« Le sentiment d’impuissance à comprendre m’envahit aujourd’hui
Primordial pour moi de toucher ce morceau du mur qui a séparé des peuples
Dans l’espoir que toutes ces guerres cessent
Primordial de me sentir concernée par ce qui se déroule en ce moment
Pour que la paix prenne toute sa place
Pour que les vieux puissants finissent par se fatiguer Pour que s’arrête l’indéfinissable… »
ANDRIANA Joéline, citations. Depuis le 25e anniversaire de la réunification allemande en 2015, une section du mur de Berlin se trouve à Reykjavik, devant la « Maison Hofdi ». Résidence des hôtes du gouvernement islandais, ce lieu est hautement symbolique. En effet, c’est là que se rencontrèrent le président américain Ronald Reagan et le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev en 1986 à l’occasion du sommet de Reykjavik. Cette rencontre est considérée comme étant l’une des premières étapes marquant la fin de la guerre froide.
Vous connaissez cette série ? Elle est incroyable de drames, d’effroi pour tous les enfants et les adolescents que nous sommes et avons été.
En cela, j’ai préféré en retenir le dernier épisode de la saison 2, dans lequel l’héroïne Bethan (B) dialogue avec sa mère (M), bipolaire, et qui s’est sauvée de l’emprise perverse de son mari.
Pourquoi ai-je gardé en tête ce dialogue ? Parce qu’il m’a touchée tout autant que la performance des deux actrices. Parce qu’il me parle profondément, parce que j’aurais aimé que tous les enfants reçus dans mon cabinet, et tous les enfants du monde entendent ces mots :
Ça va toi ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
Je suis tellement malheureuse.
Ça ne te ressemble pas. Il s’est passé quelque chose ? Il a dû se passer quelque chose.
Je sais pas. Je sais pas ce qui m’arrive. Chaque jour, je me réveille et c’est comme si j’arrivais pas à respirer, comme si j’avais un poids sur ma poitrine. Ça m’écrase. Il faut que j’y aille…
N’y va pas.
J’ai pas le choix. Je suis à la caisse.
Tu sais combien je te voulais ?
(acquiesce)
J’ai fait quatre fausses couches. Et Sophie est mort-née. Je n’y croyais plus. Et je suis retombée enceinte. Je priais tous les jours. J’étais fourrée à l’église. J’ai acheté un chapelet. Je suis même pas catholique. Papa claironnait que c’était un garçon, mais moi, je savais. Je te sentais. Forte. Plus forte que moi, déjà.
(dit non de la tête et la baisse en larmes)
Tu es arrivée pile à terme. J’ai commencé le travail à trois heures du matin et le soleil s’est levé au moment où tu es née. Et c’est exactement ce que j’ai ressenti. Le soleil brillait sur moi pour la première fois de ma vie. Je rêvais d’avoir quelqu’un à aimer.
(pleure de plus belle et ferme les yeux)
Quelqu’un à moi. Et je t’ai eue. Ton père était pas là. Il était bourré et s’était bagarré. C’était tant mieux. Je t’avais pour moi toute seule. Je me souviens, j’ai regardé ton visage… Ton petit visage parfait. Et je t’ai promis de toujours te protéger. De toujours prendre soin de toi. De ne jamais te laisser manquer de rien. J’ai rompu ma promesse.
Non.
Si, Te méprends pas. J’ai essayé, Dieu sait que j’ai essayé. Saleté de bipolarité. Saleté d’hommes.
Je sais que tu m’aimes très fort. Et je sais que tu as fait tout ce que tu as pu. Je t’admire énormément. Je ferais n’importe quoi pour toi.
Je sais ma chérie. Et tu l’as déjà fait. Je n’ai peut-être pas tenu ma promesse. Mais promets-moi une chose. Promets-moi de quitter ce trou à rats.
Jamais je te laisserai.
S’il te plaît. Tu auras ta chambre ici. Tu viendras quand tu voudras. J’irai te voir aussi.
Non.
Et il y a le téléphone.
Non. Je serai pas heureuse sans toi.
Dis pas de conneries. Tu l’es pas, de toute façon. Alors ça changera quoi ? Pour une fois, c’est moi qui vais te dire quoi faire. Je veux que tu partes d’ici. Fais-le pour nous deux.
(va dans ses bras, elles sont assises sur un canapé) Je t’aime.
