par Joéline Andriana | Mar 2, 2020 | Non classé
Je m’appelle Corentin et j’ai vingt-cinq ans. J’ai souvent des idées noires, je ne sais pas si c’est dû à mon passé douloureux ou au fait que je consomme de plus en plus d’alcool fort. Le soir, ça me détend. Si je veux échapper à ma fatigue mentale ou aux événements extérieurs, je me replie sur moi-même. Je ne veux plus voir personne, j’ai l’impression de me protéger et de me sentir en sécurité.
Je ne me suis jamais senti aimé par mes parents, soit trop sévères, soit trop laxistes. Je n’ai jamais vraiment su ce qu’ils attendaient de moi. J’ai grandi en pensant m’éloigner d’eux, de leurs exigences, me cloisonnant dans ma chambre, pour ne plus les côtoyer. Je rêvais du jour où j’échapperais à leurs habitudes glauques, à leurs disputes, à leurs ignorances et leurs indifférences face aux joies, aux catastrophes de la vie. Ils ne se sont jamais intéressés à rien. Aucune sortie au cinéma, au restaurant, aux foires, aux fêtes du village. Ils se contentent de poursuivre une routine qui les terre, les rend fades et blafards. Je me suis souvent promis de faire mieux qu’eux.
Mais voilà, je me retrouve à consommer de l’alcool pour échapper à cette morosité. Les copains m’ont initié à l’enivrement artificiel et je me suis laissé happer dans ce piège. J’ai vu mon père s’isoler dans sa pièce, avec sa bouteille de whisky. Je l’ai vu plus heureux, le visage plus gai et l’air plus disponible. Je l’ai ressenti aussi plus agressif envers maman. Du haut de mes douze ans, je n’ai pas pu décoller mes oreilles de ses reproches contre maman, contre la vie. Il disait avoir raté sa vie en l’ayant épousée, en ayant eu des enfants par accident avec elle, qu’il aurait pu vivre bien mieux sans elle, sans nous. Soudain, je comprenais que j’étais de trop, que je n’étais pas désiré, que j’étais un poids pour lui, que j’étais le frein à ses possibilités de liberté.
Une chape de plomb m’a enseveli dans les méandres du mal-être. Qu’est-ce que je pouvais bien rétorquer à ces vérités paternelles, comment pouvais-je continuer à respirer une seconde de plus en ressentant ces sentiments de rejet et de regret ?
Je suis entré dans une imitation paternelle. Je me suis engagé à travailler le plus tôt possible pour devenir indépendant et autonome. Rapidement, j’ai quitté le giron familial, non sans difficulté. Je suis parti à l’âge de dix-sept ans dans d’autres contraintes, celles de la vie à deux. J’ai en moi ancré l’image de l’adulte qui gagne son pain et qui se met en ménage. L’image de la stabilité, ce qu’on peut concevoir de l’extérieur. J’ai souffert parce que je n’avais pas été initié à la façon de gérer son budget, à la manière de mener une relation de couple harmonieuse. Je n’ai vécu que l’exemple de mes parents. Je me sens si malheureux que, par facilité, je reproduis les tares familiales. Je comprends mieux ce qui poussait papa à boire, à se saouler, à se retirer de ce quotidien. Il est âgé, maintenant, et il a survécu à des maladies, il devient de plus en plus dépendant affectivement de maman.
Qu’est-ce que je peux bien faire pour me sauver de ces turpitudes, de ces habitudes ? On m’a toujours dit que je suis quelqu’un d’intelligent, mais je ne sais pas quoi faire de cette intelligence. Dois-je réprimander mes parents, dois-je reprendre ma liberté en main en me redécouvrant et en me révélant à moi-même ?
Toutes ces démarches demandent un minimum de courage. Je me sens si lâche, si peureux, si faible ! Tant que j’ai la vague impression que l’alcool peut me sauver, je continuerai. Dès que je déciderai de m’en défaire, je saurai dans quel but. J’ai besoin de trouver un sens plus grand, plus immense à ma vie… j’ai besoin de prendre le large afin de me retrouver sans eux, sans personne et de me sentir seul maître à bord.
