par Joéline Andriana | Nov 12, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Carry et j’ai vingt ans. J’ai beaucoup de mal à cerner les garçons de mon âge. Je suis tombée amoureuse de John. Nous avons eu des relations sexuelles dès notre première rencontre, nous avons ri, nous nous sommes plu. Le lendemain, il m’a dit : « on se verra quand on en aura envie », les yeux baissés en mangeant son petit déjeuner, concocté spécialement pour lui. Je venais de tout lui donner, mon âme, mon histoire, mon cœur, mon corps, mon lit, mon temps, mon énergie, et voilà ce que j’entends de lui : « on se verra quand on en aura envie ». Je n’ai pas compris. Impulsive, je lui ai rétorqué : « Et si j’en ai envie et pas toi ? » Il m’a répondu comme on joue au tennis de table afin de marquer un point par un smash : « le contraire est possible aussi, tu peux ne pas avoir envie de me voir ». Promptement, je lui ai avoué : « Moi, j’ai toujours envie de te voir ! » Il s’est levé et s’est approché de moi, tentant de contenir mes émotions, et toujours avec ses yeux baissés : « Ce ne sera peut-être pas le cas dans un mois. » Je lui ai redit : « Mais aujourd’hui, là, maintenant, j’ai toujours envie de te voir, on n’est pas dans un mois. »
Tellement de lignes blanches entre ces mots, tellement de non-dits et d’émotions provoquées par la peur nous ont séparés ! Je me suis sentie seule dans cette relation. J’ai perçu que ce que je ressentais aussi fortement pour lui n’était pas réciproque. Paniquée, j’étais paniquée. Comment pouvait-il rester aussi tranquille et serein ? Il n’avait donc pas apprécié ces moments d’amour, d’échanges de regards, des sens ? Avais-je dit ou fait quelque chose de mal ? Je m’étais livrée sans calcul, je pensais que lui aussi. Il venait de vivre un drame familial, il a souhaité prendre son temps, et je n’ai pas su l’entendre, le comprendre, trop submergée par ma surprise de l’aimer aussi vite, aussi évidemment.
Pendant l’acte d’amour, je me suis réprimée. Je lui aurais dit « Je t’aime », juste parce que j’étais bien avec lui, parce que nu, j’ai su qu’il me correspondait en tout. J’ai fini par pleurer de désespoir de le sentir si loin de moi. Il a été déstabilisé. Il m’a questionnée : « Qu’y a-t-il ? Tu as peur de souffrir ? » Je lui ai répondu : « Je souffre déjà de ton absence de réciprocité. »
Plusieurs fois, il est revenu vers moi, me disant : « Sois juste. » J’ai dû lui annoncer : « Tout était fluide jusque-là. Nous pouvons ne pas être en phase, mais au début d’une relation, ça me semble problématique. Il vaut qu’on arrête là. » Il a essayé de me prendre dans ses bras. Je lui en voulais déjà de ne pas ressentir les mêmes émotions que moi. Je l’ai repoussé et l’ai mis à la porte de chez moi tellement j’étais bousculée. Tout ce qu’il a trouvé à me dire, c’est : « Tu veux que je jette la poubelle ? »
John est parti, je suis restée en colère, j’ai voulu m’excuser et rester en contact avec lui. Il a refusé d’alimenter mes manquements, mon désespoir, tout particulièrement lorsque je lui ai réclamé sa présence. Aujourd’hui, il ne fait plus partie de ma vie physique, pourtant il est bel et bien présent dans mon cœur et dans ma tête. La frustration mêlée à la culpabilité me rongent. Impossible de le contacter à nouveau, notre histoire s’est réduite à une simple aventure. Difficile et compliqué de passer d’un état de bonheur dans l’union avec l’autre à un état de déception, de colère et puis plus rien. La coupure est brutale. Je me demande s’il pense encore à moi, si j’ai tout de même un peu compté pour lui. J’aimerais tant le revoir !
Qu’en pensez-vous ? Que feriez-vous ?
par Joéline Andriana | Nov 12, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Candice et j’ai quarante ans. Je suis tombée sous le charme d’un homme de trente ans. Ma copine s’est amusée à lui demander son âge, s’il avait une copine, son numéro. Il a répondu à toutes les questions sauf à une : ce que cette chaîne faisait autour de son cou. Esteban est serveur dans un restaurant de Bordeaux, célibataire, il est blond aux yeux bleus et c’est le type d’homme qui me correspond. Il est svelte, un peu marqué par la fatigue de sa profession. Il le dit, il a travaillé six jours d’affilée, midi et soir. Il a hâte de prendre ses deux jours de congé. J’ai l’impression de lui plaire. Je lui demande à mon tour son prénom. Nous nous présentons tous les trois. Avec Nina, nous nous amusons à le provoquer, à lui sourire, je trouve même qu’elle va un peu trop loin.
