrons de temps à autre, nous discutons de choses et d’autres et le fait que ma femme ne sache rien de nous deux me rassure. Je me sens libre d’être qui je veux, d’être encore et éternellement en vie. Amoureux fou, je suis amoureux fou de Gilberte. Nous ne sommes jamais passés à l’acte et je suis convaincu que si elle mourait avant moi, je la regretterais jusqu’à la fin de ma vie. Les valeurs morales, le poids de la famille, de la société empiètent sur mes souhaits les plus profonds. Comment en arriver à cet âge et penser que je ne suis pas libre, ressentir que je suis menotté, comme livré à l’enfer ?
Je ressens tellement d’obligations morales que je me suis imaginé fuir, partir loin sans laisser de traces et proposer du même coup à Gilberte de m’accompagner, vivre enfin une vie authentique, sans faux-semblants. Soixante-dix ans, il ne me reste plus qu’une dizaine, voire une vingtaine d’années à vivre en bonne santé, avec encore toutes les possibilités de profiter du présent. Qu’est-ce que j’attends, qu’est-ce qui me prend ? Quelquefois aussi, j’imagine que ma femme meurt avant moi, et ce serait l’occasion parfaite pour sortir de cette hypocrisie. Mais serait-ce si simple ?
Suis-je ignoble ? Suis-je détestable de penser ces choses-là ?
Mes ouvrages intitulés Le jour où j’ai commencé à effacer les ombres et Les filles touchent l’eau et les garçons voient une étoile filante ont inspiré l’écriture de cet article.
Vous trouverez d’autres articles sur la psychologie sur mon site web: https://joelineandriana.com.
par Joéline Andriana | Mar 9, 2020 | Psychologie
Je suis là, allongée sur mon lit d’hôpital. Tout ce que je sais, c’est que je suis vivante et que je suis dans la capacité de réfléchir, de penser, de formuler des mots et des expressions dans ma tête. Des personnes viennent me rendre visite, mais je ne les connais pas. Elles semblent me connaître par cœur, me révéler mes qualités comme mes défauts avant même de me dire quels sont mon prénom et mon âge. Je suis consciente qu’elles m’agacent profondément, mais impossible de l’exprimer. Elles osent me faire la bise, m’embrasser sur le front et m’interroger comme si on était à la CIA. Je les déteste.
Elles pensent que je suis un gros bébé. Visiblement, aucune expression valable n’apparaît sur mon visage, encore moins dans mes gestes, dans mes postures. Il paraît que je suis vide, vide de sens, de signification des maux éprouvés. Des douleurs s’insinuent dans mon corps, et je ne peux pas les situer. Un corps, je ne suis qu’un corps, un phénomène physique qui a perdu toute possibilité d’interagir avec les autres. Un objet, un truc que l’on trimbale du lit à la salle de bain, et encore, il faudrait que l’aide-soignant soit assez fort pour me transporter. Souvent, on me lave là, à même le lit. Et je me sens mouillée et humide toute la journée. Et quand on n’arrive pas à parler ou à indiquer ces gênes, rien n’est fait pour nous aider. C’est fou, les êtres humains, ils passent d’un malade à un autre avec l’utilisation d’un chronomètre, une heure de sortie, une performance exigée par le directeur de l’hôpital. C’est quoi cette époque, ce monde dans lequel j’ai atterri ? N’aurais-je pas mieux fait d’y rester ? De rester dans quoi, d’ailleurs ? J’entends « accident », « voiture », « camion », « victimes », « cellules de crise », « la pauvre »… et je ne peux participer à tout ce méli-mélo de mots et de termes grossiers à mon égard.
Et puis, une jeune fille apparaît. Elle m’appelle maman. C’est mon prénom ? Non, c’est le rôle qu’elle me donne auprès d’elle. Elle est plutôt jolie, mais si triste que je n’ai qu’une envie, la foutre dehors. Elle pleure, regrette, se plaint, essuie ses larmes, me prend la main, me caresse, me regarde dans les yeux, demande pardon…de je ne sais quoi, de son absence due à son travail, ses enfants, son mari…sa vie, quoi… Elle finit par prendre conscience que je n’ai que faire de ses sentiments débiles, et que tout ce que je souhaite maintenant, c’est mon prénom, mon âge, les raisons de ma présence ici, de mon mutisme, les séquelles, si je vais m’en sortir, si je vais pouvoir reprendre le contrôle de ma vie et échapper à tout ce qui me dérange. L’odorat est devenu mon sens premier. Je détecte l’odeur des visiteurs et je sais si je vais passer ou non un bon moment. Ce qui est curieux, c’est que cet homme qui se dit mon mari, je ne supporte pas son odeur. N’est-il pas en train de me jouer un tour ? Je ne le trouve pas beau, pas avenant, pas vraiment gentil, plutôt grossier… Il m’avoue que nous sommes mariés depuis plus de vingt ans, que nous dormons dans le même lit depuis plus de vingt-cinq ans, que nous avons eu deux enfants, que nous avons voyagé si souvent qu’il ne se rappelle plus les lieux visités.