Je t’aime aussi. Tu es ma petite fille.
Lors de la séparation, la maman dit :
N’oublie pas ta promesse.
(acquièsce)
Profite de la vie…
Oui, au revoir, je t’aime.
A la fin, dans le bus vers Goldsmith à Londres, la fac d’anglais et de création littéraire, sur son journal, Bethan écrit sur le journal offert par sa prof de français, après avoir mis ses écouteurs :
« Je m’appelle Bethan Gwindaf. Ma mère a des problèmes psys. Mon père est violent et alcoolique. J’ai vu des choses que j’aurais pas dû voir. J’ai connu la peur jusqu’au tréfond de moi-même. Et j’ai ressenti la honte, mais aussi un amour incroyable. J’ai été enveloppée et sauvée par la bonté et l’amitié. Par ma mère qui a tout fait pour m’offrir une belle vie. Et aujourd’hui, je me sens fière, tellement fière de moi. »
La dernière image est son visage souriant face caméra.
Une série hommage : « A ma mère Janet Llewellym. Merci pour tout. »
Dans votre peau, avec votre histoire familiale et amicale, êtes-vous en mesure aujourd’hui d’être fier de vous ? Qui remercieriez-vous ?
Mes ouvrages intitulés Organique et La couleur des émotionsrelatent des histoires d’amour sous ses formes, avec cette prise de conscience d’avoir souffert et d’être fier de sortir grandi de toutes les épreuves de la vie.
Charles Aznavour (2024) avec Tahar Rahim, réalisé par Mehdi Idir et Grand corps malade.
Je viens de lire les avis presse et spectateurs, et j’avoue être surprise par les personnes qui sont encore capable de ne mettre qu’une étoile.
Suis-je si bon public que cela ? Probablement. J’ai aimé. C’est tout ce que je peux dire. J’ai adoré même ! J’ai vibré du début à la fin avec Tahar Rahim, prodigieux et respectueux à l’infini de la personne de Charles Aznavour. J’ai même pleuré de le voir si solitaire et si insatisfait, si ambitieux et si malheureux…de ce fils qui se suicide, à ses origines si précieuses…à sa loyauté et sa générosité sans failles.
Une générosité financière et matérielle, une pugnacité sans nom… les réalisateurs m’ont appris à aimer Charles Aznavour en mettant en relief l’être humain, le parolier talentueux qu’il a été.
Ravie de savoir que sa mémoire peut au fond demeurer légendaire.
Ses œuvres m’ont émue, sa façon de gérer ses émotions m’a transportée.
Ruben, incarné par Riz Ahmed, dans ce film, a l’espoir de recouvrer l’ouïe et il fait tout ce qu’il est nécessaire pour avoir l’argent et le temps nécessaire à l’opération chirurgicale, qui n’est pas sans danger, et sans risque.
Tenter de retrouver ce qu’il a perdu pour se sentir mieux, ou retrouver l’ouïe, pour continuer sa vie d’avant. Au moment du rendez-vous de mise en action de l’implant, Ruben entend à nouveau, mais différemment… Il doit s’habituer aux bruits de métal qui sous-tendent les voix et les sons environnants… ses yeux larmoyants sont mitigés d’un sentiment de soulagement et de surprise de ne pas entendre comme avant, de façon normale, avec ses deux cicatrices derrière les oreilles, les prises et les fils qui le relient au monde extérieur.
« Ce ne sera plus jamais comme avant ! » Voilà ce que découvre ce film. Ce que tu as perdu, tu l’as vraiment perdu, ce que tu as vécu dans le passé restera dans le passé… quoi que tu fasses, c’est comme ça… lorsque la nostalgie ou la mélancolie l’emportent, il est important de prendre clairement conscience de cet aspect irréversible de la vie.
Et c’est aussi pour ça que j’écris. Vous savez, j’ai quelques signaux physiologiques, tout comme le personnage Ruben. Ils m’alertent aujourd’hui contre toute tentative de destruction ou d’auto-destruction, ou toute tentative d’aller plus vite que la musique, toute tentative de ne pas m’écouter, d’aller à l’encontre de ce que je suis. Ils sont plus forts quand je me bouscule trop, quand je ne me repose pas assez, ils sont apparus pendant cette période d’épuisement psychologique et physique, à tenter de tenir bon une vie trépidante et à courir après des mirages, en m’entourant de gens douteux.