Et vous, que faites-vous pour vous retrouver ?
par Joéline Andriana | Fév 24, 2020 | Psychologie
Un recueil de nouvelles va bientôt sortir, et la mort se révèle être la thématique principale de l’une d’elles. Je ne peux pas écrire sans l’évoquer non seulement parce qu’elle fait partie de l’amour, mais aussi de la vie. Ce recueil est intitulé De la folie pure. J’ai eu plaisir à l’écrire. Je l’ai écrit sans filtre, à la lumière de ce qui me passait par le cœur et par la tête. Mon corps en est encore tout tremblant tellement je sais qu’il peut réveiller des blessures profondes. Au-delà de la relation aux autres, à l’environnement changeant, l’unique pensée d’être en relation avec la mort peut amener à des émotions qui semblent insupportables et insurmontables. Pourtant, tant que l’on est en vie, toutes les émotions peuvent être source de bienfaits, juste parce que nous l’avons décidé.
C’est marrant, parce que plus je l’écris et plus je le pense, et plus je le pense et plus je me le dis, et moins je meurs sous le joug de ces plaies d’absurdité que laissent l’idée de la mort. Mourir du jour au lendemain, mourir d’agonie, mourir de maladie, mourir d’un accident, mourir d’amour, mourir tout court, que choisiriez-vous ? Moi, je choisis de vivre, de continuer à vivre de mes passions, de rencontrer des personnes avec j’ai envie de nouer une relation exclusive et constructive. Il paraît que le non ouvre les portes du oui, de la possibilité de faire autrement, mais surtout mieux.
Là, l’idée de mort n’est plus. Je me suis retrouvée face à une personne qui ne voulait pas entendre qu’il serait judicieux qu’elle puisse se visualiser dans cinq ans. Elle s’obstinait à me dire que ça ne servait à rien puisqu’elle pouvait mourir d’un accident de voiture ou d’une crise cardiaque du jour au lendemain. Pourquoi pas, après tout, si ça peut l’aider à vivre pleinement le présent ? Cependant, cette personne était envahie par la peur, l’angoisse de la mort. C’est vrai, si on pense tous les jours que rien ne sert à rien parce qu’on peut mourir dans la seconde, on ne peut qu’avoir peur de vivre, en fait.
Aucune issue, la seule issue était pour moi de laisser aller ses pensées et ses sentiments. Elle n’était pas à l’écoute d’elle-même, jusqu’à ce qu’elle parle de souhaits, de désirs, d’envie… J’ai souri et j’ai obéi à ses espoirs et ses aspirations. J’en étais ravie, à tel point que je l’ai remerciée de cette possibilité qu’elle s’octroyait de donner du sens à sa vie.
Je suis toujours heureuse de percevoir en l’autre cette lumière qui tout d’un coup s’allume à force de s’entendre parler à haute voix, à force de ne trouver qu’un mur face à une obsession stérile.
Je suis plus que satisfaite d’accompagner ces étincelles de vie.
Quoique mes inspirations soient plus personnelles dans mes livres, chaque individu rencontré au sein de mon cabinet laisse une trace là quelque part dans mes neurones, dans mes cellules. J’ai hâte aujourd’hui de livrer toute cette expérience en conférence où la vie a sa pleine place, où l’amour, la motivation et l’action (AMA) trouvent une issue favorable à la gestion des émotions.
par Joéline Andriana | Fév 17, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Pierre et j’ai vingt-six ans. Je sais de source sûre que celui qui attend en amour est le dominé. Celle qui domine, c’est elle. Ses silences, ses absences, ses réponses tardives font d’elle une personne presque inaccessible. C’est bizarre, cette sensation de vouloir se battre contre les moulins à vent, de désirer à tout prix être avec une personne qui nous échappe. Plus elle résiste et plus j’ai envie de la conquérir. Peu importe les moyens que je déploie. Je serai persévérant sans être harcelant. Les textos sont passés de mode. Je sais que ça peut énerver. Je ne sais pas quelle pourrait être son humeur à la réception de ces mots qui somme toute sont sympathiques. Quelle stratégie activer ? Beaucoup diraient : « Sois toi-même. » J’aimerais bien être moi-même, mais elle ne m’en donne pas forcément l’occasion.
Je sors de chez moi avec la simple pensée de la rencontrer. Elle est coiffeuse, son salon donne sur la rue piétonne. Je sais que je peux l’étonner, la surprendre en lui offrant des fleurs. Elle aime les roses rouges. Elle me l’a dit. Elle aime les petits mots écrits sur une belle carte cartonnée et colorée. Elle ressent les choses à travers les vibrations de son corps. Elle est sportive. Avec ces roses, je lui dédie une carte de couleur rose, parfumée, sur laquelle j’écris de mes mains et de mon stylo noir que je serais ravi de l’inviter à marcher pieds nus sur la plage, à une heure d’ici.