Le médecin me rend visite, agite son stylo devant mes yeux, prend ma fiche et m’appelle par mon nom de famille. Il dit que tout va bien. Ben non, rien ne va. Il affirme que mon état est stable, mais oui, il est trop stable ! Il faut qu’il m’aide à sortir de cette torpeur, de ce cloisonnement. Il m’affole, j’ai peur de rester dans cet état. Je préfère mourir. Même ça, je ne peux le balancer. Je veux mourir plutôt que d’être aux mains de ces incapables !
Enfin, une orthophoniste est venue, et nous avons toutes les deux trouvé le moyen de communiquer. Avec le clignement de mes yeux, j’ai réussi à lui répondre… Et par ce contact qui a eu du sens pour moi, j’ai réussi à ressentir de l’espoir…
La relation qui prend du sens pour nous nous réveille à nous-même.
Qu’en dites-vous ?
Mes ouvrages intitulés De la folie pure et Organique se rapprochent de cette histoire.
Vous trouverez d’autres articles sur mon site web: https://joelineandriana.com.
Toutes les vidéos, audios et articles de ANDRIANA Joéline (AJ) sont à voir et à lire gratuitement et en intégralité sur:
https://joelineandriana.com
https://joelineandriana-auteur.com
Abonnez-vous à la chaîne AJ : https://youtube.com/@joelineandriana?feature=shared
Toutes les vidéos sur https://youtube.com/@joelineandriana?feature=shared
Rejoignez mon podcast AJ :
https://www.podcastics.com/podcast/8868/link/
ANDRIANA Joéline sur les sites :
https://joelineandriana.com
https://joelineandriana-auteur.com
AJ sur Twitter :
https://x.com/joelineandriana?s=21
AJ sur Facebook :
https://www.facebook.com/share/14GzXyq69JK/?mibextid=wwXIfr
AJ sur Instagram :
https://www.instagram.com/joelineandriana?igsh=anVxN3k0MHZlejBu&utm_source=qr
AJ sur Tik Tok :
https://www.tiktok.com/@joelineandriana?_t=ZN-8xJcvVVMAx4&_r=1
********************************************
Subscribe to AJ channel : https://youtube.com/@joelineandriana?feature=shared
All the videos : https://youtube.com/@joelineandriana?feature=shared
AJ website :
https://joelineandriana.com
https://joelineandriana-auteur.com
Follow us on Twitter :
https://x.com/joelineandriana?s=21
Follow us on Facebook :
https://www.facebook.com/share/14GzXyq69JK/?mibextid=wwXIfr
Follow us on Instagram :
https://www.instagram.com/joelineandriana?igsh=anVxN3k0MHZlejBu&utm_source=qr
Follow us on Tik Tok :
https://www.tiktok.com/@joelineandriana?_t=ZN-8xJcvVVMAx4&_r=1
par Joéline Andriana | Mar 2, 2020 | Non classé
Je m’appelle Corentin et j’ai vingt-cinq ans. J’ai souvent des idées noires, je ne sais pas si c’est dû à mon passé douloureux ou au fait que je consomme de plus en plus d’alcool fort. Le soir, ça me détend. Si je veux échapper à ma fatigue mentale ou aux événements extérieurs, je me replie sur moi-même. Je ne veux plus voir personne, j’ai l’impression de me protéger et de me sentir en sécurité.
Je ne me suis jamais senti aimé par mes parents, soit trop sévères, soit trop laxistes. Je n’ai jamais vraiment su ce qu’ils attendaient de moi. J’ai grandi en pensant m’éloigner d’eux, de leurs exigences, me cloisonnant dans ma chambre, pour ne plus les côtoyer. Je rêvais du jour où j’échapperais à leurs habitudes glauques, à leurs disputes, à leurs ignorances et leurs indifférences face aux joies, aux catastrophes de la vie. Ils ne se sont jamais intéressés à rien. Aucune sortie au cinéma, au restaurant, aux foires, aux fêtes du village. Ils se contentent de poursuivre une routine qui les terre, les rend fades et blafards. Je me suis souvent promis de faire mieux qu’eux.
