Une mauvaise manipulation

Une mauvaise manipulation

Je m’appelle Angèle et j’ai vingt-huit ans, je suis célibataire depuis maintenant plus de quatre ans. Je souhaite devenir productrice de cinéma. Je travaille toute la journée en tant qu’expert-comptable dans une petite ville du Sud-Ouest de la France. Je cherche à me former à distance ou tout simplement auprès d’un spécialiste en la matière. J’obtiens des contacts, je les appelle et me rends compte qu’ils me découragent en me disant :

— Vous avez de l’argent ? 

— Non. 

— Vous vivez à Paris ? 

— Non. 

— Sans argent et sans habiter à Paris, ce n’est pas possible. Rien ne se fait en dehors de Paris. 

Cette discussion m’a amenée à revoir mon rêve. Comment avoir de l’argent et ensuite vivre à Paris pour accéder à cette projection de réussite ? Je suis restée coite, interdite, muette, j’ai commencé à lui parler sèchement, j’ai fini par raccrocher et me mettre en colère. Je me suis mise à le défier, cet homme que je n’avais jamais vu : « Ah oui, tu le prends comme ça ? Tu vas voir ce que tu vas voir ! Certes, je n’ai pas d’argent, mais c’est surtout grâce à ce rêve que j’en aurai par milliers, par milliards, et j’espère que tu seras toujours vivant pour assister à ça et m’appeler à ton tour pour demander une collaboration ! » En faisant mon sport du matin, en pleine nature, je me suis trouvée presque ridicule de me dire tout ça. Défier un homme que je n’avais jamais vu ! C’est moi que je défiais, c’est à moi-même que je transmettais ce message ! Alors oui, je vais tout mettre en œuvre pour accéder à cette nouvelle carrière d’images et de mouvements des émotions, avec le respect de la personne que je suis. 

Et puis vient la question de l’amour ! J’ai vachement envie de tomber amoureuse. Je rencontre des hommes et je me confronte à des refus, c’est assez inédit pour moi. Je suis assez jolie, intelligente, souriante, pleine d’ambition, mais je vais vers des hommes qui ne semblent pas en mesure de m’accepter telle que je suis. Je ne comprends pas, je cherche à identifier ces difficultés et surtout à ne pas tout prendre pour moi. Ils ont le droit de refuser, mais qu’est-ce qu’ils refusent ? Mon exigence, mon rythme trop rapide, mon authenticité, ma dissemblance ? Ces hommes-là m’attirent parce que justement ils sont complètement différents de moi, et tout particulièrement parce qu’ils sont très beaux, à mes yeux. Est-ce que c’est moi qui prends le mauvais chemin ? 

Un matin, je me lève et ouvre mon téléphone. Je vois que s’affiche un numéro qui a tenté de m’appeler en pleine nuit, à quatre heures seize du matin. Je ne connais pas ce numéro, il n’est pas dans mon répertoire téléphonique. Je décide de lui écrire un SMS lui demandant son nom et son prénom. C’est Aksel, un garçon avec qui j’avais passé un super et court moment. Il m’annonce qu’il est désolé parce qu’il a fait une mauvaise manipulation. Comment devrais-je réagir ? Je me mets en colère. Je lui propose de supprimer mon numéro de son portable parce que ça lui éviterait de refaire ce genre d’erreur. 

Et là, j’avoue que je ne sais plus ! Je suis perdue, j’ai la fâcheuse impression que le sort s’acharne, ou que finalement, il m’envoie un message pour émettre l’idée que c’est bon signe, que je dois emprunter d’autres chemins pour m’épanouir. Lâcher cette colère et me rassurer sur le fait que je suis capable non seulement d’être heureuse mais aussi de réussir dans tous les domaines de ma vie. 

Vous en pensez quoi ? Avez-vous déjà vécu ce genre d’histoire ? 

 

Je suis un petit con

Je suis un petit con

Je m’appelle Vincent, et j’ai trente-deux ans. Je suis tombé sur une femme de quarante-trois ans, très jolie et très distinguée. Je lui ai donné mon numéro de téléphone sans réelle conviction, sans rien attendre de cette nouvelle rencontre. Fatigué, je suis fatigué par le travail récent dans lequel je me suis engagé pour échapper à mon passé douloureux, à cette place de consolateur, de soutien auprès de ma famille. J’en avais assez, je devais enfin penser à moi et ma propre souffrance, à la possibilité de la vivre et de la surmonter. Ma petite sœur est morte. Je ne l’ai pas supporté. Proche d’elle, développant des affinités et une complicité très fortes, je me suis rendu compte à quel point elle était primordiale dans ma construction. Je l’aime, je l’ai aimée si intensément que je me suis perdu dans mon chagrin, ma tristesse, à tout remettre en cause, ma profession, mes amis, mes parents, ma relation à tous ces domaines de ma vie. Je suis parti loin, et pourtant c’est toujours en moi. Je me tue au travail, je me plonge dans les regards flatteurs de ces femmes que je ne connais même pas. Je me sens exister, et ça me suffit, aujourd’hui. 

