Vous connaissez cette théorie ? Elle fait partie d’une possibilité de comprendre la manière dont nous pouvons résister à la persuasion.
Le principe est simple :
« McGuire (1964) développa l’idée que, de la même façon qu’il est possible de stimuler les défenses d’un organisme contre un virus, en lui injectant un virus similaire, mais affaibli, il est possible de stimuler la résistance d’une personne à une tentative de persuasion, en la mettant en contact avec une forme atténuée de l’argumentaire employé par ceux qui tenteront, ultérieurement, de la convaincre.
Une seconde stratégie consisterait à « doper » le système immunitaire à l’aide de vitamines ; cette voie prouve son pendant dans le champ de la persuasion, au travers des stratégies, dites de soutien, où l’on fournit à l’individu les contre-arguments qu’il pourra opposer aux arguments de ceux qui tenteront de le persuader. Cette analogie entre immunisation biologique et résistance à la persuasion fonde la théorie de l’inoculation (McGuire, 1964). » (Psychologie sociale, Tome 1. L’individu et le groupe. Ouvrage dirigé par P. Gosling)
Ça vous parle ?
Vous saviez aussi que « les plus grandes avancées dans la découverte des processus de résistance à la persuasion ont été réalisées durant une période particulière de notre histoire : la guerre froide. Le monde se divisait alors en deux blocs. Chacun avait le double souci à la fois de s’assurer une emprise sur les idées des populations du bloc rival et de protéger sa population contre les tentatives de propagande de l’adversaire. » (Psychologie sociale, Tome 1. L’individu et le groupe. Ouvrage dirigé par P. Gosling)
L’actualité médiatique semble être restée dans ce double souci. Vous sentez-vous manipulé ? Et si c’est le cas, pensez-vous pouvoir résister à cette manipulation ? De quelle manière ?
Êtes-vous certain que ce que vous croyez vient bien de vous ?
Cet article a pour but de sortir des sentiers battus et d’amener le lecteur à réfléchir sur ses croyances et ses conditions de vie, ses influences et ses convictions. Et Ainsi trouver soit une cohérence soit un équilibre entre ce qu’il est et ce qu’il veut devenir. Et finalement prendre du recul et de la hauteur sur ce qui est répandu dans les médias, sur les réseaux sociaux…
Chevalier (2022), réalisé par Stephen Williams, avec Kelvin Harrison Jr.
Ce film narre la vie de Joseph Bologne (1745-1899), l’un des premiers musiciens classiques noirs français. Je me suis surprise à aimer ce scénario, qui est inspiré de son histoire.
Ce qui m’a le plus marquée, et si cela a bien existé, ce sont ses origines, ce déracinement de son pays natal, et de sa maman. Orienté, guidé ou plus exactement poussé à devenir excellent dans les domaines tels que le violon et l’escrime, Joseph Bologne se fait rapidement remarquer et montre une audace hors norme. Au point d’être repéré par la reine Marie-Antoinette d’Autriche et nommé au grade de Chevalier de Saint-George, d’après le scénario du film.
D’après l’histoire de France, Joseph Bologne est né d’un père Colon et d’une mère esclave Gaudeloupéenne Nanon.
Le récit de cet homme est assez stupéfiant. En tant que Docteur en Psychologie, je salue sa détermination et son talent, la manière dont il a donné un sens très fort à sa vie. Plongé dans l’ambivalence de cultures, dans le métissage forcé et voué à rien de mieux que l’identité et les conditions dans lesquelles il s’est senti certainement emprisonné.
Tout ceci pose la question de l’esclavage, de l’histoire des colonies et des barbaries que cela imposait. Tout ceci pose également la question de l’égalité entre tous les humains, et de la fraternité dont il a fallu faire preuve pour dénouer et démolir tout asservissement à la fois physique et psychique.
Il est la preuve humaine et historique que les possibilités sont infinies, et qu’il s’agit d’une rage interne folle pour se défaire de toute aliénation. Je suis ravie de l’avoir découvert à travers ce film produit par la BBC. Et peu importe si les informations ne sont pas exactes ou sont approximatives ou créées, ce fut un bon moment d’émotions.
Moi-même « femme de couleur », je suis touchée par la manière dont les anglais ont réussi à sublimer un tel destin.
J’ignore quel genre d’homme il a pu être, mais je sais qu’aujourd’hui il peut incarner une forme d’espoir et d’héroïsme pour la jeune génération, se battant pour ses convictions et pour son génie.
Certes, nous ne sommes pas tous nés dans une famille riche, et nous pourrions penser que ces privilèges pour développer nos facultés n’appartiennent qu’à une certaine caste.
Je sais, de source sûre qu’il est possible de se détacher de toute forme de subordination familiale, sociale ou économique afin de s’accomplir personnellement et professionnellement.
