par Joéline Andriana | Oct 20, 2021 | Psychologie
En quoi est-ce utile pour toutes et tous même si on n’a pas l’impression d’en avoir besoin ?
Commençons par une définition simple de ce qu’est la consultation psychologique. La psychologie est l’étude scientifique des phénomènes psychiques, c’est-à-dire relevant de l’esprit et de la pensée chez l’être vivant supérieur, humain ou animal, conscient de son existence. Les experts dans ce domaine détiennent la capacité de comprendre les comportements, les sentiments, les réactions d’autrui, et particulièrement les émotions. Vous aurez remarqué que certaines séries proposées actuellement à la télévision comme En Thérapie, adaptation française de la série israélienne BeTipul et de la série américaine In Treatment semblent remettre au goût du jour la nécessité de consulter un psy. Rassurez-vous, la plupart des scènes ne reflètent pas la réalité d’un cabinet en psychologie.
Je suis docteur en psychologie et je pratique dans mon cabinet depuis plus de dix ans. Je reçois des femmes, des hommes, mais surtout des femmes. À croire que faire une thérapie, c’est féminin et bio. Certainement ! Mais les hommes s’activent à se prendre en charge, plutôt que de laisser cette tâche à leur épouse ou à leur mère. Une prise en charge émotionnelle. Oui, Messieurs, parce que les émotions n’appartiennent pas uniquement à la gent féminine. Et la différence réside dans la manière dont chacun souhaite les gérer. Oui, parce que les émotions se gèrent aussi.
Les émotions sont une réaction affective qui se manifeste par divers troubles physiologiques. La psyché et le corps sont donc en lien étroit. Par conséquent, il est primordial de les harmoniser pour rester en bonne santé.
Trois raisons principales pourraient vous amener à consulter au moins une fois un psy, même si vous n’en ressentez pas réellement le besoin :
1. Faire un bilan contextuel ou situationnel ;
2. S’équilibrer ;
3. Se connaître.
1. Consulter un psy pour faire un bilan situationnel ou contextuel.
Et même si vous avez l’impression de ne pas avoir besoin de consulter un psy, il semble important de faire un petit bilan situationnel ou contextuel, pour savoir où vous en êtes dans votre vie, de vos relations amicales, amoureuses, familiales. Votre vie prend-elle le sens que vous vous êtes donné jusque-là ?
Consulter un psy, c’est déjà un signe de bonne santé mentale. C’est un changement considérable dans la vie d’une personne. La personne devient un patient lorsqu’elle se présente à moi. Patient compris comme malade, sujet, client ou cas et également calme, doux, tolérant, persévérant. Malade parce que souffrant, mal en point, fatigué ou incommodé. Soit dit en passant, quel que soit le genre de patient que vous serez, cela ne vous fera que du bien de consulter.
2. Consulter un psy, c’est s’équilibrer.
J’entends encore dire : « Je ne suis pas fou ou folle ! » lorsqu’il est conseillé de passer le pas de la porte d’un psy. Déjà, le penser laisse supposer une confusion de l’esprit qui pousse à consulter. Sachez-le ! C’est juste sain, très sain de penser se livrer, se confier, se regarder en face, se délivrer de certains maux, d’énormément de sentiments négatifs… Joseph Murphy (1898-1981), docteur en philosophie américain, disait : « Souvenez-vous que c’est le monde intérieur (…), vos pensées, vos sentiments, vos images mentales qui créent votre monde extérieur. »
Il arrive aussi que des douleurs corporelles accompagnent ces émotions négatives, ces blocages internes. Le mieux est de suivre les préceptes de Giorgio Nardone (1958-), psychothérapeute italien : « Pour modifier une situation, nous devons l’empêcher de perdurer, car nous n’avons aucun pouvoir sur un processus de construction qui s’est produit dans le passé. » Un psy peut alors vous accompagner tranquillement.
