par Joéline Andriana | Déc 28, 2024 | Psychologie
Pour compléter le premier article intitulé La persuasion, voici le deuxième modèle appelé modèle heuristique-systématique (HSM).
« Selon Chaiken et ses collègues (Chaiken, 1980 ; Chaiken et al., 1989 ; Chaiken & Stangor, 1987 ; Eagly & Chaiken, 1984), les sujets peuvent chercher à obtenir une attitude valide en traitant l’information persuasive de manière « systématique » ou de manière « heuristique ».
Le « traitement systématique » est conçu comme le traitement par « voie centrale » défini par Petty et al. (1986).
Le « traitement heuristique » de l’information est défini comme « un mode de traitement plus limité qui nécessite moins d’efforts et de capacités que le traitement systématique. Lorsqu’ils traitent l’information de manière heuristique, les gens centrent leur attention sur une partie de l’information disponible qui lui permet d’utiliser des règles inférentielles simples, des schémas, ou des heuristiques cognitives pour formuler leurs jugements » (Chaiken et al., 1989).
Ce type de traitement renvoie donc à une variété beaucoup moins importante de processus que la « voie périphérique » du ELM. Dans ce cadre, les « heuristiques » sont définies comme des règles d’inférence stockées en mémoire comme les autres structures de connaissance et apprises au cours de l’existence. Des existences de telles règles sont « il faut faire confiance aux experts » ou « la longueur d’une argumentation implique sa force », et les indices heuristiques permettant l’utilisation de ces règles : respectivement, le degré d’expertise perçu de la source et la taille du message.
Selon le HSM, les sujets privilégient généralement le traitement heuristique pour atteindre une attitude valide avec un moindre coût cognitif. Toutefois, si les sujets ne sont pas suffisamment sûrs de leurs jugements, ils peuvent s’engager dans un traitement plus systémique jusqu’à ce que le niveau de confiance soit jugé acceptable. Ce processus est appelé « principe de suffisance » dans le HSM. Réciproquement, des sujets engagés dans un traitement systémique peuvent utiliser des indices heuristiques lorsque ce traitement ne leur apporte pas un degré suffisant de confiance en leurs jugements. »
Alors, faites-vous confiance en votre jugement ? Et comment faites-vous ?
Cet article est inspiré de mon ouvrage intitulé Cette nouvelle vie pourrait avoir plus de sens. Explorez vos infinies possibilités.
Vous trouverez des articles sur la psychologie sur mon site https://joelineandriana.com.
A bientôt !
Joéline ANDRIANA
Docteur en psychologie, auteur et conférencier (She/her).
par Joéline Andriana | Déc 11, 2024 | Cinéma
Le bleu du caftan est un film réalisé par Myriam Touzani et sorti en 2023. J’y fait référence tout d’abord parce que j’ai été séduite par la manière dont le sujet de l’identité sexuelle est abordée.
Elle traite de l’homosexualité d’un maître ouvrier couturier Hakim, marié à Mina depuis des années. Hakim va au hammam pour assouvir ses besoins sexuels. Son apprenti Youssef tombe amoureux de lui et l’aide au quotidien jusqu’à la mort de sa femme.
Mina a subi une mastectomie du sein gauche due à un cancer.
Hakim coud un caftan bleu pétrole et cousu au fil d’or, destiné à une acheteuse. Il finit par le dédier à sa femme, l’y enveloppant pour ses funérailles.
Bien sûr, je ne peux pas énoncer ce scénario de façon aussi voluptueuse que ce que la réalisatrice offre. Avec beaucoup de beauté et de tendresse, elle trace le portrait de ces trois personnages, avec beaucoup d’âpreté, elle dénoue les principes patriarcaux de la société marocaine sous couvert du secret.
Les silences, les dialogues sont assez subtils et relèvent d’une majestueuse manipulation des émotions et des sentiments, à travers les gestes, les regards, et les non-dits.