À travers la vitrine de son salon, je vois son sourire à la réception de ces cadeaux pleins de sens non seulement pour moi, mais aussi pour elle. Elle peut être comblée par mes avances authentiques et sincères. Alors, j’attends qu’elle se manifeste parce que je sais qu’elle le fera. Je peux être patient, elle ne peut qu’imaginer de bons moments avec moi, ressentant déjà le sable fin et blanc sous ses pieds, entendant le bruit des vagues de l’océan, humant l’air iodé à mes côtés. Ses blocages d’un amour passé se libéreront et trouveront une issue positive. Mon père a séduit ma mère de cette manière. Au lieu de se décourager et de se renfrogner en nourrissant un manque flagrant de confiance en lui, il s’est ouvert à ses possibilités infinies. Son mariage avec maman est un exemple d’une vie à deux sans obstacle. Il a toujours su que c’était elle, il n’a jamais douté du fait que c’était avec elle qu’il allait partager sa vie. Souvent, je lui demandais comment il avait su que c’était maman. À chaque fois, il me répondait droit dans les yeux : « Je l’ai su. Point. »
Alors pourquoi Élie ? Pourquoi me suis-je senti attiré par elle ? Je ne peux pas l’expliquer, je pense que la juste réponse est celle empruntée à mon père : « C’est elle. Point »
Trêve de questionnement d’un mental qui me détournerait de mes vœux d’amour et de bonheur. Je m’engage auprès d’elle, je passe à l’action pour la découvrir et vivre, juste vivre ce que j’ai à vivre le temps de cette vie si courte, en fin de compte…
Et vous, où en êtes-vous ?
par Joéline Andriana | Fév 10, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Déborah et j’ai trente ans. J’aspire à être heureuse, et je pense que ce bonheur passe par le fait d’avoir un enfant avec l’homme avec qui je partage ma vie. Deux perceptions, nous avons deux perceptions différentes de l’accomplissement personnel. Il a vingt-sept ans et ne voit pas l’urgence de construire une famille. Il aime jouer aux jeux vidéo, il peut rester toute la journée devant ses écrans et ne prendre aucun temps pour le couple, pour moi. Je fais tout pour lui faciliter la vie. Il travaille dur, il semble si fatigué et usé par ce labeur professionnel ! Il est mécanicien automobile. Je vois bien qu’il ne s’intéresse pas à ce que je ressens, à ce que je fais. Les disputes se multiplient. C’est à qui crie le plus fort, et à qui a raison. Je fais des efforts, je pense avoir toujours été présente pour lui.
Je m’accroche à lui comme mon dernier recours à mon épanouissement, comme à une bouée. Je me sens naufragée d’une histoire sans fond. Il ne m’entend pas, il ne m’écoute pas, je me sens impuissante. Je n’ai plus envie de lui, il s’est éloigné. Je suis devenue une femme d’intérieur, je suis sa boniche, il ne prend aucune initiative dans l’appartement. Je coule, je ne respire plus, je souffre d’un manque de considération que je ne pense pas mériter.
La dépendance affective me cloue à ses côtés, comme si je n’avais pas d’autres choix. Je suis liée à lui depuis six ans, et pendant six ans, je me suis consacrée corps et âme à notre relation. J’ai commencé par l’aduler, l’admirer, l’aimer passionnément, j’ai continué à l’aimer tendrement, pour finir par ne plus le reconnaître, par ne plus me reconnaître digne de vivre en couple avec lui. Nous avons laissé passer le temps, nous n’avons pas agi, nous nous sommes laissé aller. J’ai pris sept kilos, et je ne me sens plus désirable. Lui, au contraire, a maigri à force de stress et de tensions accumulés. Il a des douleurs dans le dos, il ne bouge plus. Les seuls moments partagés sont ceux devant la télévision, dans ce canapé qui a fini par prendre la forme de nos corps essoufflés.
Comment sortir de ce marasme ensemble ? Je lui en parle, mais pas de la bonne manière. Je lui fais des reproches à longueur de journée. Je pense que ça ne peut que le faire réagir. Il réagit en effet et de la même manière, des reproches s’accumulent et rien ne se résout. Nous en arrivons à nous détester, presque à en venir aux mains. Il me bouscule, je le mets à la porte. Ces accès de violence nous dépassent.