 

Éléna est brillante, je l’ai revue avec enthousiasme. Elle semblait avoir la tête sur les épaules, elle n’avait prévu qu’une simple amitié entre nous. Je l’ai convaincue que nous deux, c’était possible, même quelques secondes, même quelques minutes et surtout quelques heures. Ce que je n’avais pas prévu, c’est qu’elle soit séduite par moi de façon aussi pleine et entière. Je me suis senti dérouté, déstabilisé. Je ne veux pas qu’on attende quoi que ce soit de moi, je ne veux pas m’attacher ni me sentir enchaîné. Je l’ai vue et sentie bousculée, mais je n’y ai rien fait. J’ai juste ajouté avec calme : « il ne faut pas tout donner, car en donnant tout, on n’a plus rien pour soi » quand elle me disait qu’elle était tentée d’entrer dans cette logique. J’ai compris que j’avais été un petit con en le disant de manière désinvolte, en plus. J’ai surenchéri « Je suis un petit con ! » et elle l’a répété. Le choc s’est imprimé en elle, et le silence s’est installé entre nous. Sa déception de m’entendre et de me voir si détaché d’elle, de ses émotions m’a poussé à m’approcher d’elle, tentant maladroitement de la consoler. La déception s’est transformée en colère, j’étais en train de perdre les étoiles de ses yeux qui brillaient dans les miens. Son regard s’est égaré, et le mien recherchait le sien désespérément. Un rapprochement physique allait pouvoir casser ce malentendu. Je l’ai embrassée, l’ai prise dans mes bras, je l’ai déshabillée, je l’ai laissé me déshabiller, je l’ai soulevée jusqu’à mon lit, et nous avons fait l’amour. Oui, l’amour, je voulais lui transmettre tout mon désir. Je ne peux pas, au fond, lui transmettre autre chose, même si je lui ai dit que moi, je n’avais pas peur. 

 

Je l’ai laissé espérer et je l’ai abandonnée. Elle me manque aujourd’hui, mais je reste persuadé qu’il est mieux pour nous de ne plus nous revoir parce que je ne peux pas lui apporter ce qu’elle souhaite, cet amour profond et sincère. Je ne veux plus de dépendance affective, je ne veux plus faire ma vie en fonction des attentes des autres. Je veux me sentir libre de fréquenter qui je veux quand je veux jusqu’à ce que je ressente l’urgence et le désir profond de vivre à deux. 

 

Est-ce que je suis trop égoïste ? Suis-je vraiment un petit con ? 

 

Mes inspiratrices, mon inspiration

Mes inspiratrices, mon inspiration

Malgré mon épuisement lié à mon travail au cabinet, je me renforce en lisant et relisant des auteures et un auteur. Ils me donnent le courage de continuer mon ascension dans le monde littéraire afin de toucher mes étoiles, et le soleil de tous. Ceux-là seront décrits dans les prochains posts. 

Oui, je l’avoue, tout ce qui se trame dans mon cabinet m’inonde de désespoir quelquefois quand je réalise que les êtres humains peuvent se déchirer. Heureusement que les réussites sont plus nombreuses, auprès des personnes prêtes à se construire ou se reconstruire après une dure et fulgurante épreuve. Je suis ravie de les accompagner dans cette motivation. 

Actuellement, je prépare une conférence sur les infinies possibilités. Je me fais accompagner parce que seule, c’est trop difficile. En formation prochaine à Paris, j’espère pouvoir être au top pour vous présenter ma mine de diamants bruts. Mes ressources, mes réussites, je les espère sources d’inspiration démontrant que quels que soient les obstacles et les souffrances subis, il est nécessaire de se relever, de souffler et de reprendre de l’énergie afin de se sentir accompli et heureux. 

Je vous souhaite le meilleur, et surtout de pouvoir penser paix et sérénité face à votre environnement, aux autres. Pas facile, mais faisable, avec un travail quotidien de reprogrammation interne. C’est comme faire du sport pour muscler et entretenir votre corps, l’idée est d’entraîner votre cerveau à penser positif et évolutif. 

Je m’y attelle au quotidien afin de rendre ma vie plus chouette et plus éclairante. 

En attendant de vous recevoir lors de l’une de mes représentations publiques contant la manière dont il est possible de se respecter, se valoriser à travers l’alimentation de l’estime de soi, de la confiance en soi à des fins de communication plus juste dans l’expression de ses émotions, je vous convie à consulter mon dernier roman, Ekena, l’enfant de l’amour, via le lien suivant : https://www.lulu.com/en/en/shop/joéline-andriana/ekéna-lenfant-de-lamour/paperback/product-4z2nkz.html?page=1&pageSize=4

Ce roman raconte les différences et la manière dont les personnages se jouent des regards malins et continuent de rester fidèles à eux-mêmes.

