« De souffrance en souffrance, il arriva peu à peu à cette conviction que la vie était en guerre ; et que dans cette guerre il était le vaincu. Il n’avait pas d’autre arme que sa haine. Il résolut de l’aiguiser au bagne et de l’emporter en s’en allant. »
Cet extrait me fait penser à ce que j’ai pu citer dans l’article 3.5. de la saga sur Les misérables de Victor Hugo.
La souffrance forge la croyance qu’il est nécessaire de se blinder pour ne plus souffrir. Se blinder pour se rappeler que nous avons souffert… cela signifie-t-il que nous souffrons toujours, parce qu’à force de se le rappeler, nous n’en sortons jamais…
Aiguiser la haine… Comprendre que la vie est un combat contre une guerre permanente… ne permet pas de répit… soumet l’homme à l’idée qu’il n’existe aucune issue positive… Une issue positive cachée par l’idée que tout est tracé, dessiné d’avance… que tous les êtres humains sont diaboliques et injustes…
Qui a déjà éprouvé ce sentiment d’effondrement, d’impossibilité de s’accrocher à ses valeurs, à son prochain, au mur du puits sans fond ? Qui a déjà éprouvé le sentiment de n’être rien et de se battre systématiquement contre les autres pour se sentir exister ? Quitte à ne pas s’en prendre à soi-même ? Mais n’est-ce pas s’en prendre à soi-même que de respirer la haine ? Cette haine qui ronge de l’intérieur et qui ne demande rien de mieux que d’être visible… dans le regard, dans les gestes, dans les mots, dans l’isolement…l’enfermement…
Avez-vous déjà résolu d’aiguiser cette arme qu’est la haine pour tenter d’avancer et surtout tenter de se protéger de la haine elle-même ? L’entretenir, l’affûter, en faire un allié prêt à exploser à la moindre incartade, à la moindre provocation d’une autre haine…
Les contraintes et les vicissitudes de la vie, accumulés, multipliés, densifiés dans une courte période risquent bien de mettre à mal notre amour pour soi, et pour les autres… Encore faut-il avoir déjà vécu cet amour pour soi et pour les autres, encore faut-il savoir que ces amours existent et qu’il est possible de les ressentir, mieux encore les exercer… de temps en temps, le plus souvent, dès que l’occasion se présente… sans paraître soit utopiste soit idéaliste… Et puis c’est pas si mal d’être idéaliste au fond…
« Détruire les abus, cela ne suffit pas ; il faut modifier les mœurs. »
Que peut bien m’inspirer cette phrase ? Elle est si bien venue que le terrain que nous occupons actuellement. Qui parle d’abus ? Dans quel domaine pouvons-nous observer de l’abus ? Abus des hommes, des femmes, des enfants, abus de l’argent, de l’alcool, des drogues, de la malbouffe, abus de biens sociaux, abus d’influence, abus de pouvoir… Toutes les formes d’abus sont la bienvenue dans cette expression.
Détruire ne semble pas une solution, éradiquer encore moins, parce que nous risquons d’en créer certainement de pires… ou d’instaurer un robot qui pourrait contrer cette destruction… Ce qui est le cas… Dès que nous tentons de détruire un abus, un autre abus encore plus puissant survient…
Modifier les mœurs… vaste projet, sacré objectif… Qui peut prétendre changer des traditions ancestrales, qui peut penser déloger les plus fervents conservatistes de leurs croyances et de leurs rites ? Qui peut bien pouvoir dénouer cette psychologisation séculaire ?
Dans les misérables, Victor Hugo s’est amusé à améliorer la perception de Jean Valjean sur son monde, il s’est risqué à faire penser et à montrer qu’un voleur peut devenir un homme de bien, par modélisation, par imitation… Pourquoi pas ? C’est bien de cette manière que toute éducation ou instruction peut procéder auprès des enfants et des adolescents pour trouver à faire le bien… Qui a déjà entendu : « Tu dois être un exemple… pour tes enfants, pour ton petit frère, ta petite sœur… » ?
Et si ça marchait ? Si les personnes qui gouvernent ce monde se montraient en exemple aux yeux des jeunes et des moins jeunes pour manifester une possibilité d’ouvrir une vie plus sereine et plus harmonieuse ? Vous pensez que ça marcherait ? Et si on essayait ?
Pas facile hein ? Nous ne sommes que des êtres humains capables du meilleur et du pire… Et si on démolissait le pire pour le bien et non le mieux qui est, paraît-il, l’ennemi du bien ?