Mon père ne dit rien, ma mère me demande pourquoi je m’obsède à tenter de sauver cette relation où le manque de respect s’est installé et continue de compliquer la communication. Ils sont séparés, eux. En quoi seraient-ils de bon conseil ? Mes amies me dévoilent qu’elles s’inquiètent pour moi, que je devrais demander une aide extérieure. Ça vaut peut-être le coup… six ans d’une vie, de ma vie valent la peine que je me démène pour trouver des solutions à notre possible réconciliation. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ?
Mon collègue me drague, il serait sûrement plus facile de quitter Kévin…
Qu’en dites-vous ?
par Joéline Andriana | Fév 3, 2020 | Psychologie
« Le sentiment est un ami du don et ennemi de l’échange », écrivait Aristote. « Je regrette l’heureux temps où le sentiment réglait tout », selon Émile Chartier, dit Alain.
Je m’appelle Sidonie, et j’ai trente-cinq ans. Je suis dans une étape de ma vie où j’ai besoin de me sentir en sécurité. J’ai fini par détester l’humanité à force de prendre de grosses claques sous forme de jugements sur ma vie amoureuse. Mes amis, que je pensais de vraies sources d’énergie et d’amour, se sont éloignés dès lors qu’ils se sont mis à m’envoyer balader. Mes peines de cœur ne les intéressent plus. Ils disent qu’avec moi, c’est toujours la même chose, ça finit toujours de la même manière avec les hommes que je rencontre. Je ne me suis plus sentie à ma place parmi eux, je me suis sentie souillée. Souillée parce que je me suis surprise moi-même à me dévaluer, à me mésestimer. C’est vrai, ils ont raison, mon passé n’est fait que d’un cimetière d’amour, d’espoirs. Je ne suis plus une adolescente et pourtant, dès que je me sens bien avec un homme, je m’imagine que c’est l’homme de ma vie, le fameux « bon ». Mais qu’est-ce qui me prend ? Ai-je eu tort d’y croire à ce point ? Aurais-je dû le garder pour moi pour ne pas être fustigée de tous les mots les plus ignobles de la part de ceux en qui j’avais confiance ? Aurais-je dû rester à ma place et ne pas tenter de vivre ces expériences amoureuses ? C’est en fait moi, le problème. Je finis par me poser la question de la meilleure manière de vivre une relation d’amour, d’amitié.
J’en arrive à annihiler mes sentiments, comme des ennemis du bien, du bon dans les interactions. J’espérais que l’on me comprenait de même que je prenais le temps d’écouter et de comprendre, tout en acceptant mes amis tels qu’ils sont. Choquée, je suis restée choquée par tant d’indifférence et de rejet. Mal, je me sens mal de ne plus réussir à partager mes émotions. Je deviens misanthrope, je me laisse aller à manger, je me reclus chez moi. Impossible de sortir sans l’angoisse de croiser une personne malveillante.
J’en ai assez, je suis fatiguée… Mes émotions me jouent des tours. Je me sens si seule… Je ne sais plus à qui parler, me livrer. Demain, j’appelle ma psy, je ne peux pas continuer comme ça. Ça ne me ressemble pas, moi qui suis joviale et empathique, amusée de tout, émerveillée par les nouveautés de la vie, les aventures offertes par les hasards du temps, de l’espace. Je ne sais plus qui je suis, je suis perdue.
J’aimerais tant que la seule évocation de mes sentiments puisse régler tout malentendu ! Je sais qu’il est primordial de ne pas garder mes sentiments pour moi. Je décide de les poser sur le papier, je décide de prendre le téléphone et d’appeler mes « amis » afin de leur dire ce que je pense, la colère, puis la tristesse d’être balayée comme une vulgaire poussière. Peu importe ce qui adviendra, je ne peux pas me fourvoyer. Honnête avec moi-même, c’est tout ce que je peux être à l’heure actuelle. Il est légitime que je ressente de l’injustice et de la déception, il est essentiel que je retienne tous les bons moments du passé, de mon passé amoureux, de mon passé amical, il est primordial que je retrouve confiance en moi. Prendre les choses en main, parce que personne ne peut le faire à ma place.
J’ai juste besoin que l’on valide cette voie, ma voie. J’ai uniquement besoin qu’on entende ma voix afin de récupérer ma pleine place dans ce monde, si bizarre que cela puisse paraître.