Avec toute ma joie !

Coupure brutale

Coupure brutale

Je m’appelle Carry et j’ai vingt ans. J’ai beaucoup de mal à cerner les garçons de mon âge. Je suis tombée amoureuse de John. Nous avons eu des relations sexuelles dès notre première rencontre, nous avons ri, nous nous sommes plu. Le lendemain, il m’a dit : « on se verra quand on en aura envie », les yeux baissés en mangeant son petit déjeuner, concocté spécialement pour lui. Je venais de tout lui donner, mon âme, mon histoire, mon cœur, mon corps, mon lit, mon temps, mon énergie, et voilà ce que j’entends de lui : « on se verra quand on en aura envie ». Je n’ai pas compris. Impulsive, je lui ai rétorqué : « Et si j’en ai envie et pas toi ? » Il m’a répondu comme on joue au tennis de table afin de marquer un point par un smash : « le contraire est possible aussi, tu peux ne pas avoir envie de me voir ». Promptement, je lui ai avoué : « Moi, j’ai toujours envie de te voir ! » Il s’est levé et s’est approché de moi, tentant de contenir mes émotions, et toujours avec ses yeux baissés : « Ce ne sera peut-être pas le cas dans un mois. » Je lui ai redit : « Mais aujourd’hui, là, maintenant, j’ai toujours envie de te voir, on n’est pas dans un mois. »

Tellement de lignes blanches entre ces mots, tellement de non-dits et d’émotions provoquées par la peur nous ont séparés ! Je me suis sentie seule dans cette relation. J’ai perçu que ce que je ressentais aussi fortement pour lui n’était pas réciproque. Paniquée, j’étais paniquée. Comment pouvait-il rester aussi tranquille et serein ? Il n’avait donc pas apprécié ces moments d’amour, d’échanges de regards, des sens ? Avais-je dit ou fait quelque chose de mal ? Je m’étais livrée sans calcul, je pensais que lui aussi. Il venait de vivre un drame familial, il a souhaité prendre son temps, et je n’ai pas su l’entendre, le comprendre, trop submergée par ma surprise de l’aimer aussi vite, aussi évidemment. 

Pendant l’acte d’amour, je me suis réprimée. Je lui aurais dit « Je t’aime », juste parce que j’étais bien avec lui, parce que nu, j’ai su qu’il me correspondait en tout. J’ai fini par pleurer de désespoir de le sentir si loin de moi. Il a été déstabilisé. Il m’a questionnée : « Qu’y a-t-il ? Tu as peur de souffrir ? » Je lui ai répondu : « Je souffre déjà de ton absence de réciprocité. »

Plusieurs fois, il est revenu vers moi, me disant : « Sois juste. » J’ai dû lui annoncer : « Tout était fluide jusque-là. Nous pouvons ne pas être en phase, mais au début d’une relation, ça me semble problématique. Il vaut qu’on arrête là. » Il a essayé de me prendre dans ses bras. Je lui en voulais déjà de ne pas ressentir les mêmes émotions que moi. Je l’ai repoussé et l’ai mis à la porte de chez moi tellement j’étais bousculée. Tout ce qu’il a trouvé à me dire, c’est : « Tu veux que je jette la poubelle ? »

John est parti, je suis restée en colère, j’ai voulu m’excuser et rester en contact avec lui. Il a refusé d’alimenter mes manquements, mon désespoir, tout particulièrement lorsque je lui ai réclamé sa présence. Aujourd’hui, il ne fait plus partie de ma vie physique, pourtant il est bel et bien présent dans mon cœur et dans ma tête. La frustration mêlée à la culpabilité me rongent. Impossible de le contacter à nouveau, notre histoire s’est réduite à une simple aventure. Difficile et compliqué de passer d’un état de bonheur dans l’union avec l’autre à un état de déception, de colère et puis plus rien. La coupure est brutale. Je me demande s’il pense encore à moi, si j’ai tout de même un peu compté pour lui. J’aimerais tant le revoir !

Qu’en pensez-vous ? Que feriez-vous ? 

 

L’homme qui voulait un enfant

L’homme qui voulait un enfant

Je m’appelle Candice et j’ai quarante ans. Je suis tombée sous le charme d’un homme de trente ans. Ma copine s’est amusée à lui demander son âge, s’il avait une copine, son numéro. Il a répondu à toutes les questions sauf à une : ce que cette chaîne faisait autour de son cou. Esteban est serveur dans un restaurant de Bordeaux, célibataire, il est blond aux yeux bleus et c’est le type d’homme qui me correspond. Il est svelte, un peu marqué par la fatigue de sa profession. Il le dit, il a travaillé six jours d’affilée, midi et soir. Il a hâte de prendre ses deux jours de congé. J’ai l’impression de lui plaire. Je lui demande à mon tour son prénom. Nous nous présentons tous les trois. Avec Nina, nous nous amusons à le provoquer, à lui sourire, je trouve même qu’elle va un peu trop loin. 