Ce qui bouscule vous plonge dans le doute et vous déséquilibre. Et c’est normal ! Consultez ! Vous irez bien plus vite et de façon plus efficace vers un rééquilibrage plein et entier. C’est Bruno Bettelheim (1903-1990), psychologue américain, qui écrivait : « l’épanouissement dépend d’un équilibre subtil entre les aspirations de l’individu, les exigences légitimes de la société et la nature humaine ».
3. Consulter un psy, c’est se connaître.
Consulter, c’est passer un palier pour celui ou celle qui s’anime dans la recherche du progrès. Ce n’est pas vital, mais c’est alléchant. Le thérapeute est là pour guider, le patient peut être là pour se laisser guider. Si le patient se confronte au thérapeute, il y trouvera sa manière de se positionner face au monde. Un simple mécanisme de défense qui le bloque et l’enracine dans ses schémas passés. Prendre conscience de ce simple mécanisme de défense est déjà une étape importante. Et que fait-on de cette prise de conscience, me direz-vous ? On en fait quelque chose de constructif. On change nos comportements, nos perceptions de ce que nous sommes, nos perceptions de ce passé et ainsi on trouve à progresser. L’évolution semble inhérente à l’être humain, s’il ne se sent pas progresser, il peut mourir.
En conclusion, que vous soyez persuadé ou non qu’il est bon d’aller consulter un psy, après cette brève démonstration, je vous souhaite de vous sentir libre de vous faire du bien.
Vous pouvez me retrouver sur mon site web : joelineandriana-auteur.com, parce que grâce à ces consultations psy, j’ai pu réaliser mon rêve de petite fille : être auteur. J’ai écrit cinq romans, un recueil de nouvelles et un livre de psychologie intitulé Cette nouvelle vie pourrait avoir plus sens. Explorez vos infinies possibilités.
par Joéline Andriana | Mar 16, 2020 | Psychologie, Littérature
Je m’appelle Clarance et j’ai soixante-dix ans. Je pense souvent à l’immortalité, même si quelquefois, je me surprends à compter le temps qu’il me reste à vivre. Malgré le poids des années et les phénomènes de répétitions qui se produisent dans mes relations aux autres, je serais volontaire si on m’annonçait demain qu’un remède était trouvé pour prolonger l’espérance de vie et pourquoi pas l’étendre à l’infini.
Si mes cellules pouvaient se renouveler de façon aussi naturelle et rapide que lorsque j’avais quinze ans, je déploierais toute mon intelligence et mon énergie pour participer à ces tests sur une vie sans fin. Mes enfants et mes petits-enfants me permettent de me régénérer, ils sont une source intarissable de bonheur. Ma femme est toute défraîchie et se laisse littéralement aller. Elle si élégante encore il y a dix ans ! Ses soixante-dix ans lui ont donné une vraie gifle. Elle me l’a dit, elle a pleuré, j’ai dû la consoler pour rien. Elle me plonge dans des émotions difficilement appréhendables. Je l’aime, mais je ne me sens plus assez courageux pour poursuivre cette vie de vieillard avec elle. La télévision prend le dessus, elle ne veut plus sortir, faire des voyages, fréquenter des personnes de notre entourage commun, elle s’isole et pleure souvent. Je lui conseille d’aller voir un professionnel de la santé mentale, mais elle s’obstine à refuser, un peu comme une petite adolescente en régression complète. Elle va mourir, elle le sait, un jour, oui, mais elle ne sait pas quand. Alors pourquoi elle me prend la tête ? Nous ne dormons plus ensemble depuis une quinzaine d’années. Je ronfle et elle ne le supportait plus, je la sollicite et elle ne voulait plus avoir à répondre de mes désirs.
Comment définir notre couple aujourd’hui ? Je ne pense plus l’aimer d’un amour fou, mais les autres nous voient comme un duo parfait, un exemple. Quelle naïveté ! Depuis que nous sommes à la retraite, nous traînons, nous nous disputons à être chaque minute de chaque jour ensemble.