Mais voilà, je me retrouve à consommer de l’alcool pour échapper à cette morosité. Les copains m’ont initié à l’enivrement artificiel et je me suis laissé happer dans ce piège. J’ai vu mon père s’isoler dans sa pièce, avec sa bouteille de whisky. Je l’ai vu plus heureux, le visage plus gai et l’air plus disponible. Je l’ai ressenti aussi plus agressif envers maman. Du haut de mes douze ans, je n’ai pas pu décoller mes oreilles de ses reproches contre maman, contre la vie. Il disait avoir raté sa vie en l’ayant épousée, en ayant eu des enfants par accident avec elle, qu’il aurait pu vivre bien mieux sans elle, sans nous. Soudain, je comprenais que j’étais de trop, que je n’étais pas désiré, que j’étais un poids pour lui, que j’étais le frein à ses possibilités de liberté.
Une chape de plomb m’a enseveli dans les méandres du mal-être. Qu’est-ce que je pouvais bien rétorquer à ces vérités paternelles, comment pouvais-je continuer à respirer une seconde de plus en ressentant ces sentiments de rejet et de regret ?
Je suis entré dans une imitation paternelle. Je me suis engagé à travailler le plus tôt possible pour devenir indépendant et autonome. Rapidement, j’ai quitté le giron familial, non sans difficulté. Je suis parti à l’âge de dix-sept ans dans d’autres contraintes, celles de la vie à deux. J’ai en moi ancré l’image de l’adulte qui gagne son pain et qui se met en ménage. L’image de la stabilité, ce qu’on peut concevoir de l’extérieur. J’ai souffert parce que je n’avais pas été initié à la façon de gérer son budget, à la manière de mener une relation de couple harmonieuse. Je n’ai vécu que l’exemple de mes parents. Je me sens si malheureux que, par facilité, je reproduis les tares familiales. Je comprends mieux ce qui poussait papa à boire, à se saouler, à se retirer de ce quotidien. Il est âgé, maintenant, et il a survécu à des maladies, il devient de plus en plus dépendant affectivement de maman.
Qu’est-ce que je peux bien faire pour me sauver de ces turpitudes, de ces habitudes ? On m’a toujours dit que je suis quelqu’un d’intelligent, mais je ne sais pas quoi faire de cette intelligence. Dois-je réprimander mes parents, dois-je reprendre ma liberté en main en me redécouvrant et en me révélant à moi-même ?
Toutes ces démarches demandent un minimum de courage. Je me sens si lâche, si peureux, si faible ! Tant que j’ai la vague impression que l’alcool peut me sauver, je continuerai. Dès que je déciderai de m’en défaire, je saurai dans quel but. J’ai besoin de trouver un sens plus grand, plus immense à ma vie… j’ai besoin de prendre le large afin de me retrouver sans eux, sans personne et de me sentir seul maître à bord.
Et vous, que faites-vous pour vous retrouver ?
par Joéline Andriana | Fév 24, 2020 | Psychologie
Un recueil de nouvelles va bientôt sortir, et la mort se révèle être la thématique principale de l’une d’elles. Je ne peux pas écrire sans l’évoquer non seulement parce qu’elle fait partie de l’amour, mais aussi de la vie. Ce recueil est intitulé De la folie pure. J’ai eu plaisir à l’écrire. Je l’ai écrit sans filtre, à la lumière de ce qui me passait par le cœur et par la tête. Mon corps en est encore tout tremblant tellement je sais qu’il peut réveiller des blessures profondes. Au-delà de la relation aux autres, à l’environnement changeant, l’unique pensée d’être en relation avec la mort peut amener à des émotions qui semblent insupportables et insurmontables. Pourtant, tant que l’on est en vie, toutes les émotions peuvent être source de bienfaits, juste parce que nous l’avons décidé.
C’est marrant, parce que plus je l’écris et plus je le pense, et plus je le pense et plus je me le dis, et moins je meurs sous le joug de ces plaies d’absurdité que laissent l’idée de la mort. Mourir du jour au lendemain, mourir d’agonie, mourir de maladie, mourir d’un accident, mourir d’amour, mourir tout court, que choisiriez-vous ? Moi, je choisis de vivre, de continuer à vivre de mes passions, de rencontrer des personnes avec j’ai envie de nouer une relation exclusive et constructive. Il paraît que le non ouvre les portes du oui, de la possibilité de faire autrement, mais surtout mieux.
