« Comprendre le passé pour construire l’avenir au présent. »
ANDRIANA Joéline, citations.
Faut-il être prêt à recevoir les informations du passé ou est-il nécessaire d’attendre que nous soyons prêts à recevoir ce qui structure le passé? Et qu’est-ce qui nous permet de savoir que nous sommes prêts? Construire l’avenir au présent ou foncer et voir ce que ça donne: quelle est votre stratégie pour vous sentir en équilibre avec vous-même et les événements? En Islande, à Reykjavik, j’ai approché la maison de Hofdi ou Hofdi House. Dans cet ancien consulat anglais a eu lieu Le sommet de Reykjavik : une rencontre entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev du 11 et 12 octobre 1986. Il permet de poser les bases du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire conclu en 1987, mais échoue à régler totalement la question des menaces nucléaires qui subsistent entre les deux blocs.
« Le sentiment d’impuissance à comprendre m’envahit aujourd’hui
Primordial pour moi de toucher ce morceau du mur qui a séparé des peuples
Dans l’espoir que toutes ces guerres cessent
Primordial de me sentir concernée par ce qui se déroule en ce moment
Pour que la paix prenne toute sa place
Pour que les vieux puissants finissent par se fatiguer Pour que s’arrête l’indéfinissable… »
ANDRIANA Joéline, citations. Depuis le 25e anniversaire de la réunification allemande en 2015, une section du mur de Berlin se trouve à Reykjavik, devant la « Maison Hofdi ». Résidence des hôtes du gouvernement islandais, ce lieu est hautement symbolique. En effet, c’est là que se rencontrèrent le président américain Ronald Reagan et le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev en 1986 à l’occasion du sommet de Reykjavik. Cette rencontre est considérée comme étant l’une des premières étapes marquant la fin de la guerre froide.
Vous connaissez cette série ? Elle est incroyable de drames, d’effroi pour tous les enfants et les adolescents que nous sommes et avons été.
En cela, j’ai préféré en retenir le dernier épisode de la saison 2, dans lequel l’héroïne Bethan (B) dialogue avec sa mère (M), bipolaire, et qui s’est sauvée de l’emprise perverse de son mari.
Pourquoi ai-je gardé en tête ce dialogue ? Parce qu’il m’a touchée tout autant que la performance des deux actrices. Parce qu’il me parle profondément, parce que j’aurais aimé que tous les enfants reçus dans mon cabinet, et tous les enfants du monde entendent ces mots :
Ça va toi ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
Je suis tellement malheureuse.
Ça ne te ressemble pas. Il s’est passé quelque chose ? Il a dû se passer quelque chose.
Je sais pas. Je sais pas ce qui m’arrive. Chaque jour, je me réveille et c’est comme si j’arrivais pas à respirer, comme si j’avais un poids sur ma poitrine. Ça m’écrase. Il faut que j’y aille…
N’y va pas.
J’ai pas le choix. Je suis à la caisse.
Tu sais combien je te voulais ?
(acquiesce)
J’ai fait quatre fausses couches. Et Sophie est mort-née. Je n’y croyais plus. Et je suis retombée enceinte. Je priais tous les jours. J’étais fourrée à l’église. J’ai acheté un chapelet. Je suis même pas catholique. Papa claironnait que c’était un garçon, mais moi, je savais. Je te sentais. Forte. Plus forte que moi, déjà.
(dit non de la tête et la baisse en larmes)
Tu es arrivée pile à terme. J’ai commencé le travail à trois heures du matin et le soleil s’est levé au moment où tu es née. Et c’est exactement ce que j’ai ressenti. Le soleil brillait sur moi pour la première fois de ma vie. Je rêvais d’avoir quelqu’un à aimer.
(pleure de plus belle et ferme les yeux)
Quelqu’un à moi. Et je t’ai eue. Ton père était pas là. Il était bourré et s’était bagarré. C’était tant mieux. Je t’avais pour moi toute seule. Je me souviens, j’ai regardé ton visage… Ton petit visage parfait. Et je t’ai promis de toujours te protéger. De toujours prendre soin de toi. De ne jamais te laisser manquer de rien. J’ai rompu ma promesse.
Non.
Si, Te méprends pas. J’ai essayé, Dieu sait que j’ai essayé. Saleté de bipolarité. Saleté d’hommes.
Je sais que tu m’aimes très fort. Et je sais que tu as fait tout ce que tu as pu. Je t’admire énormément. Je ferais n’importe quoi pour toi.
Je sais ma chérie. Et tu l’as déjà fait. Je n’ai peut-être pas tenu ma promesse. Mais promets-moi une chose. Promets-moi de quitter ce trou à rats.
Jamais je te laisserai.
S’il te plaît. Tu auras ta chambre ici. Tu viendras quand tu voudras. J’irai te voir aussi.
Non.
Et il y a le téléphone.
Non. Je serai pas heureuse sans toi.
Dis pas de conneries. Tu l’es pas, de toute façon. Alors ça changera quoi ? Pour une fois, c’est moi qui vais te dire quoi faire. Je veux que tu partes d’ici. Fais-le pour nous deux.