Je ne suis pas du tout en condition pour rencontrer un homme. Je suis fatiguée moi-même de ces journées de travail harassantes, je ne crois plus du tout en l’amour, au fait de vivre une vie amoureuse à nouveau. Mais Nina insiste. Après avoir pris son numéro de téléphone, sans gêne et à grand bruit, elle me propose de l’appeler. Je lui dis clairement que je ne veux pas entamer une quelconque relation, que je sais comment ça finit et que je ne souhaite absolument pas souffrir. Ce manège amoureux, je le connais pour l’avoir vécu tant de fois. Je dis amoureux parce que je me connais très bien. Je sais que je m’attache très vite, que je peux tomber rapidement amoureuse d’un homme qui me plaît franchement.
Dès que nous sommes rentrées à la maison, Nina a voulu que je copie le numéro de téléphone d’Esteban sur mon smartphone avant d’aller dormir tout en me poussant à communiquer avec lui. Je le prends par dépit. Au lit, je suis curieuse. Sur WhatsApp, je découvre sa photo. Il est encore plus beau que dans mon souvenir. Je ne peux m’empêcher de le contacter malgré l’heure tardive.
Il me répond à la seconde. Nous nous vouvoyons, nous discutons jusqu’à trois heures du matin. Il me plaît de plus en plus. Un rendez-vous physique est pris. Je suis heureuse de l’annoncer à Nina. Les fautes d’orthographe fusent. C’est ce que je redoutais à la base. Ça peut montrer un manque d’instruction et représenter une gêne pour moi qui loue la langue française. Nina m’encourage à poursuivre. Je poursuis.
Le surlendemain, nous nous revoyons. Je me sens comme une petite fille. J’ai perdu l’habitude de séduire, d’entrer dans la danse des amourettes. Deux bises suffisent à nous lier et à nous permettre de nous tutoyer. Il veut manger. Je lui trouve un restaurant sympa. Ça y est, nous sommes face à face à une table assez large. Nous nous regardons attentivement, comme pour rechercher un défaut que nous n’aurions pas perçu la première fois. Je suis rassurée, il est vraiment beau et la manière dont il parle de lui me ravit. Très vite, nous révélons nos désirs pour l’avenir. Il veut des enfants, au moins un. Je me décompose, mon enthousiasme retombe parce que je suis persuadée de ne pas être cette femme avec qui il fera cet enfant. Une vague d’émotion anéantit toutes mes projections avec lui. Ça me remet à ma place.
Et même s’il me dit qu’il n’est pas trop tard pour avoir un enfant, je le refuse en bloc. Il est trop tard pour moi pour l’envisager. Un homme avant lui a choisi une autre femme que moi pour construire sa famille. Je suis à nouveau confrontée à cette situation. Cependant, je ne veux pas arrêter de le connaître. Peut-être fut-ce mon erreur, peut-être n’aurais-je jamais dû le contacter. C’était trop beau pour être vrai.
Dès cette première rencontre, nous savons tous les deux que nous n’avons pas les mêmes attentes.
Vous auriez continué, vous ?
par Joéline Andriana | Sep 28, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Céleste, et j’ai vingt ans. Je suis tombée amoureuse d’un garçon. Son prénom est Sasha, il a vingt-six ans. Il fait des études de médecine, il est sportif, blond, aux yeux bleus. Lorsque je l’ai connu, il était avec une fille de son âge, pas aussi sportive que lui, pas aussi affûtée que moi. Elle le conduisait aux entraînements de volley-ball. Il n’est pas autonome, pas encore le permis à son âge ! Je n’ai pas trouvé ça gênant, sur le moment : vous allez me demander ce qui ne me gênait pas ; qu’il ait une copine ou qu’il n’ait pas son permis. Un peu des deux, puisque moi-même, j’étais avec un Yaël.
Nous étions à la fin de notre relation, il ne me faisait plus vibrer depuis un bon moment. Son romantisme s’était tu au fur et à mesure du temps. Je m’interrogeais même sur ses sentiments pour moi. Le voir traîner en pyjama, pas lavé, le dimanche me désespérait. Il n’avait que vingt-cinq ans, et déjà, il montrait ses inclinations casanières. Qu’est-ce que c’était moche et qu’est-ce que je n’aimais pas son odeur ! J’ai eu beau lui dire que je n’arrivais plus à le désirer dans ces conditions, il n’en tenait pas compte. Il s’en fichait. D’un revers de la main accompagné d’un air de dédain et d’indifférence, il repoussait ma remarque. Pas envie de ressembler à mes parents, patachons, ternes et fades, plus rien à partager, que les charges et les inconvénients de la vie quotidienne. Pas envie d’être triste, pas envie de me laisser aller ! On dit que le dialogue est important, même primordial, mais lorsque l’autre n’y trouve pas de bénéfice, c’est peine perdue !