Là, l’idée de mort n’est plus. Je me suis retrouvée face à une personne qui ne voulait pas entendre qu’il serait judicieux qu’elle puisse se visualiser dans cinq ans. Elle s’obstinait à me dire que ça ne servait à rien puisqu’elle pouvait mourir d’un accident de voiture ou d’une crise cardiaque du jour au lendemain. Pourquoi pas, après tout, si ça peut l’aider à vivre pleinement le présent ? Cependant, cette personne était envahie par la peur, l’angoisse de la mort. C’est vrai, si on pense tous les jours que rien ne sert à rien parce qu’on peut mourir dans la seconde, on ne peut qu’avoir peur de vivre, en fait.
Aucune issue, la seule issue était pour moi de laisser aller ses pensées et ses sentiments. Elle n’était pas à l’écoute d’elle-même, jusqu’à ce qu’elle parle de souhaits, de désirs, d’envie… J’ai souri et j’ai obéi à ses espoirs et ses aspirations. J’en étais ravie, à tel point que je l’ai remerciée de cette possibilité qu’elle s’octroyait de donner du sens à sa vie.
Je suis toujours heureuse de percevoir en l’autre cette lumière qui tout d’un coup s’allume à force de s’entendre parler à haute voix, à force de ne trouver qu’un mur face à une obsession stérile.
Je suis plus que satisfaite d’accompagner ces étincelles de vie.
Quoique mes inspirations soient plus personnelles dans mes livres, chaque individu rencontré au sein de mon cabinet laisse une trace là quelque part dans mes neurones, dans mes cellules. J’ai hâte aujourd’hui de livrer toute cette expérience en conférence où la vie a sa pleine place, où l’amour, la motivation et l’action (AMA) trouvent une issue favorable à la gestion des émotions.
par Joéline Andriana | Fév 17, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Pierre et j’ai vingt-six ans. Je sais de source sûre que celui qui attend en amour est le dominé. Celle qui domine, c’est elle. Ses silences, ses absences, ses réponses tardives font d’elle une personne presque inaccessible. C’est bizarre, cette sensation de vouloir se battre contre les moulins à vent, de désirer à tout prix être avec une personne qui nous échappe. Plus elle résiste et plus j’ai envie de la conquérir. Peu importe les moyens que je déploie. Je serai persévérant sans être harcelant. Les textos sont passés de mode. Je sais que ça peut énerver. Je ne sais pas quelle pourrait être son humeur à la réception de ces mots qui somme toute sont sympathiques. Quelle stratégie activer ? Beaucoup diraient : « Sois toi-même. » J’aimerais bien être moi-même, mais elle ne m’en donne pas forcément l’occasion.
Je sors de chez moi avec la simple pensée de la rencontrer. Elle est coiffeuse, son salon donne sur la rue piétonne. Je sais que je peux l’étonner, la surprendre en lui offrant des fleurs. Elle aime les roses rouges. Elle me l’a dit. Elle aime les petits mots écrits sur une belle carte cartonnée et colorée. Elle ressent les choses à travers les vibrations de son corps. Elle est sportive. Avec ces roses, je lui dédie une carte de couleur rose, parfumée, sur laquelle j’écris de mes mains et de mon stylo noir que je serais ravi de l’inviter à marcher pieds nus sur la plage, à une heure d’ici.
À travers la vitrine de son salon, je vois son sourire à la réception de ces cadeaux pleins de sens non seulement pour moi, mais aussi pour elle. Elle peut être comblée par mes avances authentiques et sincères. Alors, j’attends qu’elle se manifeste parce que je sais qu’elle le fera. Je peux être patient, elle ne peut qu’imaginer de bons moments avec moi, ressentant déjà le sable fin et blanc sous ses pieds, entendant le bruit des vagues de l’océan, humant l’air iodé à mes côtés. Ses blocages d’un amour passé se libéreront et trouveront une issue positive. Mon père a séduit ma mère de cette manière. Au lieu de se décourager et de se renfrogner en nourrissant un manque flagrant de confiance en lui, il s’est ouvert à ses possibilités infinies. Son mariage avec maman est un exemple d’une vie à deux sans obstacle. Il a toujours su que c’était elle, il n’a jamais douté du fait que c’était avec elle qu’il allait partager sa vie. Souvent, je lui demandais comment il avait su que c’était maman. À chaque fois, il me répondait droit dans les yeux : « Je l’ai su. Point. »
Alors pourquoi Élie ? Pourquoi me suis-je senti attiré par elle ? Je ne peux pas l’expliquer, je pense que la juste réponse est celle empruntée à mon père : « C’est elle. Point »
Trêve de questionnement d’un mental qui me détournerait de mes vœux d’amour et de bonheur. Je m’engage auprès d’elle, je passe à l’action pour la découvrir et vivre, juste vivre ce que j’ai à vivre le temps de cette vie si courte, en fin de compte…
Et vous, où en êtes-vous ?