Attirance mutuelle

Attirance mutuelle

Je m’appelle Céleste, et j’ai vingt ans. Je suis tombée amoureuse d’un garçon. Son prénom est Sasha, il a vingt-six ans. Il fait des études de médecine, il est sportif, blond, aux yeux bleus. Lorsque je l’ai connu, il était avec une fille de son âge, pas aussi sportive que lui, pas aussi affûtée que moi. Elle le conduisait aux entraînements de volley-ball. Il n’est pas autonome, pas encore le permis à son âge ! Je n’ai pas trouvé ça gênant, sur le moment : vous allez me demander ce qui ne me gênait pas ; qu’il ait une copine ou qu’il n’ait pas son permis. Un peu des deux, puisque moi-même, j’étais avec un Yaël. 

Nous étions à la fin de notre relation, il ne me faisait plus vibrer depuis un bon moment. Son romantisme s’était tu au fur et à mesure du temps. Je m’interrogeais même sur ses sentiments pour moi. Le voir traîner en pyjama, pas lavé, le dimanche me désespérait. Il n’avait que vingt-cinq ans, et déjà, il montrait ses inclinations casanières. Qu’est-ce que c’était moche et qu’est-ce que je n’aimais pas son odeur ! J’ai eu beau lui dire que je n’arrivais plus à le désirer dans ces conditions, il n’en tenait pas compte. Il s’en fichait. D’un revers de la main accompagné d’un air de dédain et d’indifférence, il repoussait ma remarque. Pas envie de ressembler à mes parents, patachons, ternes et fades, plus rien à partager, que les charges et les inconvénients de la vie quotidienne. Pas envie d’être triste, pas envie de me laisser aller ! On dit que le dialogue est important, même primordial, mais lorsque l’autre n’y trouve pas de bénéfice, c’est peine perdue !

Mon sentiment d’impuissance vis-à-vis de mon jeune couple m’a posé problème. Je devais trouver une solution rapidement. Malgré mon fort attachement pour Yaël, j’ai décidé de le quitter. Plus de flamme, plus de points communs, de sorties, de discussions, plus d’attirance… Je n’avais que le choix de me respecter. Je lui ai dit que c’était fini entre nous. Évidemment, il a commencé à pleurer, à dire qu’il m’aimait, qu’il n’avait jamais aimé une personne aussi intensément que moi. Un an et demi ensemble, et je n’avais jamais vraiment eu de perspective d’avenir avec Yaël ! Je ne me posais pas de questions au début de notre relation. Il m’avait draguée, il démontrait une réelle ferveur pour moi, c’est ce qui m’a décidée logiquement à me mettre avec lui. Il a suffi qu’il se détourne de moi, pour que je voie ses défauts, que je m’interroge sur les raisons de ma présence auprès de lui. 

Ça vous est déjà arrivé d’être en couple et de ne voir que les défauts de votre partenaire, pensant de façon obsessionnelle à un autre ? J’admirais Sasha, je n’avais pas forcément envisagé de sortir avec lui, je souhaitais le voir le plus souvent possible. Pas forcément l’embrasser sur les joues, parce qu’il était froid. Je n’ai jamais senti ses lèvres sur mes joues, il ne faisait que tendre ses joues, au moment de dire bonjour. Pas super comme approche ! J’adorais son charisme, son sourire, son aisance, ses ambitions de carrière, l’aura incarnée par ses mots, le son de sa voix, sa posture, ses gestes, son regard sur les autres, les choses, les situations. Je pense que je n’ai jamais fantasmé une nuit d’amour avec lui. Je n’osais même pas, en fait je n’y comptais pas. Bizarre, non ?! Je parlais souvent de lui, mais je parlais très rarement avec lui. Je sentais une connivence, je ressentais ses yeux sur moi, son affection pour moi. Ça ne passait que par une onde de satisfaction et de contentement intense d’être réunis. 

Vous est-il arrivé d’être juste bien avec une personne au point de tout mettre en œuvre pour la rencontrer le plus souvent possible ? 