Cet article est dédié à la liberté d’être au moins dans son cercle intime.
Mes ouvrages intitulés La couleur des émotions et Le jour où j’ai commencé à effacer les ombres peuvent se rapprocher de cette volonté de pointer des émotions et des sentiments à protéger afin de se sentir exister.
Vous trouverez également de nombreux articles sur mon site web : https://joelineandriana.com.
A bientôt !
Joéline ANDRIANA.
Docteur en Psychologie et auteur.
par Joéline Andriana | Nov 24, 2024 | Psychologie
Dans mon travail et dans ma condition d’être humaine, je suis confrontée à la possibilité soit de persuader une personne de prendre soin d’elle-même et à mes propres certitudes, qui trouvent souvent à être remises en question, m’interrogeant sur les raisons pour lesquelles certaines personnes sont si attirées par le côté « obscur » ou « négatif » de leur personnalité. J’y mets des guillemets parce que ce n’est pas un jugement de valeur, la définition étant une inclination à la destruction, l’auto-sabotage, à la mort…
Alors, en lisant ce passage sur les deux modèles de persuasion, tiré de l’ouvrage coordonné par P. Gosling, (non, ce n’est pas l’acteur américain) intitulé Psychologie sociale, Tome 1. L’individu et le groupe, voilà ce qui en ressort :
Dans le « modèle de la probabilité d’élaboration » (ELM), selon Petty & Cacioppo (1986), une attitude valide peut être atteinte selon deux voies : une voie « centrale » et une voie « périphérique ».
La persuasion par « voie centrale » renvoie à l’adoption d’une attitude qui résulte d’un examen attentif des arguments disponibles en faveur (ou en défaveur) d’une position. Les gens créent de nouveaux arguments et intègrent certains des arguments présentés dans une structure de croyance en rapport avec l’objet d’attitude (ils « élaborent » les messages). Un tel traitement de l’information nécessite que les gens soient fortement motivés et disposent de capacités cognitives suffisantes. Les attitudes formées à partir d’un tel traitement seront stables dans le temps, prédictives du comportement futur des individus.
La persuasion par « voie périphérique » renvoie à l’adoption d’une attitude sans que cela nécessite de la part des individus un traitement approfondi des arguments présentés. Petty et Cacioppo placent sous cette appellation tous les changements d’attitude obtenus sans élaboration du message persuasif, c’est-à-dire aussi bien ceux renvoyant au conditionnement classique ou opérant, que les changements d’attitude basés sur l’identification, ou encore le traitement heuristique tel qu’il est défini par Chaiken et ses collègues.
Ce type de traitement du message persuasif apparaît lorsque les gens ne sont pas suffisamment motivés pour traiter les arguments de manière approfondie, et/ou ne disposent pas des ressources cognitives nécessaires à un tel traitement.
Un autre facteur important du changement d’attitude dans le ELM concerne les connaissances intégrées sur l’objet d’attitude. Plus ils disposent de connaissances intégrées sur un objet d’attitude et moins ils seront sensibles à des tentatives de contre-persuasion. »
Saviez-vous que ce modèle existait ? Êtes-vous en mesure de vous situer à travers ces descriptions ?
Rendez-vous dans l’autre article intitulé La persuasion 2, pour découvrir le deuxième modèle dit heuristique-systématique (HSM).
Cet article est inspiré de mon ouvrage : Cette nouvelle vie pourrait avoir plus de sens. Explorez vos infinies possibilités.
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Joéline ANDRIANA
Docteur en psychologie, auteur et conférencier (She/her).
par Joéline Andriana | Nov 12, 2024 | Ma réalité, Psychologie
Stefani Germanotta, alias Lay gaga et la cigarette.