Heureusement, j’ai mes passions : la chasse, les sorties entre copains, la belote, le cinéma, et puis Gilberte, à qui je pense aussi intensément que lors de notre première rencontre, un peu après la naissance de mon premier enfant. Nous nous rencontrons de temps à autre, nous discutons de choses et d’autres et le fait que ma femme ne sache rien de nous deux me rassure. Je me sens libre d’être qui je veux, d’être encore et éternellement en vie. Amoureux fou, je suis amoureux fou de Gilberte. Nous ne sommes jamais passés à l’acte et je suis convaincu que si elle mourait avant moi, je la regretterais jusqu’à la fin de ma vie. Les valeurs morales, le poids de la famille, de la société empiètent sur mes souhaits les plus profonds. Comment en arriver à cet âge et penser que je ne suis pas libre, ressentir que je suis menotté, comme livré à l’enfer ?
Je ressens tellement d’obligations morales que je me suis imaginé fuir, partir loin sans laisser de traces et proposer du même coup à Gilberte de m’accompagner, vivre enfin une vie authentique, sans faux-semblants. Soixante-dix ans, il ne me reste plus qu’une dizaine, voire une vingtaine d’années à vivre en bonne santé, avec encore toutes les possibilités de profiter du présent. Qu’est-ce que j’attends, qu’est-ce qui me prend ? Quelquefois aussi, j’imagine que ma femme meurt avant moi, et ce serait l’occasion parfaite pour sortir de cette hypocrisie. Mais serait-ce si simple ?
Suis-je ignoble ? Suis-je détestable de penser ces choses-là ?
Mes ouvrages intitulés Le jour où j’ai commencé à effacer les ombres et Les filles touchent l’eau et les garçons voient une étoile filante ont inspiré l’écriture de cet article.
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par Joéline Andriana | Mar 9, 2020 | Psychologie
Je suis là, allongée sur mon lit d’hôpital. Tout ce que je sais, c’est que je suis vivante et que je suis dans la capacité de réfléchir, de penser, de formuler des mots et des expressions dans ma tête. Des personnes viennent me rendre visite, mais je ne les connais pas. Elles semblent me connaître par cœur, me révéler mes qualités comme mes défauts avant même de me dire quels sont mon prénom et mon âge. Je suis consciente qu’elles m’agacent profondément, mais impossible de l’exprimer. Elles osent me faire la bise, m’embrasser sur le front et m’interroger comme si on était à la CIA. Je les déteste.
Elles pensent que je suis un gros bébé. Visiblement, aucune expression valable n’apparaît sur mon visage, encore moins dans mes gestes, dans mes postures. Il paraît que je suis vide, vide de sens, de signification des maux éprouvés. Des douleurs s’insinuent dans mon corps, et je ne peux pas les situer. Un corps, je ne suis qu’un corps, un phénomène physique qui a perdu toute possibilité d’interagir avec les autres. Un objet, un truc que l’on trimbale du lit à la salle de bain, et encore, il faudrait que l’aide-soignant soit assez fort pour me transporter. Souvent, on me lave là, à même le lit. Et je me sens mouillée et humide toute la journée. Et quand on n’arrive pas à parler ou à indiquer ces gênes, rien n’est fait pour nous aider. C’est fou, les êtres humains, ils passent d’un malade à un autre avec l’utilisation d’un chronomètre, une heure de sortie, une performance exigée par le directeur de l’hôpital. C’est quoi cette époque, ce monde dans lequel j’ai atterri ? N’aurais-je pas mieux fait d’y rester ? De rester dans quoi, d’ailleurs ? J’entends « accident », « voiture », « camion », « victimes », « cellules de crise », « la pauvre »… et je ne peux participer à tout ce méli-mélo de mots et de termes grossiers à mon égard.