 

Le physique

Le physique

Je m’appelle Maël et j’ai vingt ans. Je suis attiré par les belles filles, grandes, fines, blondes, aux cheveux longs et aux yeux bleus. Impossible de m’imaginer avec une fille qui ne me plaise pas physiquement. Ça compte infiniment. Entre ma meilleure amie, Eugénie, brune, petite aux yeux marron et ce genre de fille, je ne réfléchis pas. C’est d’une évidence incontestable. Je vois, je lis, et j’entends les plus de trente ans se prendre la tête sur cette idée de discrimination. Je sais que certains garçons aiment les filles en surpoids, avec des seins énormes, des fesses bombées, des cheveux courts, roux, aux yeux verts. Chacun ses goûts. Je le précise, pas pour me défendre, juste pour souligner que je n’y peux rien. C’est inné, j’ai l’impression. 

En cela, je me suis disputé avec Eugénie. Elle s’est sentie fortement éprise de ma personnalité, de ma bonne humeur, de mon écoute. Je l’aime bien, mais je ne peux pas me forcer à l’aimer d’amour. Elle n’a pas compris la non-réciprocité. Difficile de discuter avec elle. Elle est touchée dans son ego. Je ne dis pas qu’elle est moche, je n’ai juste pas d’élan vers elle. Je ne vais pas me mettre avec elle parce que ma mère l’apprécie, parce que ma sœur l’adore, que mon père la voit comme la belle-fille idéale. Pourquoi cette pression familiale ? À mon âge, je veux choisir celle avec qui j’ai envie d’être. Je risque de perdre Eugénie, son amitié si essentielle à mon équilibre. Je lui ai raconté tellement de moi, de ce que je suis, de ce que j’aime, de ce que je déteste qu’elle me connaît par cœur. Comment ne pas la blesser, comment lui dire que je ne l’aime que d’amitié ? Suis-je responsable de ce qu’elle ressent ? Suis-je coupable de refuser ses avances ? Elle pleure, elle pense que je l’abandonne, elle s’acharne, elle insiste, elle me harcèle, elle est si mal… Dois-je céder ? 

Sur le coup, je n’ai plus personne à qui me confier. Je deviens un paria et un incompris à la fois. Je suis tellement désolé pour Eugénie ! Je pleure moi-même de ne pouvoir la satisfaire. On parle souvent de profiter du moment présent. J’avoue que si je le pouvais, et ça me faciliterait la vie, je serais déjà avec elle aujourd’hui. Je suis accusé d’être immature, je suis prévenu que je le regretterai. Comment peuvent-ils être aussi persuadés de ce qu’ils balancent ? Je ne vais pas du tout dans ce sens. J’ai confiance en moi, et je sais que je ne souhaite pas subir une relation amoureuse. Je suis convaincu de ce que je ressens quitte à rester seul, quitte à être vu comme une personne injuste, sans pitié, sans compassion, sans sentiment aucun. Il est hors de question que je me lie avec une fille qui me convient à peu près. Si papa s’est contenté de maman, et tardivement, en plus, c’est son problème. Si ma sœur se limite à la monotonie de son couple par recherche de sécurité, c’est son truc. Si Eugénie est tombée amoureuse de moi, ce n’est pas mon affaire. Il faut qu’elle se débrouille avec ce sentiment et tout particulièrement avec ma résistance. Je suis dans l’impossibilité de changer d’avis et ce n’est pas par la force, le « tarabustage » de mes propres attentes que ça passera. 

 

Je me sens obligé d’être ferme, d’être froid devant tous. Je devrais peut-être exprimer moi-même mon désarroi afin d’être perçu comme une victime. Une victime, je n’en suis pas une. Je ne veux pas jouer ce rôle, ça ne m’intéresse pas. Je ne me considère pas comme un bourreau non plus. Je ne suis pas responsable de ce qu’Eugénie ressent. Je ne vais pas m’en vouloir d’être excité par ce que j’estime être de belles filles. J’adore m’émouvoir face à elles. J’aime ce qu’elles me procurent, c’est infiniment bon. Je ne vais pas me priver de ça !

 

Qu’en pensez-vous ? 