Dans son clip, sur la chanson intitulée Die with a smile, elle fume tout en chantant et en dansant, en jouant au piano, du haut de ses 38 ans… Bruno Mars debout avec sa guitare et son micro, sa moustache dans son costume bleu clair et son chapeau blanc de cow-boy chante et joue de complicité avec elle, du hait de ses 39 ans…
Quel message souhaite-t-elle faire passer avec cette cigarette, même floutée au bout de ses lèvres ? La fumée bien apparente, sort de sa bouche comme un anniversaire à fêter.
Lady gaga joue dans un film musical et thriller intitulé Joker : Folie à deux, réalisé par Todd Philipps. Joaquim Phoenix, acteur immense partage avec elle cette folie de la cigarette… Ils fument et fument…
Pour quelles raisons ?
La cigarette symbolise-t-elle la folie ? Un passe-temps, un ami démoniaque, une fumée passée d’une bouche à l’autre, d’un prisonnier malade, amoureux, à sa douce fanatique, menteuse et influenceuse du mal. Ça me rappelle cette tige de spaghetti, qui trouve à ses deux pôles la gueule d’un chien et de son flirt.
Je me suis posée beaucoup de questions sur la leçon transmise par ce scénario. Sont-ils sponsorisés par l’industrie du tabac ? Ce qui est touchant c’est qu’enfin ce bâton est en lien avec ce qu’il peut y avoir de plus obscur en l’homme et la femme et ne trouve plus trace d’héroïsme…
Une suite, avec l’enfant portée par Lee ? Le mal doit-il toujours trouver un éternel recommencement ?
Les suites données à cette élection américaine vont-elles trouver le même dénouement ?
Et si le bien pouvait trouver cet éternel recommencement ? Par quel symbole pourrions-nous passer ?
Cet article est inspiré de mon ouvrage : La couleur des émotions.
par Joéline Andriana | Nov 12, 2024 | Ma réalité, Psychologie
La tabac, la cigarette me rappelle ma mère.
Toute petite, je l’ai vue fumer cigarette sur cigarette. Les lunettes de soleil sur le nez, elle semblait si classe, aux yeux des autres. Elle ne faisait que simuler, parce que je sais, enfant, au bout de ses mains, ce qu’elle ressentait.
Une rupture amoureuse ? Un conflit amoureux ?
Une souffrance telle, qu’elle en oubliait de me préserver. Sans mot-dire, je savais qu’elle était la plus malheureuse des femmes.
Fumer était-il pour elle une issue ? Aspirer ce produit chimique lui donnait-elle une contenance ? Était-ce une béquille pour tenir debout ? Un signe de sa déchéance pour alerter de ce changement interne ? Savait-elle que c’était mauvais pour la santé ?
En tout cas, elle a cherché à pallier à cette douleur interne…
De ma petite hauteur, je la regardais d’en bas… tentant de discuter avec la vendeuse de journaux du coin… des inconnus… Se livrait-elle ? Non je ne crois pas… Elle parlait certainement de la pluie et du beau temps… Ce que font les gens qui cachent des secrets inavouables ? Ce que font les personnes qui souhaitent se rassurer de leur existence ?
Oui parce qu’aussi intense soit la douleur, l’étape qui s’en suit c’est le sentiment de ne pas exister… Le conflit amoureux ou la rupture amoureuse a le pouvoir de dépeupler le monde… de rendre son existence absurde ou insensée…
N’est-ce pas ?
Je sais qu’elle a vite arrêté de fumer… Parce qu’il est revenu, son amoureux… Tant bien que mal… Mais il était là, et c’est tout ce qui comptait pour elle…
Rien de plus simple que de renouveler le vœu du bonheur de vivre ensemble pour l’éternité, malgré son épouse à lui, malgré son époux à elle… Les deux amants se sont donnés la liberté de se retrouver…Mais à quel prix ?
Et vous, que faites-vous pour pallier à vos émotions les plus douloureuses ?
Cet article est inspiré de mon ouvrage intitulé : Ekéna, l’enfant de l’amour.