(va dans ses bras, elles sont assises sur un canapé) Je t’aime.
Je t’aime aussi. Tu es ma petite fille.
Lors de la séparation, la maman dit :
N’oublie pas ta promesse.
(acquièsce)
Profite de la vie…
Oui, au revoir, je t’aime.
A la fin, dans le bus vers Goldsmith à Londres, la fac d’anglais et de création littéraire, sur son journal, Bethan écrit sur le journal offert par sa prof de français, après avoir mis ses écouteurs :
« Je m’appelle Bethan Gwindaf. Ma mère a des problèmes psys. Mon père est violent et alcoolique. J’ai vu des choses que j’aurais pas dû voir. J’ai connu la peur jusqu’au tréfond de moi-même. Et j’ai ressenti la honte, mais aussi un amour incroyable. J’ai été enveloppée et sauvée par la bonté et l’amitié. Par ma mère qui a tout fait pour m’offrir une belle vie. Et aujourd’hui, je me sens fière, tellement fière de moi. »
La dernière image est son visage souriant face caméra.
Une série hommage : « A ma mère Janet Llewellym. Merci pour tout. »
Dans votre peau, avec votre histoire familiale et amicale, êtes-vous en mesure aujourd’hui d’être fier de vous ? Qui remercieriez-vous ?
Mes ouvrages intitulés Organique et La couleur des émotionsrelatent des histoires d’amour sous ses formes, avec cette prise de conscience d’avoir souffert et d’être fier de sortir grandi de toutes les épreuves de la vie.
Charles Aznavour (2024) avec Tahar Rahim, réalisé par Mehdi Idir et Grand corps malade.
Je viens de lire les avis presse et spectateurs, et j’avoue être surprise par les personnes qui sont encore capable de ne mettre qu’une étoile.
Suis-je si bon public que cela ? Probablement. J’ai aimé. C’est tout ce que je peux dire. J’ai adoré même ! J’ai vibré du début à la fin avec Tahar Rahim, prodigieux et respectueux à l’infini de la personne de Charles Aznavour. J’ai même pleuré de le voir si solitaire et si insatisfait, si ambitieux et si malheureux…de ce fils qui se suicide, à ses origines si précieuses…à sa loyauté et sa générosité sans failles.
Une générosité financière et matérielle, une pugnacité sans nom… les réalisateurs m’ont appris à aimer Charles Aznavour en mettant en relief l’être humain, le parolier talentueux qu’il a été.
Ravie de savoir que sa mémoire peut au fond demeurer légendaire.
Ses œuvres m’ont émue, sa façon de gérer ses émotions m’a transportée.
L’amour ouf ! Avec Malik Frikah et Mallory Wanecque, François Civil et Adèle Exarcopoulos (2024).
Ce film m’a rappelée à mes souvenirs d’adolescence, les sensations du premier amour, l’ignorance avec laquelle j’ai dû traverser les tornades de la passion, du non-choix, de l’inconscient… j’ai aimé ces deux adolescents dans leur union et leurs différences. Toute cette violence familiale qui se prolonge dans les relations fraternelles et amicales, et surtout cette alliance avec le diable m’ont bouleversée. Un risque grandiloquent pour celui qui ne vise que les ténèbres de l’argent, au détriment de l’amour et de la paix.
Entre injustice et espoir, ce film renvoie à nos failles les plus profondes. Il m’a permis de me poser à nouveau la question du sens de ma vie, du sens de mes amours, de mes amitiés.
C’est un film dont j’ignorais l’existence. Jusqu’à son passage sur les chaînes françaises. Francis Ford Coppola a fait preuve d’une grande élégance et éloquence en dessinant ce personnage, ce jeune avocat qui gagne le respect en restant dans ses pénates. Toute sa contradiction s’impose dans ce meurtre, que nous spectateurs pourrions penser mérité, sans honte de nous l’avouer. Un homme qui bat sa femme, qui l’emprisonne dans ses sentiments pervers et violents. Matt Damon a su incarner avec correction son personnage de jeune sauveur de la société féminine…Le héros de ses femmes de tout âge et de ces hommes démunis de toutes leurs capacités physiques et morales…
97 c’était il y a déjà 28 ans et cette société américaine avec ses avocats en recherche de plaintes et d’argent a immigré en France. Il ne manque plus que les publicités placardées trois fois pendant la diffusion d’un film de ces nouveaux genres de justiciers. Une société où tout est prétexte à un passage devant le tribunal, où personne ne communique et ne se met d’accord sur une possible solution à l’amiable.
Bien sûr il est des causes essentielles et capitales qu’il est primordial de défendre, des droits qui amènent à exercer des devoirs, de respect et d’intégrité.
Ce titre de film me touche parce qu’il y a encore quelques semaines un ami m’a qualifiée d’idéaliste… J’ai dû lui répondre spontanément que j’étais plutôt utopiste, donc bien plus au-dessus que cette notion d’idéalisme…
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