 

La midinette

La midinette

Je m’appelle Yaëlle et j’ai trente ans. Je suis célibataire depuis trois ans. Je pense toujours à cette relation qui a duré quatre ans. Je ne peux toujours pas croire que j’ai passé autant de temps avec Dylane. La routine, la routine, la routine, c’est tout ce qui comptait pour lui. Casanier, il passait ses week-ends soit à regarder des films d’une violence folle, soit à dormir. Son travail y était sûrement pour quelque chose, mais je n’ai pas pu supporter. Je l’ai trompé avec un autre homme, plus beau, plus jeune, plus attirant. Musclé, intéressant, intéressé par moi, j’ai craqué. Il a suffi de dix jours sans Dylane et mes habitudes de séductrice ont repris le dessus. Une formation à Paris m’a donné des ailes. J’avais besoin de sortir de ce marasme quotidien, de cette fadeur imposée. J’ai pu ressentir que je plaisais encore, que j’avais encore du désir, que mon corps était affamé de câlins et de tendresse. 

 

Je me suis retrouvée face à Julien, vingt-deux ans, ingénieur en informatique, fun, à la mode, avec une fraîcheur immense dans son sourire. Ses yeux pétillants, sa peau extraordinaire, ses mains magnifiques. J’ai eu l’impression d’être une vraie midinette. Mon âge m’a échappé, mon élégance de femme mûre a laissé place à une jeune fille simple et naïve. Julien n’a pas hésité à y mettre toutes les formes de respect et d’attention. Il avait tout réuni pour que je tombe dans le panneau du moment présent. Profiter de ce qui se présente, et que je ne pense plus à Dylane. Ce dernier semblait si inanimé, si indifférent ! Pourtant, je suis restée dans l’espoir d’un changement, dans l’espoir secret de construire une vie de famille avec lui. Il ne se décidait pas à avoir d’enfant, il s’axait sur le meilleur moyen de récupérer de cette fatigue. Nous avions omis de communiquer. Le temps passait si vite que mon horloge biologique s’affolait. Pressée, empressée de tirer avantage de tous les instants de plaisir afin de me sentir à nouveau exister. 

 

Je pense que je l’ai détesté, je pense que je l’ai haï de m’avoir prise en otage de son rythme de vie. Il a fallu cette extraction de cette bulle de sécurité et de stabilité trop tranquille pour que je m’aperçoive que je m’étais clairement oubliée. J’avais disparu sans faire gaffe. Dylane en était-il complètement et entièrement responsable ? Peut-être en partie, puisqu’il était tout de même chargé de prendre soin de lui, de se pencher de temps à autre sur notre couple afin de le préserver, de lui trouver une place plus alléchante, plus enviable. 

 

Je me suis entichée de Julien. Une passion est née. J’ai quitté Dylane du jour au lendemain. Il n’a pas compris. Dès lors, il s’est réveillé, s’est aperçu avec effroi de la cassure. Il ne m’en a pas voulu. Il a tenté de comprendre. Je lui ai expliqué. Il disait m’aimer plus que tout. Ces mots, je ne les attendais plus. Ils ne m’ont pas touchée. C’était trop tard. Je ne l’aimais plus, je savais de quoi il était capable, de rien, en fait. Je suis encore étonnée de la froideur avec laquelle je lui ai répondu. Je l’ai laissé tomber. 

 

Ma relation à Julien a duré trois mois. Trois mois pendant lesquels nous nous sommes accrochés. La jalousie, la possessivité ont été plus fortes que nous. Il ne supportait pas que je continue à parler avec Dylane, il a exigé que je coupe les ponts. Impossible de tirer un trait sur ces quatre ans de ma vie amoureuse. C’était comme nier que j’avais aimé Dylane, que j’avais cru en lui. J’ai fini par quitter Julien aussi. Entre tranquillité mêlée de stabilité et d’ennui et passion remplie de hauts et de bas, j’ai choisi de m’assumer en tant que femme, prête à en découdre avec la solitude, avec moi-même. Un temps pour savoir qui je suis vraiment avec les possibilités infinies qui s’offrent à moi sans avoir forcément besoin d’un homme pour les exaucer. 