Et vous, comment faites-vous pour vous sentir à votre place ?
par Joéline Andriana | Jan 27, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Vadim, et j’ai cinquante ans. J’aimerais bien tomber amoureux d’une jeune et jolie femme. Mais je me sens si vieux déjà ! Personne ne m’a dit qu’à cet âge-là, on est amené à subir les affres du temps de façon aussi insidieuse. En plus des rides et des cheveux blancs, si apparents, j’ai découvert que les kystes, les bosses, les lipomes qui se sont installés là, sous ma peau, comme des preuves de mon irresponsabilité dans ce que j’ai pu manger, ou pas, dans mon rythme de vie. Je ne fume pas, je ne bois pas pourtant. J’aime manger de la viande, des chips, des choses un peu grasses, ce sont les seuls plaisirs que je m’octroie. Avec le sport, un peu de musculation, j’ai l’air d’un homme qui prend soin de lui.
Au fond, je sais que je vieillis et que je prends la mauvaise pente. Je suis divorcé depuis plus de cinq ans. J’ai vécu avec la même femme pendant vingt ans. Nous sommes restés amis. Nous n’avons pas pu avoir d’enfants. Comme j’aimerais en avoir ! C’est trop tard, d’après vous ? Si je rencontre une femme demain, il nous faudra un peu de temps pour nous connaître, pour tomber amoureux, un an sera déjà passé. Prendre le temps de partir en voyage, de nous amuser avant d’envisager de fonder une famille. Deux ans seront encore passés. J’aurai cinquante-trois ans. Si je calcule bien, quand j’aurai soixante-deux ans, mon enfant n’aura même pas dix ans. Qui, à dix ans, rêverait d’avoir un père vieux et incapable de donner un peu beaucoup de lui pour jouer au laser game, au ballon, aux jeux dans l’eau ? Et puis, si je veux vraiment un enfant, est-ce que toutes ces questions comptent vraiment ? Quand les femmes de cinquante-deux ans tombent enceintes accidentellement, parce que pensant être en ménopause, elles ne se protègent pas pendant un rapport sexuel avec leur mari, et qu’elles décident de le garder, qu’est-ce qu’on en dit ?
C’est la vie, c’est tout. Ça fait partie du cycle de la vie. Tout a des conséquences, tout ce que nous faisons a des conséquences. Si je ne fais pas d’enfants, d’autres en feront, même à mon âge. Pourquoi je me priverais d’en avoir ? L’idéal serait que je sois amoureux de cette femme qui sera la mère de mon enfant. Pour ça, il faut qu’elle soit jeune… Mon voisin, qui a cinquante-cinq ans, vit bien avec une femme qui a plus de vingt ans de moins que lui. Ils ont deux bébés, des jumeaux, il a l’air très heureux. Il a deux enfants plus âgés de vingt-cinq ans et vingt-deux ans. Deux garçons aussi. Tout le monde semble accepter cette union et cette situation familiale.
Qui oserait juger ? Et ça servirait à quoi puisque les personnes se donnent le droit et la liberté de faire ce qu’elles veulent ? La loi ne l’interdit pas. Est-ce que je vais passer pour un vieux pervers si je décide maintenant d’avoir un enfant ? Si je choisis de tomber amoureux d’une jeune femme ? Si je me permets de m’accomplir à travers une vie de famille dont j’ai toujours rêvé ?
Qu’en dites-vous ?
par Joéline Andriana | Jan 20, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Jérôme et j’ai quarante-cinq ans. Je suis célibataire, sans enfant. Je n’en veux pas. Les femmes que je rencontre ne comprennent pas. Elles sont toutes prêtes à avoir un enfant avec moi, à se marier. On ne se connaît pourtant pas. Mais qu’est-ce qui leur prend ? C’est vrai que je suis un beau gosse, il ne faut quand même pas exagérer. Qui a dit qu’il fallait se marier et avoir des enfants pour être heureux ?
Quand j’entends mes collègues de travail se présenter en formation, je suis abasourdi. L’un dit : « J’ai cinquante-cinq ans, je suis marié et j’ai deux enfants », l’autre déclare : « J’ai cinquante-deux ans, je suis mariée et j’ai un enfant », et puis le suivant : « J’ai soixante-deux ans, je suis marié et j’ai quatre enfants » tout en continuant à décrire leur cursus universitaire et professionnel. Quand arrive mon tour, je me sens obligé d’appuyer sur le fait que je ne suis pas marié et que je n’ai pas d’enfant. Ça dénote, quand même. Je sens leur regard pesant et étonné sur moi. Je suis différent et je ne me sers pas des êtres humains qui m’entourent comme de trophées, de preuves d’une valeur quelconque de fidélité, de stabilité. Surtout que la plupart passent leur temps au travail et ne s’occupent ni de leurs enfants ni de leurs partenaires. Et parce qu’ils passent autant de temps au travail, ils restent entre eux et entretiennent quelquefois des relations sexuelles, amoureuses.