Je ne suis pas du tout en condition pour rencontrer un homme. Je suis fatiguée moi-même de ces journées de travail harassantes, je ne crois plus du tout en l’amour, au fait de vivre une vie amoureuse à nouveau. Mais Nina insiste. Après avoir pris son numéro de téléphone, sans gêne et à grand bruit, elle me propose de l’appeler. Je lui dis clairement que je ne veux pas entamer une quelconque relation, que je sais comment ça finit et que je ne souhaite absolument pas souffrir. Ce manège amoureux, je le connais pour l’avoir vécu tant de fois. Je dis amoureux parce que je me connais très bien. Je sais que je m’attache très vite, que je peux tomber rapidement amoureuse d’un homme qui me plaît franchement. 

Dès que nous sommes rentrées à la maison, Nina a voulu que je copie le numéro de téléphone d’Esteban sur mon smartphone avant d’aller dormir tout en me poussant à communiquer avec lui. Je le prends par dépit. Au lit, je suis curieuse. Sur WhatsApp, je découvre sa photo. Il est encore plus beau que dans mon souvenir. Je ne peux m’empêcher de le contacter malgré l’heure tardive. 

Il me répond à la seconde. Nous nous vouvoyons, nous discutons jusqu’à trois heures du matin. Il me plaît de plus en plus. Un rendez-vous physique est pris. Je suis heureuse de l’annoncer à Nina. Les fautes d’orthographe fusent. C’est ce que je redoutais à la base. Ça peut montrer un manque d’instruction et représenter une gêne pour moi qui loue la langue française. Nina m’encourage à poursuivre. Je poursuis. 

Le surlendemain, nous nous revoyons. Je me sens comme une petite fille. J’ai perdu l’habitude de séduire, d’entrer dans la danse des amourettes. Deux bises suffisent à nous lier et à nous permettre de nous tutoyer. Il veut manger. Je lui trouve un restaurant sympa. Ça y est, nous sommes face à face à une table assez large. Nous nous regardons attentivement, comme pour rechercher un défaut que nous n’aurions pas perçu la première fois. Je suis rassurée, il est vraiment beau et la manière dont il parle de lui me ravit. Très vite, nous révélons nos désirs pour l’avenir. Il veut des enfants, au moins un. Je me décompose, mon enthousiasme retombe parce que je suis persuadée de ne pas être cette femme avec qui il fera cet enfant. Une vague d’émotion anéantit toutes mes projections avec lui. Ça me remet à ma place. 

Et même s’il me dit qu’il n’est pas trop tard pour avoir un enfant, je le refuse en bloc. Il est trop tard pour moi pour l’envisager. Un homme avant lui a choisi une autre femme que moi pour construire sa famille. Je suis à nouveau confrontée à cette situation. Cependant, je ne veux pas arrêter de le connaître. Peut-être fut-ce mon erreur, peut-être n’aurais-je jamais dû le contacter. C’était trop beau pour être vrai. 

Dès cette première rencontre, nous savons tous les deux que nous n’avons pas les mêmes attentes. 

Vous auriez continué, vous ? 

 

 

Attirance mutuelle

Attirance mutuelle

Je m’appelle Céleste, et j’ai vingt ans. Je suis tombée amoureuse d’un garçon. Son prénom est Sasha, il a vingt-six ans. Il fait des études de médecine, il est sportif, blond, aux yeux bleus. Lorsque je l’ai connu, il était avec une fille de son âge, pas aussi sportive que lui, pas aussi affûtée que moi. Elle le conduisait aux entraînements de volley-ball. Il n’est pas autonome, pas encore le permis à son âge ! Je n’ai pas trouvé ça gênant, sur le moment : vous allez me demander ce qui ne me gênait pas ; qu’il ait une copine ou qu’il n’ait pas son permis. Un peu des deux, puisque moi-même, j’étais avec un Yaël. 

Nous étions à la fin de notre relation, il ne me faisait plus vibrer depuis un bon moment. Son romantisme s’était tu au fur et à mesure du temps. Je m’interrogeais même sur ses sentiments pour moi. Le voir traîner en pyjama, pas lavé, le dimanche me désespérait. Il n’avait que vingt-cinq ans, et déjà, il montrait ses inclinations casanières. Qu’est-ce que c’était moche et qu’est-ce que je n’aimais pas son odeur ! J’ai eu beau lui dire que je n’arrivais plus à le désirer dans ces conditions, il n’en tenait pas compte. Il s’en fichait. D’un revers de la main accompagné d’un air de dédain et d’indifférence, il repoussait ma remarque. Pas envie de ressembler à mes parents, patachons, ternes et fades, plus rien à partager, que les charges et les inconvénients de la vie quotidienne. Pas envie d’être triste, pas envie de me laisser aller ! On dit que le dialogue est important, même primordial, mais lorsque l’autre n’y trouve pas de bénéfice, c’est peine perdue !