Les mœurs, les habitudes psychiques ont la dent dure… Encore faut-il prendre conscience des effets néfastes de la reproduction mentale et attitudinale d’un fonctionnement de défense, ou d’un mécanisme d’attaque en toute circonstance… C’est abusé…
Parce qu’il n’est pas systématiquement besoin de sortir l’artillerie lourde psychologique telle que la fuite, l’effondrement ou le face-à-face, souvent l’ignorance ou l’indifférence produit un effet plus prodigieux. Ignorer pour avancer, pour évincer, pour dévier, pour garder à l’esprit que modérer ses impulsions peut être « la » solution.
Trouver à changer la perception de sa condition, se renforcer mentalement, se sentir plus solide afin d’entrer en cohésion avec cette meilleure version de soi… C’est pas une blague… Et si modifier les mœurs passait par changer ce qui nous constitue, en stoppant cette rage et en acceptant son passé pour s’y appuyer ? Bonne idée !
« Quant à Louis XVI, j’ai dit non. Je ne me crois pas le droit de tuer un homme ; mais je me sens le devoir d’exterminer le mal. J’ai voté la fin du tyran. C’est-à-dire la fin de la prostitution pour la femme, la fin de l’esclavage pour l’homme, la fin de la nuit pour l’enfant. En votant la république, j’ai voté cela. J’ai voté la fraternité, la concorde, l’aurore ! J’ai aidé à la chute des préjugés et de erreurs. Les écroulements des erreurs et des préjugés font lumière. Nous avons fait tomber le vieux monde, nous autres, et le vieux monde, vase des misères, en se renversant sur le genre humain, est devenu une urne de joie. »
Le devoir d’exterminer le mal signifie qu’il existe deux mondes bien distincts : le monde du bien et le monde du mal. A bien y réfléchir, si on demandait à toutes les personnes, se sentant concernées par la construction d’un avenir heureux, elles choisiraient de se mobiliser pour augurer le monde du bien.
Mais le bien, qu’est-ce au fond ? Qu’une opposition au mal ? Ou le fait de quelques héros du monde moderne ? Faire le bien en mettant fin à la tyrannie n’irait-il pas provoquer le début d’une autre ? Cette obligation au bonheur ? Étonnée je suis d’entendre des personnes revendiquer leur choix au malheur et non plus ce qu’elles peuvent appeler l’injonction au bonheur.
Parce que la vie est courte, n’est-elle pas censée être belle et facile à vivre, clamant tout ce qui peut annihiler la prostitution, l’esclavage ? La domination d’un être humain sur un autre, prônant ainsi son droit le plus strict à l’égalité, à la fraternité, à la liberté, du moins en France ?
Parce que je suis une femme, n’est-ce pas mon devoir de proclamer le féminisme ? Souvent, durant mon existence, dès que j’ai défendu ou émis une phrase prêtant allégeance à l’égalité pour toutes et tous, certains hommes ont rétorqué ma condition, ou mon orientation féministe, pour que je me taise. Il paraît qu’il y a d’autres combats à mener… Si moi, femme noire, docteur en psychologie, je ne suis pas féministe, qui le serait ? Quand je perçois que le droit des femmes est en déclin, et risque de s’effondrer sans préavis dans le plus grand pays « démocratique » au monde, comment dois-je me comporter ?
Bien sûr, je ne parle pas des droits des enfants, qui jour après jour trouvent ses limites dans la manière dont nous, les adultes, nous nous comportons à leur égard. « Aider à la chute des préjugés et des erreurs », tous ceci est tâche ardue… « Les écroulements des erreurs et des préjugés font lumière », il semble que ce ne soit pas vrai pour tout le monde… De quels préjugés parle-t-on ? De quelles erreurs sommes-nous conscients ?
Si la joie est le but de cette démarche de remise au point, alors la question qui se pose est de savoir ce qui nous met en joie…
Pour ma part, c’est les rires complices, les fêtes dansantes, les malins plaisirs gastronomiques, les virées à l’océan, la douceur du temps, les autres sympathisants au plaisir de se réunir en paix, et l’envie d’en découdre avec ce qui fait mal, ce qui blesse, ce qui traumatise l’homme au point de le tuer…
Je suis fin prête pour renverser ce « vase de misère », et à le retourner pour le remplir de toutes les émotions et tous les sentiments positifs que j’ai pu connaître… prête à les revivre, à reproduire ou à créer tous les actes qui réclameraient ces conséquences harmonieuses et plaisantes…
Et vous ?
Mes deux ouvrages intitulés Organique et La couleur des émotions peuvent ouvrir certaines réflexions dans ce sens.