Et puis, une jeune fille apparaît. Elle m’appelle maman. C’est mon prénom ? Non, c’est le rôle qu’elle me donne auprès d’elle. Elle est plutôt jolie, mais si triste que je n’ai qu’une envie, la foutre dehors. Elle pleure, regrette, se plaint, essuie ses larmes, me prend la main, me caresse, me regarde dans les yeux, demande pardon…de je ne sais quoi, de son absence due à son travail, ses enfants, son mari…sa vie, quoi… Elle finit par prendre conscience que je n’ai que faire de ses sentiments débiles, et que tout ce que je souhaite maintenant, c’est mon prénom, mon âge, les raisons de ma présence ici, de mon mutisme, les séquelles, si je vais m’en sortir, si je vais pouvoir reprendre le contrôle de ma vie et échapper à tout ce qui me dérange. L’odorat est devenu mon sens premier. Je détecte l’odeur des visiteurs et je sais si je vais passer ou non un bon moment. Ce qui est curieux, c’est que cet homme qui se dit mon mari, je ne supporte pas son odeur. N’est-il pas en train de me jouer un tour ? Je ne le trouve pas beau, pas avenant, pas vraiment gentil, plutôt grossier… Il m’avoue que nous sommes mariés depuis plus de vingt ans, que nous dormons dans le même lit depuis plus de vingt-cinq ans, que nous avons eu deux enfants, que nous avons voyagé si souvent qu’il ne se rappelle plus les lieux visités.
Le médecin me rend visite, agite son stylo devant mes yeux, prend ma fiche et m’appelle par mon nom de famille. Il dit que tout va bien. Ben non, rien ne va. Il affirme que mon état est stable, mais oui, il est trop stable ! Il faut qu’il m’aide à sortir de cette torpeur, de ce cloisonnement. Il m’affole, j’ai peur de rester dans cet état. Je préfère mourir. Même ça, je ne peux le balancer. Je veux mourir plutôt que d’être aux mains de ces incapables !
Enfin, une orthophoniste est venue, et nous avons toutes les deux trouvé le moyen de communiquer. Avec le clignement de mes yeux, j’ai réussi à lui répondre… Et par ce contact qui a eu du sens pour moi, j’ai réussi à ressentir de l’espoir…
La relation qui prend du sens pour nous nous réveille à nous-même.
Qu’en dites-vous ?
Mes ouvrages intitulés De la folie pure et Organique se rapprochent de cette histoire.
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par Joéline Andriana | Fév 24, 2020 | Psychologie
Un recueil de nouvelles va bientôt sortir, et la mort se révèle être la thématique principale de l’une d’elles. Je ne peux pas écrire sans l’évoquer non seulement parce qu’elle fait partie de l’amour, mais aussi de la vie. Ce recueil est intitulé De la folie pure. J’ai eu plaisir à l’écrire. Je l’ai écrit sans filtre, à la lumière de ce qui me passait par le cœur et par la tête. Mon corps en est encore tout tremblant tellement je sais qu’il peut réveiller des blessures profondes. Au-delà de la relation aux autres, à l’environnement changeant, l’unique pensée d’être en relation avec la mort peut amener à des émotions qui semblent insupportables et insurmontables. Pourtant, tant que l’on est en vie, toutes les émotions peuvent être source de bienfaits, juste parce que nous l’avons décidé.
C’est marrant, parce que plus je l’écris et plus je le pense, et plus je le pense et plus je me le dis, et moins je meurs sous le joug de ces plaies d’absurdité que laissent l’idée de la mort. Mourir du jour au lendemain, mourir d’agonie, mourir de maladie, mourir d’un accident, mourir d’amour, mourir tout court, que choisiriez-vous ? Moi, je choisis de vivre, de continuer à vivre de mes passions, de rencontrer des personnes avec j’ai envie de nouer une relation exclusive et constructive. Il paraît que le non ouvre les portes du oui, de la possibilité de faire autrement, mais surtout mieux.