C’est marrant, parce que je me suis toujours interdit d’avoir des relations intimes au travail. Je fais en sorte de distinguer le monde personnel et professionnel. Je rencontre mes idylles lors de soirées, de sorties entre amis, des speed datings. J’adore entrer en relation avec de nouvelles personnes. J’ai la forte impression de ne pas faire partie du même monde. Parce que je fais le choix de ne pas avoir d’enfant, la conséquence est que je suis hors norme, qu’on me met en dehors de la société, d’une société dans laquelle il est absolument nécessaire de rentrer dans le moule pour être accepté. C’est bizarre, quand même ! Je suis un homme, ça semble plus facile comme ça. J’ai des retours du genre : « Tu as encore le temps, les hommes font des enfants jusqu’à soixante-dix ans… » Ils ne sont pas bien du tout. Je n’imagine pas les femmes de mon âge et qui sont dans mon cas. On ne peut pas se permettre de leur dire ça, à elles !
C’est aussi plus facile pour moi, parce que comme je suis certain de ne pas avoir envie d’avoir des enfants, j’ai pris rendez-vous pour subir une vasectomie. C’est plus simple, je n’aurai aucun problème de « trahison ». En couple, ma partenaire n’aura aucun besoin de se protéger, de prendre la pilule, ou de subir une opération trop importante. Moi, je n’ai besoin que d’un chirurgien, de dix minutes et le tour est joué. Il paraît aussi que c’est réversible. Je vais me renseigner davantage. C’est tellement bon de prendre ses responsabilités, d’être clair avec soi ! On pourrait me demander : « Et si tu tombes amoureux d’une femme qui veut absolument des enfants ? » Je répondrais : « On verra, on discutera, mais ce n’est pas ça qui nous séparera si nous nous aimons d’un amour sincère »
Suis-je trop idéaliste ?
Qu’en pensez-vous ?
par Joéline Andriana | Jan 13, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Amalie et j’ai quinze ans. Je suis une jeune fille pleine d’ambition et d’énergie. J’aime la vie et les filles. Je n’ai pas hésité à le dire à maman, qui elle-même aime les femmes. Elle vit avec mon autre maman, que j’appelle par son prénom, Alex. Parce que c’est maman qui m’a mise au monde, je l’appelle comme ça. Elles ont été en accord pour que ça fonctionne comme ça dans la famille. Je sens bien que quelquefois, ça ne convient plus à Alex. Elle se sent un peu à part, prenant le rôle de « l’homme » de la maison. Elle bricole beaucoup, elle n’est pas vraiment avec nous. Quand elle est présente, elle n’ose pas trop intervenir, parce que ça finit toujours en dispute. Maman est très contrôlante, elle ne lui laisse pas de place auprès de nous, comme si elle était la seule à savoir ce qui est bon pour nous. Mon frère, Antoine, et moi. J’aime être avec Alex, parce qu’elle est plus rigolote, elle prend les choses plus à la légère, on a plus le droit à l’erreur, à la détente. Une chambre pas rangée ne fait pas scandale, une vaisselle pas lavée, ce n’est pas la fin du monde. Maman est super crispée. Je l’entends souvent dire qu’Alex ne l’aide pas assez, qu’elle doit décider de tout, qu’elle se sent seule.
Je me permets quand même de lui dire qu’il faudrait qu’elle ait confiance en Alex, qu’elle lui donne le droit de dire ce qu’elle pense, ne serait-ce que pour l’organisation de la journée, les vêtements que l’on porte, les week-ends, les destinations de voyage, les soirées… Mais maman m’en veut à chaque fois que je lui dis ça. Elle me dit que je ne suis pas de son côté, qu’elle fait ce qu’elle peut pourtant pour que je sois heureuse, que j’aie tout ce qu’il faut pour réussir dans mes études… Certainement, Alex contribue aussi à mon bonheur et si maman ou Alex ne sont pas bien, je ne peux pas être bien moi-même.