Mon sentiment d’impuissance vis-à-vis de mon jeune couple m’a posé problème. Je devais trouver une solution rapidement. Malgré mon fort attachement pour Yaël, j’ai décidé de le quitter. Plus de flamme, plus de points communs, de sorties, de discussions, plus d’attirance… Je n’avais que le choix de me respecter. Je lui ai dit que c’était fini entre nous. Évidemment, il a commencé à pleurer, à dire qu’il m’aimait, qu’il n’avait jamais aimé une personne aussi intensément que moi. Un an et demi ensemble, et je n’avais jamais vraiment eu de perspective d’avenir avec Yaël ! Je ne me posais pas de questions au début de notre relation. Il m’avait draguée, il démontrait une réelle ferveur pour moi, c’est ce qui m’a décidée logiquement à me mettre avec lui. Il a suffi qu’il se détourne de moi, pour que je voie ses défauts, que je m’interroge sur les raisons de ma présence auprès de lui. 

Ça vous est déjà arrivé d’être en couple et de ne voir que les défauts de votre partenaire, pensant de façon obsessionnelle à un autre ? J’admirais Sasha, je n’avais pas forcément envisagé de sortir avec lui, je souhaitais le voir le plus souvent possible. Pas forcément l’embrasser sur les joues, parce qu’il était froid. Je n’ai jamais senti ses lèvres sur mes joues, il ne faisait que tendre ses joues, au moment de dire bonjour. Pas super comme approche ! J’adorais son charisme, son sourire, son aisance, ses ambitions de carrière, l’aura incarnée par ses mots, le son de sa voix, sa posture, ses gestes, son regard sur les autres, les choses, les situations. Je pense que je n’ai jamais fantasmé une nuit d’amour avec lui. Je n’osais même pas, en fait je n’y comptais pas. Bizarre, non ?! Je parlais souvent de lui, mais je parlais très rarement avec lui. Je sentais une connivence, je ressentais ses yeux sur moi, son affection pour moi. Ça ne passait que par une onde de satisfaction et de contentement intense d’être réunis. 

Vous est-il arrivé d’être juste bien avec une personne au point de tout mettre en œuvre pour la rencontrer le plus souvent possible ? 

 

Le physique

Le physique

Je m’appelle Maël et j’ai vingt ans. Je suis attiré par les belles filles, grandes, fines, blondes, aux cheveux longs et aux yeux bleus. Impossible de m’imaginer avec une fille qui ne me plaise pas physiquement. Ça compte infiniment. Entre ma meilleure amie, Eugénie, brune, petite aux yeux marron et ce genre de fille, je ne réfléchis pas. C’est d’une évidence incontestable. Je vois, je lis, et j’entends les plus de trente ans se prendre la tête sur cette idée de discrimination. Je sais que certains garçons aiment les filles en surpoids, avec des seins énormes, des fesses bombées, des cheveux courts, roux, aux yeux verts. Chacun ses goûts. Je le précise, pas pour me défendre, juste pour souligner que je n’y peux rien. C’est inné, j’ai l’impression. 

En cela, je me suis disputé avec Eugénie. Elle s’est sentie fortement éprise de ma personnalité, de ma bonne humeur, de mon écoute. Je l’aime bien, mais je ne peux pas me forcer à l’aimer d’amour. Elle n’a pas compris la non-réciprocité. Difficile de discuter avec elle. Elle est touchée dans son ego. Je ne dis pas qu’elle est moche, je n’ai juste pas d’élan vers elle. Je ne vais pas me mettre avec elle parce que ma mère l’apprécie, parce que ma sœur l’adore, que mon père la voit comme la belle-fille idéale. Pourquoi cette pression familiale ? À mon âge, je veux choisir celle avec qui j’ai envie d’être. Je risque de perdre Eugénie, son amitié si essentielle à mon équilibre. Je lui ai raconté tellement de moi, de ce que je suis, de ce que j’aime, de ce que je déteste qu’elle me connaît par cœur. Comment ne pas la blesser, comment lui dire que je ne l’aime que d’amitié ? Suis-je responsable de ce qu’elle ressent ? Suis-je coupable de refuser ses avances ? Elle pleure, elle pense que je l’abandonne, elle s’acharne, elle insiste, elle me harcèle, elle est si mal… Dois-je céder ? 