Ce quatrième volet d’article en lien avec ce film Sound of metal, termine de dévoiler une partie de ma vie, la dernière grande épreuve que j’ai dû endurer et surmonter.
Et vous, quand tout change, que faites-vous ? Vous tentez de vivre comme avant ou vous changez pour vous adapter à ce changement ?
Mes ouvrage intitulés Organique et Jouer à ne pas mourir : le burn-out symbolisent une infime partie de ce que j’ai dû endurer, de deuil et de regrets, avec cette volonté de toujours trouver une solution pour me retrouver, pour continuer avec mes fondamentaux, pour continuer une vie pleine de mes valeurs, rejoignant ainsi l’un des moyens par lequel je passe pour mettre en avant mes conférences.
Parce que j’ai vécu trop longtemps en situation d’urgence, aujourd’hui, je me dis que j’ai bien le temps d’atteindre mes objectifs, en étant et en faisant un peu chaque jour ce que je suis et ce que je me sens capable de faire, en apprenant chaque jour.
Les trois articles précédents sont à retrouver via ces liens:
Le sentiment d’abandon, la recherche d’un paradis, ou d’une paix intérieure contrastant avec la course infinie du temps et du monde est l’un des sujets abordés dans le deuxième article consacré à ce chef d’œuvre cinématographique.
Le geste de l’acteur Riz Ahmed pour déterminer cette course folle, les doigts de ses deux mains tournant sur eux-mêmes m’ont profondément touchée. La réponse de Joe sur le fait que Ruben se comporte comme un drogué m’a aussi alertée.
Parce qu’il m’est arrivé de tout perdre pour une chimère de possession encore plus grandiloquente, tout perdre pensant que le temps était contre moi, parce qu’il était temps de s’accomplir d’une manière différente, je comprends de façon aigüe ces notions. Partagée entre l’attitude de Joe et de Ruben, je comprends tout d’un coup que de doser ces deux caractéristiques personnelles est indispensable à ma survie, à la continuité de ma vie, telle que je l’entends et que je la prévois.
Ruben veut absolument recouvrer l’ouïe, il se fait opérer et se fait mettre un implant cochléaire. Il triche, et va à l’encontre des règles de la communauté instaurée par Joe. Il appelle un cabinet de chirurgie grâce à un téléphone qui retranscrit visuellement les mots de l’interlocuteur, il reprend possession de son camping-car et vend son matériel musical et ce même camping-car. Il perd tout ce qui fait son cocon pour espérer avoir ce qu’il avait perdu : l’ouïe.
Mais durant toutes ses démarches, le monde de Lou continue aussi à tourner. Le monde n’est plus comme il a dû le laisser, pendant cette recherche de sérénité et de résilience. Faire avec ce qu’il n’a plus, faire autrement, en apprenant la langue des signes, en entrant en contact et en relation avec les autres, en enseignant ce qu’il sait faire. Apprivoiser les sons autrement, d’une manière à ce que ce ne soit plus un handicap mais une vraie force.
Je rapproche cet épisode avec le mien, ce burnout dont j’ai souffert pour la seconde fois, non plus en me disant qu’il fallait que je continue de la même manière pour sauver mon ego et mon âme, mais en lâchant tout ce qui a fait de moi une zombie et une machine à faire le bien, avec force et tracas.
Oui, parce que j’ai dû me rendre à l’évidence, il fallait que je change d’orientation, que j’abandonne tout ce que j’avais pensé construire, grâce aux crédits bancaires. J’ai dû me libérer de tous ces carcans matérialistes, et revenir à l’essentiel : l’amour de soi, des autres, en dehors du cabinet.
J’ai toujours su qu’écrire était un moyen pour moi de me libérer, de trouver une sérénité certaine, tout en partageant mes émotions et mes sentiments. Et il m’a fallu emprunter le pseudonyme de Andy Marks-Amstrong pour me cacher et scinder les deux univers : le cabinet et la publication. Il m’a fallu des années pour prétendre sortir de cette aliénation que j’étais la seule à former et à garder.
Aujourd’hui, je n’en ai plus besoin parce que ma mission est bien plus grande que moi. Cette mission est de contribuer aux bienfaits de l’humanité, de suggérer qu’il est possible d’accéder à ses infinies possibilités, grâce aux technologies actuelles.
Vous me suivez ? Vous êtes prêt à vous libérer de vos chaines ?
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