Mon sentiment d’impuissance vis-à-vis de mon jeune couple m’a posé problème. Je devais trouver une solution rapidement. Malgré mon fort attachement pour Yaël, j’ai décidé de le quitter. Plus de flamme, plus de points communs, de sorties, de discussions, plus d’attirance… Je n’avais que le choix de me respecter. Je lui ai dit que c’était fini entre nous. Évidemment, il a commencé à pleurer, à dire qu’il m’aimait, qu’il n’avait jamais aimé une personne aussi intensément que moi. Un an et demi ensemble, et je n’avais jamais vraiment eu de perspective d’avenir avec Yaël ! Je ne me posais pas de questions au début de notre relation. Il m’avait draguée, il démontrait une réelle ferveur pour moi, c’est ce qui m’a décidée logiquement à me mettre avec lui. Il a suffi qu’il se détourne de moi, pour que je voie ses défauts, que je m’interroge sur les raisons de ma présence auprès de lui.
Ça vous est déjà arrivé d’être en couple et de ne voir que les défauts de votre partenaire, pensant de façon obsessionnelle à un autre ? J’admirais Sasha, je n’avais pas forcément envisagé de sortir avec lui, je souhaitais le voir le plus souvent possible. Pas forcément l’embrasser sur les joues, parce qu’il était froid. Je n’ai jamais senti ses lèvres sur mes joues, il ne faisait que tendre ses joues, au moment de dire bonjour. Pas super comme approche ! J’adorais son charisme, son sourire, son aisance, ses ambitions de carrière, l’aura incarnée par ses mots, le son de sa voix, sa posture, ses gestes, son regard sur les autres, les choses, les situations. Je pense que je n’ai jamais fantasmé une nuit d’amour avec lui. Je n’osais même pas, en fait je n’y comptais pas. Bizarre, non ?! Je parlais souvent de lui, mais je parlais très rarement avec lui. Je sentais une connivence, je ressentais ses yeux sur moi, son affection pour moi. Ça ne passait que par une onde de satisfaction et de contentement intense d’être réunis.
Vous est-il arrivé d’être juste bien avec une personne au point de tout mettre en œuvre pour la rencontrer le plus souvent possible ?
par Joéline Andriana | Sep 28, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Maël et j’ai vingt ans. Je suis attiré par les belles filles, grandes, fines, blondes, aux cheveux longs et aux yeux bleus. Impossible de m’imaginer avec une fille qui ne me plaise pas physiquement. Ça compte infiniment. Entre ma meilleure amie, Eugénie, brune, petite aux yeux marron et ce genre de fille, je ne réfléchis pas. C’est d’une évidence incontestable. Je vois, je lis, et j’entends les plus de trente ans se prendre la tête sur cette idée de discrimination. Je sais que certains garçons aiment les filles en surpoids, avec des seins énormes, des fesses bombées, des cheveux courts, roux, aux yeux verts. Chacun ses goûts. Je le précise, pas pour me défendre, juste pour souligner que je n’y peux rien. C’est inné, j’ai l’impression.
En cela, je me suis disputé avec Eugénie. Elle s’est sentie fortement éprise de ma personnalité, de ma bonne humeur, de mon écoute. Je l’aime bien, mais je ne peux pas me forcer à l’aimer d’amour. Elle n’a pas compris la non-réciprocité. Difficile de discuter avec elle. Elle est touchée dans son ego. Je ne dis pas qu’elle est moche, je n’ai juste pas d’élan vers elle. Je ne vais pas me mettre avec elle parce que ma mère l’apprécie, parce que ma sœur l’adore, que mon père la voit comme la belle-fille idéale. Pourquoi cette pression familiale ? À mon âge, je veux choisir celle avec qui j’ai envie d’être. Je risque de perdre Eugénie, son amitié si essentielle à mon équilibre. Je lui ai raconté tellement de moi, de ce que je suis, de ce que j’aime, de ce que je déteste qu’elle me connaît par cœur. Comment ne pas la blesser, comment lui dire que je ne l’aime que d’amitié ? Suis-je responsable de ce qu’elle ressent ? Suis-je coupable de refuser ses avances ? Elle pleure, elle pense que je l’abandonne, elle s’acharne, elle insiste, elle me harcèle, elle est si mal… Dois-je céder ?
Sur le coup, je n’ai plus personne à qui me confier. Je deviens un paria et un incompris à la fois. Je suis tellement désolé pour Eugénie ! Je pleure moi-même de ne pouvoir la satisfaire. On parle souvent de profiter du moment présent. J’avoue que si je le pouvais, et ça me faciliterait la vie, je serais déjà avec elle aujourd’hui. Je suis accusé d’être immature, je suis prévenu que je le regretterai. Comment peuvent-ils être aussi persuadés de ce qu’ils balancent ? Je ne vais pas du tout dans ce sens. J’ai confiance en moi, et je sais que je ne souhaite pas subir une relation amoureuse. Je suis convaincu de ce que je ressens quitte à rester seul, quitte à être vu comme une personne injuste, sans pitié, sans compassion, sans sentiment aucun. Il est hors de question que je me lie avec une fille qui me convient à peu près. Si papa s’est contenté de maman, et tardivement, en plus, c’est son problème. Si ma sœur se limite à la monotonie de son couple par recherche de sécurité, c’est son truc. Si Eugénie est tombée amoureuse de moi, ce n’est pas mon affaire. Il faut qu’elle se débrouille avec ce sentiment et tout particulièrement avec ma résistance. Je suis dans l’impossibilité de changer d’avis et ce n’est pas par la force, le « tarabustage » de mes propres attentes que ça passera.