Sur le coup, je n’ai plus personne à qui me confier. Je deviens un paria et un incompris à la fois. Je suis tellement désolé pour Eugénie ! Je pleure moi-même de ne pouvoir la satisfaire. On parle souvent de profiter du moment présent. J’avoue que si je le pouvais, et ça me faciliterait la vie, je serais déjà avec elle aujourd’hui. Je suis accusé d’être immature, je suis prévenu que je le regretterai. Comment peuvent-ils être aussi persuadés de ce qu’ils balancent ? Je ne vais pas du tout dans ce sens. J’ai confiance en moi, et je sais que je ne souhaite pas subir une relation amoureuse. Je suis convaincu de ce que je ressens quitte à rester seul, quitte à être vu comme une personne injuste, sans pitié, sans compassion, sans sentiment aucun. Il est hors de question que je me lie avec une fille qui me convient à peu près. Si papa s’est contenté de maman, et tardivement, en plus, c’est son problème. Si ma sœur se limite à la monotonie de son couple par recherche de sécurité, c’est son truc. Si Eugénie est tombée amoureuse de moi, ce n’est pas mon affaire. Il faut qu’elle se débrouille avec ce sentiment et tout particulièrement avec ma résistance. Je suis dans l’impossibilité de changer d’avis et ce n’est pas par la force, le « tarabustage » de mes propres attentes que ça passera. 

 

Je me sens obligé d’être ferme, d’être froid devant tous. Je devrais peut-être exprimer moi-même mon désarroi afin d’être perçu comme une victime. Une victime, je n’en suis pas une. Je ne veux pas jouer ce rôle, ça ne m’intéresse pas. Je ne me considère pas comme un bourreau non plus. Je ne suis pas responsable de ce qu’Eugénie ressent. Je ne vais pas m’en vouloir d’être excité par ce que j’estime être de belles filles. J’adore m’émouvoir face à elles. J’aime ce qu’elles me procurent, c’est infiniment bon. Je ne vais pas me priver de ça !

 

Qu’en pensez-vous ? 

 

La midinette

La midinette

Je m’appelle Yaëlle et j’ai trente ans. Je suis célibataire depuis trois ans. Je pense toujours à cette relation qui a duré quatre ans. Je ne peux toujours pas croire que j’ai passé autant de temps avec Dylane. La routine, la routine, la routine, c’est tout ce qui comptait pour lui. Casanier, il passait ses week-ends soit à regarder des films d’une violence folle, soit à dormir. Son travail y était sûrement pour quelque chose, mais je n’ai pas pu supporter. Je l’ai trompé avec un autre homme, plus beau, plus jeune, plus attirant. Musclé, intéressant, intéressé par moi, j’ai craqué. Il a suffi de dix jours sans Dylane et mes habitudes de séductrice ont repris le dessus. Une formation à Paris m’a donné des ailes. J’avais besoin de sortir de ce marasme quotidien, de cette fadeur imposée. J’ai pu ressentir que je plaisais encore, que j’avais encore du désir, que mon corps était affamé de câlins et de tendresse. 

 

Je me suis retrouvée face à Julien, vingt-deux ans, ingénieur en informatique, fun, à la mode, avec une fraîcheur immense dans son sourire. Ses yeux pétillants, sa peau extraordinaire, ses mains magnifiques. J’ai eu l’impression d’être une vraie midinette. Mon âge m’a échappé, mon élégance de femme mûre a laissé place à une jeune fille simple et naïve. Julien n’a pas hésité à y mettre toutes les formes de respect et d’attention. Il avait tout réuni pour que je tombe dans le panneau du moment présent. Profiter de ce qui se présente, et que je ne pense plus à Dylane. Ce dernier semblait si inanimé, si indifférent ! Pourtant, je suis restée dans l’espoir d’un changement, dans l’espoir secret de construire une vie de famille avec lui. Il ne se décidait pas à avoir d’enfant, il s’axait sur le meilleur moyen de récupérer de cette fatigue. Nous avions omis de communiquer. Le temps passait si vite que mon horloge biologique s’affolait. Pressée, empressée de tirer avantage de tous les instants de plaisir afin de me sentir à nouveau exister. 

 

Je pense que je l’ai détesté, je pense que je l’ai haï de m’avoir prise en otage de son rythme de vie. Il a fallu cette extraction de cette bulle de sécurité et de stabilité trop tranquille pour que je m’aperçoive que je m’étais clairement oubliée. J’avais disparu sans faire gaffe. Dylane en était-il complètement et entièrement responsable ? Peut-être en partie, puisqu’il était tout de même chargé de prendre soin de lui, de se pencher de temps à autre sur notre couple afin de le préserver, de lui trouver une place plus alléchante, plus enviable. 