 

Rupture familiale

Rupture familiale

Je m’appelle Dolorès, et j’ai trente-six ans. Je suis confrontée à nouveau à ma mère. Cette fois, elle engage de grands moyens pour me nuire, pour me toucher et me détruire. Elle fait appel à l’article 317-4 du Code civil qui dit que « l’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants ». Je lui ai pourtant proposé de rencontrer mon fils dans un endroit neutre une fois par mois durant une à deux heures. Elle a refusé. Elle le veut chez elle un à deux week-ends par mois. 

Nous ne nous entendons pas depuis des années. Je l’ai toujours vue préférer ma sœur à moi. Je l’ai même trouvée maltraitante envers moi. Elle me rabaissait constamment, me violentant physiquement. Alors qu’elle travaille auprès de personnes âgées, je ne comprends pas qu’elle ait pu se conduire de la sorte avec moi. Ai-je été si désirée que cela ? J’ai consulté, j’ai parlé de tous mes malheurs avec ma mère. Il m’a été conseillé de rétablir le dialogue en lui écrivant une lettre. Elle a tout nié, nié toutes mes souffrances psychologiques et mes douleurs physiques à son contact. Elle m’a ri au nez. Je n’ai eu qu’une unique direction à prendre. Celle de faire ma vie avec mon conjoint, celle de construire ma propre famille et d’éviter de reproduire ses atrocités. J’ai bien évidemment coupé les ponts. Ce qui ne lui a fait ni chaud ni froid. Elle n’a pris aucunes nouvelles. Dès lors qu’elle a appris mon accouchement par le voisinage, elle a téléphoné. Je n’ai pas pu refuser cet élan. C’était la première fois qu’elle venait vers moi de façon positive. J’ai perçu rapidement que c’était son petit-fils qui l’avait attirée vers moi. Elle continuait à se désintéresser de moi, de mes sentiments, de mes émotions infiniment présentes et négatives vis-à-vis d’elle. 

Mon conjoint a été ravi. C’est tellement plus engageant et plus beau une famille unie ! Une famille sans tentative de compréhension et de réconciliation ne peut être unie. Je le pensais si profondément que les heurts sont revenus de plus belle. Il a suffi d’un désaccord similaire à ceux rencontrés avant la naissance de Roméo. Elle a réveillé de vieilles querelles. Elle est restée sur ses positions. Je n’ai pu résister à l’envie de m’éloigner, de fuir cette relation toxique. Roméo a trois ans et il s’est entiché de sa grand-mère : « mamie par-ci, mamie par-là ». Elle lui offre tout ce qu’elle m’a refusé, elle se comporte avec lui comme avec le fils qu’elle n’a jamais eu. Je la déteste de ne pas se montrer aussi enthousiaste avec moi. Elle continue malgré tout à utiliser les mêmes saloperies de mots provoquant des maux indélébiles. J’ai beaucoup réfléchi avant de prendre la décision de la sortir de mon périmètre de fréquentation. Mon conjoint a essayé de recoller les morceaux. Ma mère a fini par ne s’adresser qu’à lui, par nous insulter à chaque appel téléphonique, nous menaçant de porter l’affaire en justice. Elle a beaucoup d’argent, elle a les moyens de ce qu’elle dit et en même temps, je n’osais imaginer qu’elle puisse acter cette menace. 

Le jour où j’ai reçu une lettre de son avocat pour une demande de droit de visite auprès de Roméo, je me suis écroulée de peur et de colère. Je me suis promis de lui résister coûte que coûte, de ne plus céder à ses desiderata, elle avait dépassé les bornes de mon amour pour elle, de la patience infinie d’une fille en recherche de reconnaissance face à une mère ingrate. Deux ans que la procédure dure. Mon corps s’est brisé comme mon cœur. Cassée en deux, mon dos a encaissé tous les coups de l’attente, des attaques, des remontrances. Je maudis cet article qui devrait jouer de jurisprudence. Il ne fait que réitérer des monstruosités vécues dans mon enfance, il me pulvérise, et démolit ma relation à mon conjoint et mon fils. Comment envisager une reconstruction personnelle quand la justice s’en mêle ? 