Je me sens obligé d’être ferme, d’être froid devant tous. Je devrais peut-être exprimer moi-même mon désarroi afin d’être perçu comme une victime. Une victime, je n’en suis pas une. Je ne veux pas jouer ce rôle, ça ne m’intéresse pas. Je ne me considère pas comme un bourreau non plus. Je ne suis pas responsable de ce qu’Eugénie ressent. Je ne vais pas m’en vouloir d’être excité par ce que j’estime être de belles filles. J’adore m’émouvoir face à elles. J’aime ce qu’elles me procurent, c’est infiniment bon. Je ne vais pas me priver de ça !
Qu’en pensez-vous ?
par Joéline Andriana | Sep 28, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Yaëlle et j’ai trente ans. Je suis célibataire depuis trois ans. Je pense toujours à cette relation qui a duré quatre ans. Je ne peux toujours pas croire que j’ai passé autant de temps avec Dylane. La routine, la routine, la routine, c’est tout ce qui comptait pour lui. Casanier, il passait ses week-ends soit à regarder des films d’une violence folle, soit à dormir. Son travail y était sûrement pour quelque chose, mais je n’ai pas pu supporter. Je l’ai trompé avec un autre homme, plus beau, plus jeune, plus attirant. Musclé, intéressant, intéressé par moi, j’ai craqué. Il a suffi de dix jours sans Dylane et mes habitudes de séductrice ont repris le dessus. Une formation à Paris m’a donné des ailes. J’avais besoin de sortir de ce marasme quotidien, de cette fadeur imposée. J’ai pu ressentir que je plaisais encore, que j’avais encore du désir, que mon corps était affamé de câlins et de tendresse.
Je me suis retrouvée face à Julien, vingt-deux ans, ingénieur en informatique, fun, à la mode, avec une fraîcheur immense dans son sourire. Ses yeux pétillants, sa peau extraordinaire, ses mains magnifiques. J’ai eu l’impression d’être une vraie midinette. Mon âge m’a échappé, mon élégance de femme mûre a laissé place à une jeune fille simple et naïve. Julien n’a pas hésité à y mettre toutes les formes de respect et d’attention. Il avait tout réuni pour que je tombe dans le panneau du moment présent. Profiter de ce qui se présente, et que je ne pense plus à Dylane. Ce dernier semblait si inanimé, si indifférent ! Pourtant, je suis restée dans l’espoir d’un changement, dans l’espoir secret de construire une vie de famille avec lui. Il ne se décidait pas à avoir d’enfant, il s’axait sur le meilleur moyen de récupérer de cette fatigue. Nous avions omis de communiquer. Le temps passait si vite que mon horloge biologique s’affolait. Pressée, empressée de tirer avantage de tous les instants de plaisir afin de me sentir à nouveau exister.
Je pense que je l’ai détesté, je pense que je l’ai haï de m’avoir prise en otage de son rythme de vie. Il a fallu cette extraction de cette bulle de sécurité et de stabilité trop tranquille pour que je m’aperçoive que je m’étais clairement oubliée. J’avais disparu sans faire gaffe. Dylane en était-il complètement et entièrement responsable ? Peut-être en partie, puisqu’il était tout de même chargé de prendre soin de lui, de se pencher de temps à autre sur notre couple afin de le préserver, de lui trouver une place plus alléchante, plus enviable.
Je me suis entichée de Julien. Une passion est née. J’ai quitté Dylane du jour au lendemain. Il n’a pas compris. Dès lors, il s’est réveillé, s’est aperçu avec effroi de la cassure. Il ne m’en a pas voulu. Il a tenté de comprendre. Je lui ai expliqué. Il disait m’aimer plus que tout. Ces mots, je ne les attendais plus. Ils ne m’ont pas touchée. C’était trop tard. Je ne l’aimais plus, je savais de quoi il était capable, de rien, en fait. Je suis encore étonnée de la froideur avec laquelle je lui ai répondu. Je l’ai laissé tomber.