Là, l’idée de mort n’est plus. Je me suis retrouvée face à une personne qui ne voulait pas entendre qu’il serait judicieux qu’elle puisse se visualiser dans cinq ans. Elle s’obstinait à me dire que ça ne servait à rien puisqu’elle pouvait mourir d’un accident de voiture ou d’une crise cardiaque du jour au lendemain. Pourquoi pas, après tout, si ça peut l’aider à vivre pleinement le présent ? Cependant, cette personne était envahie par la peur, l’angoisse de la mort. C’est vrai, si on pense tous les jours que rien ne sert à rien parce qu’on peut mourir dans la seconde, on ne peut qu’avoir peur de vivre, en fait.
Aucune issue, la seule issue était pour moi de laisser aller ses pensées et ses sentiments. Elle n’était pas à l’écoute d’elle-même, jusqu’à ce qu’elle parle de souhaits, de désirs, d’envie… J’ai souri et j’ai obéi à ses espoirs et ses aspirations. J’en étais ravie, à tel point que je l’ai remerciée de cette possibilité qu’elle s’octroyait de donner du sens à sa vie.
Je suis toujours heureuse de percevoir en l’autre cette lumière qui tout d’un coup s’allume à force de s’entendre parler à haute voix, à force de ne trouver qu’un mur face à une obsession stérile.
Je suis plus que satisfaite d’accompagner ces étincelles de vie.
Quoique mes inspirations soient plus personnelles dans mes livres, chaque individu rencontré au sein de mon cabinet laisse une trace là quelque part dans mes neurones, dans mes cellules. J’ai hâte aujourd’hui de livrer toute cette expérience en conférence où la vie a sa pleine place, où l’amour, la motivation et l’action (AMA) trouvent une issue favorable à la gestion des émotions.
par Joéline Andriana | Fév 17, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Pierre et j’ai vingt-six ans. Je sais de source sûre que celui qui attend en amour est le dominé. Celle qui domine, c’est elle. Ses silences, ses absences, ses réponses tardives font d’elle une personne presque inaccessible. C’est bizarre, cette sensation de vouloir se battre contre les moulins à vent, de désirer à tout prix être avec une personne qui nous échappe. Plus elle résiste et plus j’ai envie de la conquérir. Peu importe les moyens que je déploie. Je serai persévérant sans être harcelant. Les textos sont passés de mode. Je sais que ça peut énerver. Je ne sais pas quelle pourrait être son humeur à la réception de ces mots qui somme toute sont sympathiques. Quelle stratégie activer ? Beaucoup diraient : « Sois toi-même. » J’aimerais bien être moi-même, mais elle ne m’en donne pas forcément l’occasion.
Je sors de chez moi avec la simple pensée de la rencontrer. Elle est coiffeuse, son salon donne sur la rue piétonne. Je sais que je peux l’étonner, la surprendre en lui offrant des fleurs. Elle aime les roses rouges. Elle me l’a dit. Elle aime les petits mots écrits sur une belle carte cartonnée et colorée. Elle ressent les choses à travers les vibrations de son corps. Elle est sportive. Avec ces roses, je lui dédie une carte de couleur rose, parfumée, sur laquelle j’écris de mes mains et de mon stylo noir que je serais ravi de l’inviter à marcher pieds nus sur la plage, à une heure d’ici.
À travers la vitrine de son salon, je vois son sourire à la réception de ces cadeaux pleins de sens non seulement pour moi, mais aussi pour elle. Elle peut être comblée par mes avances authentiques et sincères. Alors, j’attends qu’elle se manifeste parce que je sais qu’elle le fera. Je peux être patient, elle ne peut qu’imaginer de bons moments avec moi, ressentant déjà le sable fin et blanc sous ses pieds, entendant le bruit des vagues de l’océan, humant l’air iodé à mes côtés. Ses blocages d’un amour passé se libéreront et trouveront une issue positive. Mon père a séduit ma mère de cette manière. Au lieu de se décourager et de se renfrogner en nourrissant un manque flagrant de confiance en lui, il s’est ouvert à ses possibilités infinies. Son mariage avec maman est un exemple d’une vie à deux sans obstacle. Il a toujours su que c’était elle, il n’a jamais douté du fait que c’était avec elle qu’il allait partager sa vie. Souvent, je lui demandais comment il avait su que c’était maman. À chaque fois, il me répondait droit dans les yeux : « Je l’ai su. Point. »
Alors pourquoi Élie ? Pourquoi me suis-je senti attiré par elle ? Je ne peux pas l’expliquer, je pense que la juste réponse est celle empruntée à mon père : « C’est elle. Point »
Trêve de questionnement d’un mental qui me détournerait de mes vœux d’amour et de bonheur. Je m’engage auprès d’elle, je passe à l’action pour la découvrir et vivre, juste vivre ce que j’ai à vivre le temps de cette vie si courte, en fin de compte…
Et vous, où en êtes-vous ?