Victor Hugo décrit le Thénardier de cette manière :
« Le Thénardier était un homme petit, maigre, blême, anguleux, osseux, chétif, qui avait l’air malade et qui se portait à merveille, sa fourberie commençait là. Il souriait habituellement par précaution, et « tait poli à peu près avec tout le monde, même avec le mendiant auquel il refusait un liard. Il avait le regard fouine et la mine d’un homme de lettres. Sa coquetterie consistait à boire avec les rouliers. Personne n’avait jamais pu le griser. Il fumait dans une grosse pipe. Il portait une blouse et sous sa blouse un vieil habit noir. Il avait des prétentions à la littérature et au matérialisme. Il affirmait avoir un « système ». Du reste fort escroc. Un filousophe. Cette nuance existe. Il contait avec quelque luxe qu’à Waterloo, étant sergent, il avait, seul contre un escadron de hussards de la Mort, couvert de son corps et sauvé à travers la mitraille « un général dangereusement blessé ». De là, venait pour son mur, sa flamboyante enseigne, et, pour son auberge, dans le pays, le nom de « cabaret du sergent Waterloo ».
Sa prouesse à Waterloo, on la connaît. Comme on le voit, il l’exagérait un peu. »
Pourquoi je parle de ce personnage ? Cette description et l’acteur de la série britano-américaine les misérables, pour laquelle j’ai écrit un article, me fait penser à un personnage réel, que j’ai rencontré dans la vraie vie.
Cet homme se disait attaché de presse puis relation-presse. Je l’ai rencontré à Paris, j’ai dû le rappeler par téléphone parce qu’il avait en plus oublié notre rendez-vous à la gare. Il m’a entendue pleurer au téléphone et prête à engager toutes mes économies pour qu’il promeuve auprès des journalistes mes livres.
Au téléphone, il m’a promis des miracles, des mirages… auxquels j’ai voulu croire… vous me direz tant-pis pour moi… Un peu comme cette femme qui passe sur tous les réseaux et qui s’est ruinée pour un homme qui s’est fait passer pour Brad Pitt et dont on se moque à gorge déployée… Si elle n’avait jamais entendu ou lu des mots d’amour aussi forts dans son sens, moi je perdais à la fois patience et espoir de trouver un professionnel qui accepterait de m’accompagner dans le domaine relation aux journalistes.
Cet homme, je ne donnerai pas son nom et son prénom, ce serait trop facile… Mais avec la description physique qui se rapproche de celle de Victor Hugo et qui est incarnée de façon très précise par l’acteur Adeel Akhtar, complétée par le fait que cet homme claudiquait, et avait un bras plus court que l’autre, un œil plus gros que l’autre, et une tête plus grosse que la moyenne, se plaignant que son ex-femme le traitait de bon à rien auprès de ses trois enfants, il est possible que vous l’ayez vous-même croisé ou rencontré.
Il m’avait été recommandé par un profil linkedin… J’y ai cru… Il m’a volé… tout en me menaçant d’aller en prison si je bloquais les chèques confiés… tout en engageant sa bonne foi en venant en bla-bla car à ma rencontre sur Bordeaux… tout en me demandant de lui donner une partie de l’argent en cash…
Jusqu’à la rédaction du contrat, qu’il a rédigé devant moi, dans un bar, et imprimé dans une agence de location automobile, à la rédaction des chèques et à la transmission de ce cash, il semblait si aimable… Dès qu’il a eu ce qu’il voulait, il ne m’a plus regardée, ni estimée… Il ne s’est pas retourné pour me dire au revoir… Il a même laissé une trace de miasme dégoûtante sur ma joue au moment de nous embrasser pour nous dire au revoir… J’ai voulu croire en la vertu de l’être humain… Je me suis fourvoyée et j’ai perdu non seulement mon temps et mon énergie mais aussi mon argent… Aucunement mon amour-propre… Grâce à lui, je sais maintenant que ça existe…
Il n’a eu aucun scrupule… Oui, des personnes comme lui existent et il s’agit de prendre garde en ses propres peines et en ce genre d’énergumène qui n’allie pas la parole aux actes… Il s’agit de se faire confiance et de ne pas confier ses trésors à n’importe qui… Croire en soi point, et garder patience et espoir !
« Comprendre le passé pour construire l’avenir au présent. »
ANDRIANA Joéline, citations.
Faut-il être prêt à recevoir les informations du passé ou est-il nécessaire d’attendre que nous soyons prêts à recevoir ce qui structure le passé? Et qu’est-ce qui nous permet de savoir que nous sommes prêts? Construire l’avenir au présent ou foncer et voir ce que ça donne: quelle est votre stratégie pour vous sentir en équilibre avec vous-même et les événements? En Islande, à Reykjavik, j’ai approché la maison de Hofdi ou Hofdi House. Dans cet ancien consulat anglais a eu lieu Le sommet de Reykjavik : une rencontre entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev du 11 et 12 octobre 1986. Il permet de poser les bases du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire conclu en 1987, mais échoue à régler totalement la question des menaces nucléaires qui subsistent entre les deux blocs.
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