Ma relation à Julien a duré trois mois. Trois mois pendant lesquels nous nous sommes accrochés. La jalousie, la possessivité ont été plus fortes que nous. Il ne supportait pas que je continue à parler avec Dylane, il a exigé que je coupe les ponts. Impossible de tirer un trait sur ces quatre ans de ma vie amoureuse. C’était comme nier que j’avais aimé Dylane, que j’avais cru en lui. J’ai fini par quitter Julien aussi. Entre tranquillité mêlée de stabilité et d’ennui et passion remplie de hauts et de bas, j’ai choisi de m’assumer en tant que femme, prête à en découdre avec la solitude, avec moi-même. Un temps pour savoir qui je suis vraiment avec les possibilités infinies qui s’offrent à moi sans avoir forcément besoin d’un homme pour les exaucer.
par Joéline Andriana | Juil 22, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Dolorès, et j’ai trente-six ans. Je suis confrontée à nouveau à ma mère. Cette fois, elle engage de grands moyens pour me nuire, pour me toucher et me détruire. Elle fait appel à l’article 317-4 du Code civil qui dit que « l’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants ». Je lui ai pourtant proposé de rencontrer mon fils dans un endroit neutre une fois par mois durant une à deux heures. Elle a refusé. Elle le veut chez elle un à deux week-ends par mois.
Nous ne nous entendons pas depuis des années. Je l’ai toujours vue préférer ma sœur à moi. Je l’ai même trouvée maltraitante envers moi. Elle me rabaissait constamment, me violentant physiquement. Alors qu’elle travaille auprès de personnes âgées, je ne comprends pas qu’elle ait pu se conduire de la sorte avec moi. Ai-je été si désirée que cela ? J’ai consulté, j’ai parlé de tous mes malheurs avec ma mère. Il m’a été conseillé de rétablir le dialogue en lui écrivant une lettre. Elle a tout nié, nié toutes mes souffrances psychologiques et mes douleurs physiques à son contact. Elle m’a ri au nez. Je n’ai eu qu’une unique direction à prendre. Celle de faire ma vie avec mon conjoint, celle de construire ma propre famille et d’éviter de reproduire ses atrocités. J’ai bien évidemment coupé les ponts. Ce qui ne lui a fait ni chaud ni froid. Elle n’a pris aucunes nouvelles. Dès lors qu’elle a appris mon accouchement par le voisinage, elle a téléphoné. Je n’ai pas pu refuser cet élan. C’était la première fois qu’elle venait vers moi de façon positive. J’ai perçu rapidement que c’était son petit-fils qui l’avait attirée vers moi. Elle continuait à se désintéresser de moi, de mes sentiments, de mes émotions infiniment présentes et négatives vis-à-vis d’elle.
Mon conjoint a été ravi. C’est tellement plus engageant et plus beau une famille unie ! Une famille sans tentative de compréhension et de réconciliation ne peut être unie. Je le pensais si profondément que les heurts sont revenus de plus belle. Il a suffi d’un désaccord similaire à ceux rencontrés avant la naissance de Roméo. Elle a réveillé de vieilles querelles. Elle est restée sur ses positions. Je n’ai pu résister à l’envie de m’éloigner, de fuir cette relation toxique. Roméo a trois ans et il s’est entiché de sa grand-mère : « mamie par-ci, mamie par-là ». Elle lui offre tout ce qu’elle m’a refusé, elle se comporte avec lui comme avec le fils qu’elle n’a jamais eu. Je la déteste de ne pas se montrer aussi enthousiaste avec moi. Elle continue malgré tout à utiliser les mêmes saloperies de mots provoquant des maux indélébiles. J’ai beaucoup réfléchi avant de prendre la décision de la sortir de mon périmètre de fréquentation. Mon conjoint a essayé de recoller les morceaux. Ma mère a fini par ne s’adresser qu’à lui, par nous insulter à chaque appel téléphonique, nous menaçant de porter l’affaire en justice. Elle a beaucoup d’argent, elle a les moyens de ce qu’elle dit et en même temps, je n’osais imaginer qu’elle puisse acter cette menace.
Le jour où j’ai reçu une lettre de son avocat pour une demande de droit de visite auprès de Roméo, je me suis écroulée de peur et de colère. Je me suis promis de lui résister coûte que coûte, de ne plus céder à ses desiderata, elle avait dépassé les bornes de mon amour pour elle, de la patience infinie d’une fille en recherche de reconnaissance face à une mère ingrate. Deux ans que la procédure dure. Mon corps s’est brisé comme mon cœur. Cassée en deux, mon dos a encaissé tous les coups de l’attente, des attaques, des remontrances. Je maudis cet article qui devrait jouer de jurisprudence. Il ne fait que réitérer des monstruosités vécues dans mon enfance, il me pulvérise, et démolit ma relation à mon conjoint et mon fils. Comment envisager une reconstruction personnelle quand la justice s’en mêle ?