 

Je me suis entichée de Julien. Une passion est née. J’ai quitté Dylane du jour au lendemain. Il n’a pas compris. Dès lors, il s’est réveillé, s’est aperçu avec effroi de la cassure. Il ne m’en a pas voulu. Il a tenté de comprendre. Je lui ai expliqué. Il disait m’aimer plus que tout. Ces mots, je ne les attendais plus. Ils ne m’ont pas touchée. C’était trop tard. Je ne l’aimais plus, je savais de quoi il était capable, de rien, en fait. Je suis encore étonnée de la froideur avec laquelle je lui ai répondu. Je l’ai laissé tomber. 

 

Ma relation à Julien a duré trois mois. Trois mois pendant lesquels nous nous sommes accrochés. La jalousie, la possessivité ont été plus fortes que nous. Il ne supportait pas que je continue à parler avec Dylane, il a exigé que je coupe les ponts. Impossible de tirer un trait sur ces quatre ans de ma vie amoureuse. C’était comme nier que j’avais aimé Dylane, que j’avais cru en lui. J’ai fini par quitter Julien aussi. Entre tranquillité mêlée de stabilité et d’ennui et passion remplie de hauts et de bas, j’ai choisi de m’assumer en tant que femme, prête à en découdre avec la solitude, avec moi-même. Un temps pour savoir qui je suis vraiment avec les possibilités infinies qui s’offrent à moi sans avoir forcément besoin d’un homme pour les exaucer. 

 

Rupture familiale

Rupture familiale

Je m’appelle Dolorès, et j’ai trente-six ans. Je suis confrontée à nouveau à ma mère. Cette fois, elle engage de grands moyens pour me nuire, pour me toucher et me détruire. Elle fait appel à l’article 317-4 du Code civil qui dit que « l’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants ». Je lui ai pourtant proposé de rencontrer mon fils dans un endroit neutre une fois par mois durant une à deux heures. Elle a refusé. Elle le veut chez elle un à deux week-ends par mois. 

Nous ne nous entendons pas depuis des années. Je l’ai toujours vue préférer ma sœur à moi. Je l’ai même trouvée maltraitante envers moi. Elle me rabaissait constamment, me violentant physiquement. Alors qu’elle travaille auprès de personnes âgées, je ne comprends pas qu’elle ait pu se conduire de la sorte avec moi. Ai-je été si désirée que cela ? J’ai consulté, j’ai parlé de tous mes malheurs avec ma mère. Il m’a été conseillé de rétablir le dialogue en lui écrivant une lettre. Elle a tout nié, nié toutes mes souffrances psychologiques et mes douleurs physiques à son contact. Elle m’a ri au nez. Je n’ai eu qu’une unique direction à prendre. Celle de faire ma vie avec mon conjoint, celle de construire ma propre famille et d’éviter de reproduire ses atrocités. J’ai bien évidemment coupé les ponts. Ce qui ne lui a fait ni chaud ni froid. Elle n’a pris aucunes nouvelles. Dès lors qu’elle a appris mon accouchement par le voisinage, elle a téléphoné. Je n’ai pas pu refuser cet élan. C’était la première fois qu’elle venait vers moi de façon positive. J’ai perçu rapidement que c’était son petit-fils qui l’avait attirée vers moi. Elle continuait à se désintéresser de moi, de mes sentiments, de mes émotions infiniment présentes et négatives vis-à-vis d’elle. 

Mon conjoint a été ravi. C’est tellement plus engageant et plus beau une famille unie ! Une famille sans tentative de compréhension et de réconciliation ne peut être unie. Je le pensais si profondément que les heurts sont revenus de plus belle. Il a suffi d’un désaccord similaire à ceux rencontrés avant la naissance de Roméo. Elle a réveillé de vieilles querelles. Elle est restée sur ses positions. Je n’ai pu résister à l’envie de m’éloigner, de fuir cette relation toxique. Roméo a trois ans et il s’est entiché de sa grand-mère : « mamie par-ci, mamie par-là ». Elle lui offre tout ce qu’elle m’a refusé, elle se comporte avec lui comme avec le fils qu’elle n’a jamais eu. Je la déteste de ne pas se montrer aussi enthousiaste avec moi. Elle continue malgré tout à utiliser les mêmes saloperies de mots provoquant des maux indélébiles. J’ai beaucoup réfléchi avant de prendre la décision de la sortir de mon périmètre de fréquentation. Mon conjoint a essayé de recoller les morceaux. Ma mère a fini par ne s’adresser qu’à lui, par nous insulter à chaque appel téléphonique, nous menaçant de porter l’affaire en justice. Elle a beaucoup d’argent, elle a les moyens de ce qu’elle dit et en même temps, je n’osais imaginer qu’elle puisse acter cette menace. 