Et vous, où en êtes-vous avec vos parents ? 

 

Camille revient !

Camille revient !

Je m’appelle Livia, et j’ai quarante-cinq ans. Je suis l’héroïne du premier livre d’Andy Marks-Amstrong. Camille m’obsède encore et toujours. Il nous est arrivé de nous rencontrer afin de mettre au clair nos positions réciproques. Nous pensions l’un à l’autre jamais de la même manière, parce que Camille était toujours affairé à penser et démêler ses souffrances conjugales. Il a oublié notre toute première rencontre. Moi, c’est resté encré comme un tatouage trop profond dans mes neurones, dans mon inconscient. 

Cette nuit et la nuit dernière, j’ai rêvé à nouveau de lui comme d’un gâchis, comme d’une impossibilité qui n’avait été due qu’à moi. Je le regrette, je le vois s’exhiber sur les réseaux sociaux avec sa fille, sa belle-fille et cette femme qui est censée être son ex-concubine. Je sais et je sens qu’il l’aime, qu’il n’a pas voulu ou pu sortir de son emprise. Tout ce que je sais, au fond, c’est qu’il n’a jamais été avec moi comme je l’aurais souhaité et désiré. Amant aimant, amour toujours, à jamais partagé et exclusif ! Je l’aurais espéré que pour moi, qu’à moi pour la vie, pour le temps de cette vie si platonique. Il s’est défendu d’aspirer à un enfant sans moi : « Je voulais absolument un enfant, tu n’y es pour rien, tu n’as rien à te reprocher, c’est moi ! » Il prend toute la responsabilité d’une relation avortée, d’une rencontre échouée dans tous les sens du terme. Échouée dans les méandres de l’existence, échouée dans les absences de réussite où seules l’excellence et la normalité des situations sont acceptables. 

Je me surprends à lui rendre visite dans mes rêves, dans lesquels il reste aussi distant et si absent, floutant mon existence. Dans ces rêves, je suis perdue, je me retrouve indécise, à douter, à chercher mes priorités, d’un avion que je pourrais rater, d’un bagage oublié, d’une matérialité si désabusée, si peu importante et trop palpable. L’avion, le bagage sont des réalités contrôlables, Camille entre dans une abstraction irréelle incontrôlable en vrai. Je préfère le toucher de mes sens internes plutôt que de le sentir tout près, trop près avec cette peur d’être brisée. Parce qu’il m’aurait brisé le cœur à coup sûr ! Il l’a fait à distance sans s’en rendre compte ! Moi et mes machinations, mes réflexions qui se nouent et se dénouent pour donner un peu de respiration. Il les ignore, il n’en a pas la moindre idée. Il est préoccupé par sa vie quotidienne, il est ailleurs, il ne peut pas m’aider, il ne le veut pas. Il n’est là que pour jouir de son présent. Il le sait, il le fait grâce à l’alcool, au cannabis… Lui-même vit dans ses réalités délirantes, plus profondes et indéracinables. Je ne l’envie pas et pourtant, j’ai envie de lui, d’avoir accès à lui, qu’il m’entende, qu’il m’aime, qu’il me comprenne et qu’il adhère à toute cette vibration interne et externe, à cette dynamique mouvante infinie.

Je l’aurais souhaité mon héros, le héros de ma vie amoureuse, prêt à en découdre avec l’éternel recommencement des aléas. Comment résoudre cette facétie émotionnelle qui remue et bouscule dans l’absence du sujet de convoitise ? Je le pleure, je me soumets à lui et ce qui change aujourd’hui, c’est que je ne le lui signale plus. Je le laisse en paix, je me sens plus grande et plus mature pour gérer cette infinie frustration de la non-réciprocité amoureuse. Je sais qu’il sera en permanence en moi et je l’accepte. Rien pour revenir en arrière et effacer son regard, son sourire, son ventre, ses mains, son souffle, sa peau contre la mienne. Et en cela, je reste la plus heureuse des femmes de conserver cette faculté mnésique intacte !

Et vous, qu’est-ce qui vous rappelle à l’autre précieux et absent à la fois ?

 

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