par Joéline Andriana | Fév 10, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Déborah et j’ai trente ans. J’aspire à être heureuse, et je pense que ce bonheur passe par le fait d’avoir un enfant avec l’homme avec qui je partage ma vie. Deux perceptions, nous avons deux perceptions différentes de l’accomplissement personnel. Il a vingt-sept ans et ne voit pas l’urgence de construire une famille. Il aime jouer aux jeux vidéo, il peut rester toute la journée devant ses écrans et ne prendre aucun temps pour le couple, pour moi. Je fais tout pour lui faciliter la vie. Il travaille dur, il semble si fatigué et usé par ce labeur professionnel ! Il est mécanicien automobile. Je vois bien qu’il ne s’intéresse pas à ce que je ressens, à ce que je fais. Les disputes se multiplient. C’est à qui crie le plus fort, et à qui a raison. Je fais des efforts, je pense avoir toujours été présente pour lui.
Je m’accroche à lui comme mon dernier recours à mon épanouissement, comme à une bouée. Je me sens naufragée d’une histoire sans fond. Il ne m’entend pas, il ne m’écoute pas, je me sens impuissante. Je n’ai plus envie de lui, il s’est éloigné. Je suis devenue une femme d’intérieur, je suis sa boniche, il ne prend aucune initiative dans l’appartement. Je coule, je ne respire plus, je souffre d’un manque de considération que je ne pense pas mériter.
La dépendance affective me cloue à ses côtés, comme si je n’avais pas d’autres choix. Je suis liée à lui depuis six ans, et pendant six ans, je me suis consacrée corps et âme à notre relation. J’ai commencé par l’aduler, l’admirer, l’aimer passionnément, j’ai continué à l’aimer tendrement, pour finir par ne plus le reconnaître, par ne plus me reconnaître digne de vivre en couple avec lui. Nous avons laissé passer le temps, nous n’avons pas agi, nous nous sommes laissé aller. J’ai pris sept kilos, et je ne me sens plus désirable. Lui, au contraire, a maigri à force de stress et de tensions accumulés. Il a des douleurs dans le dos, il ne bouge plus. Les seuls moments partagés sont ceux devant la télévision, dans ce canapé qui a fini par prendre la forme de nos corps essoufflés.
Comment sortir de ce marasme ensemble ? Je lui en parle, mais pas de la bonne manière. Je lui fais des reproches à longueur de journée. Je pense que ça ne peut que le faire réagir. Il réagit en effet et de la même manière, des reproches s’accumulent et rien ne se résout. Nous en arrivons à nous détester, presque à en venir aux mains. Il me bouscule, je le mets à la porte. Ces accès de violence nous dépassent.
Mon père ne dit rien, ma mère me demande pourquoi je m’obsède à tenter de sauver cette relation où le manque de respect s’est installé et continue de compliquer la communication. Ils sont séparés, eux. En quoi seraient-ils de bon conseil ? Mes amies me dévoilent qu’elles s’inquiètent pour moi, que je devrais demander une aide extérieure. Ça vaut peut-être le coup… six ans d’une vie, de ma vie valent la peine que je me démène pour trouver des solutions à notre possible réconciliation. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ?
Mon collègue me drague, il serait sûrement plus facile de quitter Kévin…
Qu’en dites-vous ?