Je ne veux pas prendre parti, je ne veux pas attrister maman ou Alex, mais je pense qu’elles ont des choses à régler et vite. Ça me donne à réfléchir sur la vie de couple et sur les raisons qui les ont amenées à être ensemble et à fonder une famille. Je ne ressens pas vraiment leur amour. Ce truc que j’aimerais tant vivre avec Louna. Ce sentiment que j’aimerais qu’elle ressente pour moi aussi. Je me demande si maman et Alex ont été amoureuses. La réponse semble évidente, mais je me la pose. Pourquoi se seraient-elles battues aussi fort pour rester ensemble, qui plus est se marier, avoir des enfants, construire une maison, une piscine, s’acharner à aller travailler tous les jours pour payer tout ça, si ce n’est qu’elles étaient tombées littéralement amoureuses ? Pourquoi elles ne se parlent pas plus pour tenter de régler les choses, réajuster leurs émotions, leurs comportements afin de se sentir mieux ensemble ? Je ne comprends pas… Elles s’évertuent à garder les choses comme elles sont, considérant probablement qu’elles n’ont ni le temps, ni l’énergie, ni l’amour nécessaires pour changer, attendant que l’autre fasse la démarche pour arranger les choses. Mais elles sont toutes les deux responsables de tout ce qui leur arrive. C’est quoi, ce truc qui amène les personnes à se renvoyer la faute et à ne pas se permettre d’arranger la situation afin de continuer à s’aimer comme au premier jour ?
La fatigue, la routine, les habitudes, les mêmes rengaines font que tout se fige et se cristallise, se délite jusqu’au moment où le mépris s’installe avec le jugement, l’interprétation négative des mots et des gestes de l’autre.
Comment je fais, moi, dans tout ça ? Au milieu de tous ces malentendus, de ces tensions ?
par Joéline Andriana | Jan 6, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Lenny, et j’ai quinze ans. Je suis embêté parce que je n’arrive pas à me mettre au travail pour réussir au lycée. J’ai l’impression de ne pas être capable d’atteindre mon objectif, qui est de transmettre des informations partout dans le monde. Pourquoi faut-il passer par des études ennuyeuses en seconde générale pour obtenir un bac qui ne rentre pas du tout dans mes perspectives professionnelles ? Je me sens si différent, si peu enclin à obéir à des lois qui demandent cette obligation scolaire jusqu’à l’âge de seize ans ! Je suis tellement plein d’énergie, mais pour des choses qui m’intéressent : le sport, les jeux vidéo, les copains, les copines, la musique, le cinéma, les sorties… l’amour, la sexualité, les voyages, les nouveaux horizons. J’en ai marre de rester dans cette même famille, au même endroit, dans un établissement qui n’en a que faire de ses élèves. Les mêmes programmes depuis des décennies, d’après ma mère, les mêmes livres à lire et des explications de texte qui ne m’apporteront rien de très riche. Je veux être reporter, je veux manipuler les vidéos, faire des documentaires, des films auxquels tout le monde pourra accéder, je serai en plus en mesure d’apprendre, d’aider, d’assister, de créer mon emploi, donc de gagner de l’argent afin d’être autonome. Qui a dit que quinze ans, c’est trop jeune pour commencer à se réaliser ? Des personnes de plus de cinquante ans qui ont peur qu’on leur prenne la place ? Des hommes de loi qui ont ainsi le temps de manœuvrer les jeunes pour continuer à les embrigader et les pousser à penser comme eux ?
Je veux juste être libre de penser par moi-même, que mes parents m’aident à m’épanouir, mais ils semblent encore plus lobotomisés que moi : « Tu dois avoir ton bac, même si ce n’est pas marrant, on ne fait pas toujours ce qu’on veut, tu sais ! Tu n’as que ça à faire, écouter en cours, faire tes devoirs, apprendre des notions qui t’aideront à entrer dans le moule, à faire comme les autres, à réussir dans ta vie ! Tu veux devenir clochard ? C’est ce que tu veux ? » Voilà ce que j’entends. Mais de quoi ils parlent ? Ils sont passés par là, pourquoi ils ne me donnent pas les moyens d’être heureux en mettant en avant mes atouts, ce que je suis et en cherchant des personnes capables de m’accompagner dans mes désirs les plus profonds ? Pourquoi ? Parce qu’il leur plaît d’être tranquilles parmi les humains, d’avoir une routine, de ne pas se démarquer, de ne pas se faire remarquer…
Mais qu’est-ce qu’ils ont tous ? Ils savent que la vie est courte, et que je suis pressé d’être bien, d’être au mieux dans ma peau ? D’accord, il y a des mecs de mon âge qui ne savent pas ce qu’ils veulent faire dans leur vie, mais moi, je sais, alors pour les personnes comme moi, on fait quoi ? On laisse retomber cette force et cette énergie, cette motivation interne et personnelle ? On les abandonne dans les méandres de la « connaissance scolaire » démodée et harassante avec des profs qui font leurs cours et qui repartent aussitôt le cours terminé ? Ils ne s’intéressent même pas à nous, ils n’attendent pas quelques minutes à la fin du cours au cas où on aurait des besoins, des remarques, des envies… Ils ne nous interrogent pas sur nos hobbies, sur ce qui nous motive à venir en cours. Ils savent que je déteste leurs airs hautains de personnes qui pensent tout savoir, détenir des connaissances qu’ils répètent à longueur de journée comme des perroquets ? Quel sens donnent-ils à ce qu’ils font, d’ailleurs ? À quinze ans, je veux découvrir le monde, je veux bouger mon corps, ressentir tout ce qu’il y a à ressentir, voir tout ce qu’il y a à voir avant de mourir. Parce qu’on est tous amenés à mourir, alors réveillez-vous !