Et vous, où en êtes-vous avec vos parents ?
par Joéline Andriana | Juil 15, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Livia, et j’ai quarante-cinq ans. Je suis l’héroïne du premier livre d’Andy Marks-Amstrong. Camille m’obsède encore et toujours. Il nous est arrivé de nous rencontrer afin de mettre au clair nos positions réciproques. Nous pensions l’un à l’autre jamais de la même manière, parce que Camille était toujours affairé à penser et démêler ses souffrances conjugales. Il a oublié notre toute première rencontre. Moi, c’est resté encré comme un tatouage trop profond dans mes neurones, dans mon inconscient.
Cette nuit et la nuit dernière, j’ai rêvé à nouveau de lui comme d’un gâchis, comme d’une impossibilité qui n’avait été due qu’à moi. Je le regrette, je le vois s’exhiber sur les réseaux sociaux avec sa fille, sa belle-fille et cette femme qui est censée être son ex-concubine. Je sais et je sens qu’il l’aime, qu’il n’a pas voulu ou pu sortir de son emprise. Tout ce que je sais, au fond, c’est qu’il n’a jamais été avec moi comme je l’aurais souhaité et désiré. Amant aimant, amour toujours, à jamais partagé et exclusif ! Je l’aurais espéré que pour moi, qu’à moi pour la vie, pour le temps de cette vie si platonique. Il s’est défendu d’aspirer à un enfant sans moi : « Je voulais absolument un enfant, tu n’y es pour rien, tu n’as rien à te reprocher, c’est moi ! » Il prend toute la responsabilité d’une relation avortée, d’une rencontre échouée dans tous les sens du terme. Échouée dans les méandres de l’existence, échouée dans les absences de réussite où seules l’excellence et la normalité des situations sont acceptables.
Je me surprends à lui rendre visite dans mes rêves, dans lesquels il reste aussi distant et si absent, floutant mon existence. Dans ces rêves, je suis perdue, je me retrouve indécise, à douter, à chercher mes priorités, d’un avion que je pourrais rater, d’un bagage oublié, d’une matérialité si désabusée, si peu importante et trop palpable. L’avion, le bagage sont des réalités contrôlables, Camille entre dans une abstraction irréelle incontrôlable en vrai. Je préfère le toucher de mes sens internes plutôt que de le sentir tout près, trop près avec cette peur d’être brisée. Parce qu’il m’aurait brisé le cœur à coup sûr ! Il l’a fait à distance sans s’en rendre compte ! Moi et mes machinations, mes réflexions qui se nouent et se dénouent pour donner un peu de respiration. Il les ignore, il n’en a pas la moindre idée. Il est préoccupé par sa vie quotidienne, il est ailleurs, il ne peut pas m’aider, il ne le veut pas. Il n’est là que pour jouir de son présent. Il le sait, il le fait grâce à l’alcool, au cannabis… Lui-même vit dans ses réalités délirantes, plus profondes et indéracinables. Je ne l’envie pas et pourtant, j’ai envie de lui, d’avoir accès à lui, qu’il m’entende, qu’il m’aime, qu’il me comprenne et qu’il adhère à toute cette vibration interne et externe, à cette dynamique mouvante infinie.
Je l’aurais souhaité mon héros, le héros de ma vie amoureuse, prêt à en découdre avec l’éternel recommencement des aléas. Comment résoudre cette facétie émotionnelle qui remue et bouscule dans l’absence du sujet de convoitise ? Je le pleure, je me soumets à lui et ce qui change aujourd’hui, c’est que je ne le lui signale plus. Je le laisse en paix, je me sens plus grande et plus mature pour gérer cette infinie frustration de la non-réciprocité amoureuse. Je sais qu’il sera en permanence en moi et je l’accepte. Rien pour revenir en arrière et effacer son regard, son sourire, son ventre, ses mains, son souffle, sa peau contre la mienne. Et en cela, je reste la plus heureuse des femmes de conserver cette faculté mnésique intacte !
Et vous, qu’est-ce qui vous rappelle à l’autre précieux et absent à la fois ?
par Joéline Andriana | Juil 9, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Constance et j’ai quarante-trois ans. Ma mère m’a donné ce prénom en espérant que je sois aussi constante que lui. J’ai bien essayé, mais il est difficile de concevoir que cette qualité ne puisse provenir que de l’attachement que je donnais à l’idée d’amour, et non plus à un homme, l’homme sur qui j’aurais pu m’appuyer pour continuer ma carrière d’écrivaine. J’ai dû écrire une lettre à Erwan afin de clore cette relation et de reprendre mes esprits. Je ne souhaitais plus le voir comme celui qui allait me sauver. Alors, j’ai déversé tout mon désarroi, toute mon aigreur sur ce papier.
« Tout ça, c’est fini malgré tous mes efforts. Tout ça est terminé, parce que je me sens plus légère de cent treize kilos et plus, d’un corps inerte et lourd et pataud contenant un cerveau transparent et du sang froid, absent de chaleur.
Je ne vois plus de fantôme en face de moi, je ne vois que le vide que tu as laissé.