Le jour où j’ai reçu une lettre de son avocat pour une demande de droit de visite auprès de Roméo, je me suis écroulée de peur et de colère. Je me suis promis de lui résister coûte que coûte, de ne plus céder à ses desiderata, elle avait dépassé les bornes de mon amour pour elle, de la patience infinie d’une fille en recherche de reconnaissance face à une mère ingrate. Deux ans que la procédure dure. Mon corps s’est brisé comme mon cœur. Cassée en deux, mon dos a encaissé tous les coups de l’attente, des attaques, des remontrances. Je maudis cet article qui devrait jouer de jurisprudence. Il ne fait que réitérer des monstruosités vécues dans mon enfance, il me pulvérise, et démolit ma relation à mon conjoint et mon fils. Comment envisager une reconstruction personnelle quand la justice s’en mêle ? 

Et vous, où en êtes-vous avec vos parents ? 

 

Camille revient !

Camille revient !

Je m’appelle Livia, et j’ai quarante-cinq ans. Je suis l’héroïne du premier livre d’Andy Marks-Amstrong. Camille m’obsède encore et toujours. Il nous est arrivé de nous rencontrer afin de mettre au clair nos positions réciproques. Nous pensions l’un à l’autre jamais de la même manière, parce que Camille était toujours affairé à penser et démêler ses souffrances conjugales. Il a oublié notre toute première rencontre. Moi, c’est resté encré comme un tatouage trop profond dans mes neurones, dans mon inconscient. 

Cette nuit et la nuit dernière, j’ai rêvé à nouveau de lui comme d’un gâchis, comme d’une impossibilité qui n’avait été due qu’à moi. Je le regrette, je le vois s’exhiber sur les réseaux sociaux avec sa fille, sa belle-fille et cette femme qui est censée être son ex-concubine. Je sais et je sens qu’il l’aime, qu’il n’a pas voulu ou pu sortir de son emprise. Tout ce que je sais, au fond, c’est qu’il n’a jamais été avec moi comme je l’aurais souhaité et désiré. Amant aimant, amour toujours, à jamais partagé et exclusif ! Je l’aurais espéré que pour moi, qu’à moi pour la vie, pour le temps de cette vie si platonique. Il s’est défendu d’aspirer à un enfant sans moi : « Je voulais absolument un enfant, tu n’y es pour rien, tu n’as rien à te reprocher, c’est moi ! » Il prend toute la responsabilité d’une relation avortée, d’une rencontre échouée dans tous les sens du terme. Échouée dans les méandres de l’existence, échouée dans les absences de réussite où seules l’excellence et la normalité des situations sont acceptables. 

Je me surprends à lui rendre visite dans mes rêves, dans lesquels il reste aussi distant et si absent, floutant mon existence. Dans ces rêves, je suis perdue, je me retrouve indécise, à douter, à chercher mes priorités, d’un avion que je pourrais rater, d’un bagage oublié, d’une matérialité si désabusée, si peu importante et trop palpable. L’avion, le bagage sont des réalités contrôlables, Camille entre dans une abstraction irréelle incontrôlable en vrai. Je préfère le toucher de mes sens internes plutôt que de le sentir tout près, trop près avec cette peur d’être brisée. Parce qu’il m’aurait brisé le cœur à coup sûr ! Il l’a fait à distance sans s’en rendre compte ! Moi et mes machinations, mes réflexions qui se nouent et se dénouent pour donner un peu de respiration. Il les ignore, il n’en a pas la moindre idée. Il est préoccupé par sa vie quotidienne, il est ailleurs, il ne peut pas m’aider, il ne le veut pas. Il n’est là que pour jouir de son présent. Il le sait, il le fait grâce à l’alcool, au cannabis… Lui-même vit dans ses réalités délirantes, plus profondes et indéracinables. Je ne l’envie pas et pourtant, j’ai envie de lui, d’avoir accès à lui, qu’il m’entende, qu’il m’aime, qu’il me comprenne et qu’il adhère à toute cette vibration interne et externe, à cette dynamique mouvante infinie.

Je l’aurais souhaité mon héros, le héros de ma vie amoureuse, prêt à en découdre avec l’éternel recommencement des aléas. Comment résoudre cette facétie émotionnelle qui remue et bouscule dans l’absence du sujet de convoitise ? Je le pleure, je me soumets à lui et ce qui change aujourd’hui, c’est que je ne le lui signale plus. Je le laisse en paix, je me sens plus grande et plus mature pour gérer cette infinie frustration de la non-réciprocité amoureuse. Je sais qu’il sera en permanence en moi et je l’accepte. Rien pour revenir en arrière et effacer son regard, son sourire, son ventre, ses mains, son souffle, sa peau contre la mienne. Et en cela, je reste la plus heureuse des femmes de conserver cette faculté mnésique intacte !

Et vous, qu’est-ce qui vous rappelle à l’autre précieux et absent à la fois ?

 

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