Qui pourrait bien entendre ce cri de désespoir ? Qui pourrait bien m’aider à changer la donne si ce n’est mes parents et ma famille ?
par Joéline Andriana | Déc 23, 2019 | Ma réalité
Aujourd’hui, une réponse négative d’une éditrice m’a replongée dans la recherche effrénée d’un éditeur formidable pour la publication d’un magnifique livre sur les infinies possibilités. Après plusieurs messages, sans réponses, pour la rencontrer à Paris, il a fallu une intermédiaire pour qu’elle puisse me répondre. « Excusez-moi, la fin d’année est difficile… bla-bla-bla. C’est bien écrit, c’est bien structuré, mais nous ne donnons pas suite, parce qu’il n’y a pas de différenciation par rapport à l’offre pléthorique d’ouvrages. » D’accord, quoi dire de plus ? « Merci pour votre appel ! » Plus d’un mois et demi d’attente pour rien. Alors que c’est elle qui est venue me trouver. Pourquoi pas, c’est comme ça !
Ce livre est rempli d’exemples tirés de mon expérience personnelle et professionnelle, de témoignages uniques… et il ne trouve pas de « différenciation ». Je ne me laisserai pas abattre, je me relève et je cherche pour trouver le meilleur… Alors, si vous êtes éditeurs en sciences humaines, en psychologie sociale particulièrement, vous êtes les bienvenus dans mon univers. Dépêchez-vous, vous risquez de rater un chef-d’œuvre ! C’est vraiment un drôle de monde, ce monde de l’édition, non seulement il nous exploite, nous les écrivains et auteurs, mais aussi il est exigeant. Dans la vie amoureuse, vous faites ça, vous ne trouvez personne. Dans le monde de l’édition, ça semble être classique.
Bien sûr, on me conseille de mettre mon livre sur Amazon en auto-édition, bien évidemment, c’est possible, mais j’ai l’impression de me résigner à aller hyper-vite, mais pas assez loin, parce que je me sentirais encore profondément seule dans cette démarche. Je devrais moi-même être exigeante et faire valoir mes écrits, plutôt que de me morfondre dans cette victimisation stérile. C’est bien ce que j’ai l’intention de faire. Allez, persévérance, détermination et confiance en soi sont mes ingrédients préférés pour accéder à mes infinies possibilités. Ça va dépoter, je suis prête à me relancer et à entrer en communication avec des éditeurs intelligents et ambitieux !
Ce livre est intitulé Explorez vos infinies possibilités, il aura une superbe couverture, une campagne de publicité hors pair, des conférences de fous et un public extraordinaire et nombreux. Je suis dans les starting-blocks, prête à en découdre et à réussir. Qui est curieux me suive, qui veut aimer cet ouvrage m’accompagne, qui est en recherche de solutions me lise…
Bienvenue à toutes celles et tous ceux qui rêvent d’un monde meilleur, de vitalité, d’énergie et de sourires !
Ma profession de docteur en psychologie est agréable dans le sens où elle me permet d’aider les autres personnes à s’estimer, à avoir confiance en elles, à communiquer leurs émotions, à se servir de leurs peurs pour avancer où elles le souhaitent. L’hypnothérapie et l’EMDR sont des outils efficaces pour atteindre ces buts.
Allez ! C’est parti, la voie s’ouvre vers un chemin fleuri et boisé, avec des senteurs agréables et des couleurs fantastiques, n’appelant que le chant des oiseaux pour s’animer d’une mélodie enviable. Un chemin sympathique et édifiant grâce aux rencontres les plus belles n’attend que moi, que vous, que nous…
Avec tous mes vœux de réussite et de bonheur à tous ceux qui liront jusqu’au bout de ce petit article.
Bien à tous, bien à vous.