Tu te rends compte, je me suis attachée à ton égoïsme, à ta solitude et ton impuissance, parce que ça me permettait de me battre contre quelque chose : mes vieux démons ont repris le dessus. Je me suis attachée à ton souhait de prendre en main tout ce qui concernait la maison.
Purée, que de bêtises et de conneries !
Je ne me souviens même pas des moments de rire et de complicité qu’on pouvait avoir. On n’arrêtait pas de se contredire, de tenter de dominer l’autre, de le rabaisser ou de l’humilier devant les autres.
Même le sexe me semblait fade avec toi, tu fermais les yeux, là aussi tu étais seul, tu me laissais toute seule. Et tes éjaculations précoces ne laissaient aucune place à mes orgasmes, à mon propre plaisir. Heureusement que j’avais mon sex-toy !
Roh là là ! Et c’est toi qui refuses de revenir vers moi, et c’est moi qui pleure ton absence physique, et c’est toi qui me lourdes froidement alors que les larmes démontrent ma détresse et ma dévastation de ne pouvoir avoir une deuxième chance d’apprendre de nos erreurs !
Cinq ans et plus d’anéantissement émotionnel total, dans ce vieil espoir que tout peut changer si on le souhaite et si on l’imprime vraiment et tout particulièrement si on s’aime vraiment, si on est vraiment amoureux.
Mais je voulais oublier que ce n’était pas le cas pour toi. »
Au moment où je lui écris, je me rends compte à quel point je me suis battue pour rester avec lui, espérant un retour à la hauteur de mes attentes. Et moins j’étais satisfaite, plus je lui demandais ce qu’il était incapable de m’offrir. Pourquoi ai-je fonctionné de cette manière ? Entre ma mère qui me tannait pour que je fasse mon maximum pour maintenir ma vie sociale à flot et mon père qui méprisait Erwan, je me suis retrouvée face à mes propres contradictions. J’étais amoureuse, mais seule dans cet état. Quelle logique m’a poussée à poursuivre une telle relation ? Attachée à l’amour infini éprouvé pour lui, je n’ai pas souhaité voir ce qu’il n’éprouvait pas pour moi, pire, j’ai accepté qu’il ne soit pas amoureux de moi.
Qu’est-ce qui m’a pris ?
par Joéline Andriana | Juin 30, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Irvin et je suis pianiste. J’adore le son de mon piano. Je joue du jazz tout particulièrement. Quand j’ose aborder la fameuse chanson sortie en 1937 : Someday my prince will come, je me dis qu’il y a du génie dans toutes ces notes, cet enfantillage autour de l’amour. Je sens tout mon corps vibrer à l’idée de pouvoir rencontrer l’homme de ma vie, celui qui m’accepterait comme je suis. J’ai vingt-cinq ans et j’aime un homme de quarante ans. Il ne le sait pas. Je suis trop introverti pour l’approcher. Dès qu’il me regarde, je baisse les yeux. Je ne sais plus comment me mettre, comment me comporter. C’est mon professeur de piano. C’est lui qui m’a suggéré cette chanson, ce répertoire m’était véritablement inconnu. Je sais qu’il vit avec un homme de son âge, qu’ils ont adopté deux enfants originaires du Brésil. Un garçon et une fille de sept ans. Je l’envie et je l’aime à la fois. Cela fait quatre ans que ça dure.
Quand je rentre chez lui, je sens un homme raffiné, plein de goût. Ses murs sont ornés de tableaux magnifiques. Je me suis même demandé si c’était lui qui les avait peints. Je ne me suis pas permis de lui poser la question. J’ai juste émis un « wouah » d’admiration, époustouflé par autant de créativité. Avant, j’étais habitué à une professeure âgée, partie à la retraite, peu encline à des mélodies enchanteresses. Elle m’a orienté vers la musique classique. J’ai appris beaucoup avec elle. Mais j’avais la sensation que ce que monsieur Philibert me proposait était si neuf que tout ce que je pensais avoir acquis ne me servait à rien. Il était si enjoué, si plein de passion, d’élan que je ne pouvais aucunement manquer ses concerts. Lorsqu’il se produit sur scène, je suis envieux de son aisance, de son bagou, de son sourire, de ses rires, de ses éclats de voix quand il se met à chanter des mélodies d’amour. Il est encore amoureux, amoureux de qui, de quoi ? Qu’est-ce qui maintient cette énergie aussi hautement intense et infinie en lui ? Comment fait-il ? Comme j’aimerais lui ressembler, comme j’aimerais qu’il m’apprenne à être aussi heureux que lui ! L’unique manière que j’ai trouvée, c’est de l’aimer amoureusement. Je ne pense qu’à lui, qu’à la manière dont il va pouvoir me guider, me toucher les doigts pour m’amener à faire sonner la meilleure note. Son odeur, quand il est si proche de moi me fait frémir. Il ne peut pas ne pas le ressentir. Ce n’est pas possible ! Je n’en parle à personne, je garde en moi toute cette pulsion d’amour pour lui. Difficilement gérable puisqu’il n’est pas toujours accessible. Je ne le sens pas toujours disponible et j’ai souvent l’impression que c’est ma faute, l’impression qu’il ne m’apprécie pas, qu’il n’a pas envie de me voir.
C’est là que tout s’emmêle, que mes émotions sont si injustes avec moi. Des hauts et des bas si extrêmes que je n’arrive plus à imaginer ma vie sans lui. Je n’ai que lui dans ma vie. Nous devenons amis, il m’invite de plus en plus fréquemment chez lui, pour les anniversaires, les fêtes entre amis, je suis missionné pour animer la soirée. Il est capable de me dire qu’il est fier de moi, qu’il croit en moi. Il est le seul qui réussisse à me calmer, à me détendre et à me mettre en colère d’indifférence de sa part à la seconde qui suit. C’est sûrement ça, l’amour ! L’amour infini !
Et vous, avez-vous un amour secret ?
par Joéline Andriana | Juin 24, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Gaspard et j’ai trente-cinq ans. Je vis avec une femme qui ne prend pas soin d’elle physiquement. Je pratique le sport à outrance, courant, faisant du vélo dès que j’ai une minute de libre. Gloria est très belle, elle a des yeux magnifiques, d’un vert à mourir. Je l’ai très vite repérée lors de la fête du village. Elle traînait avec ses copines, et je me suis promis de la séduire. Difficile promesse quand on n’a que dix-huit ans et que la timidité reste un obstacle majeur à la relation aux autres. Mais j’ai réussi, elle est ma conjointe aujourd’hui, nous avons même une petite fille de cinq ans, pénible, mais nous l’avons conçue ensemble. Je sais que j’en demande beaucoup à Gloria. Elle travaille dur comme moi dans la journée, elle revient le soir fatiguée, elle doit s’occuper de Justine, faire à manger, la doucher, la dorloter en l’amenant au lit. Nous sommes habitués à ce fonctionnement. Elle semblait si prête à être maman qu’elle a pris les devants, me poussant en dehors de cette relation exclusive entre elle et ma fille. J’ai laissé faire, elle ne me demandait rien. Très content de poursuivre mes petites habitudes de célibataire, tout en étant conjoint et papa, je n’ai pas voulu déroger à mes mon goût pour la chasse, mes virées sportives avec mes potes. De plus en plus absent, de moins en moins impliqué dans la vie conjugale, familiale, j’ai vu Gloria se rebiffer quand je m’approche d’elle le matin comme le soir pour faire l’amour. Elle n’a donc plus envie de moi ? Pour qui elle se prend ? Elle ne me dit rien, mais j’entends bien qu’elle s’agace de plus en plus, parlant de mes absences comme d’une échappatoire. Elle finit par me reprocher de ne pas l’aider à la maison, auprès de Justine. Je ne comprends pas, c’est pourtant ce qu’elle voulait.
Très mécontent, je la pousse dans ses retranchements en lui hurlant que c’est elle qui a instauré ce mode de fonctionnement, m’interdisant de toucher à la cuisine, à la douche, à l’endormissement de Justine. Je reste sur mes positions, elle reste sur les siennes. Je suis si à l’aise dans mes habitudes qu’elle n’a pas le droit, comme ça, d’exiger de moi des choses qu’elle m’a refusées à une période. Je ne la vois plus comme avant. La femme magnifique et attirante laisse place à une nana qui a pris du poids et qui râle. Je la déteste. Je n’ai qu’une envie : aller voir ailleurs. Elle le ressent sûrement, mais je m’en fiche. Elle n’avait qu’à réfléchir à deux fois avant de me repousser, de m’insulter comme elle l’a fait. Je la traite de grosse vache, et c’est la débandade infinie. Aucun de nous de prend le taureau par les cornes afin d’arrêter l’hémorragie.
Les amis nous font remarquer qu’ils ne nous reconnaissent plus. En effet, au moindre malentendu, nous entrons en conflit afin de tenter de convaincre l’autre de sa bêtise et de la véracité de nos émotions et de nos propos. Nous sommes devenus des inconnus, des intrus. Je ne la désire plus, je la trompe, je le lui dis, elle réagit à peine, seulement pour dire qu’elle savait que ça allait arriver, qu’elle l’avait senti le jour de notre rencontre. C’est à n’y rien comprendre, elle salope même le jour de notre rencontre, juste pour se dire qu’elle avait raison, qu’elle aurait dû suivre ses intuitions, qui sont colorées par nos conditions de vie actuelles. Plus de retour en arrière, la rupture est imminente. Elle ne veut pas la provoquer. Elle attend que je la décide, comme j’ai décidé de venir vers elle lors de cette fête. Impossible de la quitter parce que je sens bien qu’il n’y aura aucune possibilité de retour en arrière.
Que devrais-je faire à votre avis ?