Il y a quelques jours, j’ai rêvé de Jesus Enrique Colombo, un torero vénézuélien. J’ai découvert cet homme à Pampelune, lors de la feria du mois de juillet. Le 14 juillet 2023, je l’ai vu élégant et passionné, prêt à en découdre face aux taureaux présentés. C’était la première fois que j’assistais à un tel spectacle. J’ai été prise d’une telle frénésie que j’ai eu du mal à en redescendre pendant plusieurs jours.
J’ai eu envie d’en découvrir davantage sur cet homme. J’ai donc regardé son identité, ses publications, son site web. J’ai eu le désir de l’approcher de très près et de soulever le mystère humain qui se cachait derrière cette énergie incroyable. Il était là pour lui, pour le public… Il était juste là. Non, je ne suis pas tombée amoureuse de cet homme, je suis juste devenue intriguée par cette émotion qui émanait de cette tradition : la corrida.
Jusque-là, et avant d’habiter dans les Landes, je n’ai jamais pensé assister à une corrida, persuadée de la carence humaine et de la bestialité de ces mœurs latines. Francis Cabrel et sa chanson entrainante répétant en boucle : « Est-ce que ce monde est sérieux ? » m’a immédiatement ralliée à lui, à cette cause de la vie à tout prix.
Je suis arrivée à une période de ma vie où il m’est important de m’ouvrir à ce qui existe déjà, depuis des siècles, et de comprendre, trouver une explication à cette humanité à la fois si paradoxale et si passionnante.
La cruauté des gestes, de l’issue fatale du scénario ne m’a pas échappée. D’ailleurs, j’en ai éprouvé une profonde douleur, et incompréhension de fêter de façon aussi génialissime, et avec autant d’ardeur la mort d’un être vivant. Prise par l’euphorie, l’ambiance festive de cette arène de plus de 19 000 personnes, je me suis libérée de cette torpeur tout doucement… Et la présence « scénique » de Jesus Enrique Colombo est la source de cet engouement.
Alors, je me suis abonnée à son compte instagram, afin de suivre la vie « sociale » d’un torero, ses « habitudes » et ses « penchants ». Ses stories et ses publications surviennent donc automatiquement sur le fil de mon actualité. J’ai alors connaissance des dernières informations, qu’il veut bien communiquer sur son actualité, ses prestations comme sa vie « privée ».
Il parle exclusivement en espagnol. Une langue que je n’ai jamais approché durant toute ma scolarité, préférant l’anglais, l’allemand et l’italien. Je suis donc obligée de passer plus de temps sur son profil, en faisant des captures d’écran pour copier-coller et traduire les termes de son actualité.
Récemment, son père Jesus Colombo a été agressé très sévèrement à la tête. D’abord, j’ai tenté de décrypter le communiqué, passé sur instagram, sans grand succès. Ensuite, j’ai souhaité en savoir un peu plus et j’ai découvert que Jesus Colombo avait été blessé gravement à la tête et envoyé aux urgences. J’ai bien cru que c’était Jesus Enrique Colombo, âgé de 27 ans.
Mon sentiment était si fort que je me suis sentie honteuse de le ressentir. Après tout, je ne connais pas cet homme, il ne fait pas partie de mes proches. Mais le phénomène réseaux sociaux était si intense que je n’ai pas pu réprimer mes émotions mêlées de douleur, d’empathie et de colère contre l’agresseur. Je tentais de rapprocher les images de cet homme majestueux pendant ses exécutions et l’homme inanimé et meurtri. J’ai dû lire plusieurs fois ce communiqué pour découvrir en second lieu que lui et son père avec le même nom et prénom, seul le Enrique différenciait ce jeune torero.
J’ai donc fini par lui écrire un mot de soutien pour son père et lui.
A travers cette expérience, je prends conscience de l’ampleur des conséquences de ces réseaux sociaux sur l’individu. A travers ce que j’ai vécu et ce que j’entends lors des consultations, je sais l’impact phénoménal que cela a sur nos affects.
Je prends donc aujourd’hui du recul, je reste à ma place et je regarde de manière moins fréquente cette actualité virtuelle humaine.
Pour compléter le premier article intitulé La persuasion, voici le deuxième modèle appelé modèle heuristique-systématique (HSM).
« Selon Chaiken et ses collègues (Chaiken, 1980 ; Chaiken et al., 1989 ; Chaiken & Stangor, 1987 ; Eagly & Chaiken, 1984), les sujets peuvent chercher à obtenir une attitude valide en traitant l’information persuasive de manière « systématique » ou de manière « heuristique ».
Le « traitement systématique » est conçu comme le traitement par « voie centrale » défini par Petty et al. (1986).
Le « traitement heuristique » de l’information est défini comme « un mode de traitement plus limité qui nécessite moins d’efforts et de capacités que le traitement systématique. Lorsqu’ils traitent l’information de manière heuristique, les gens centrent leur attention sur une partie de l’information disponible qui lui permet d’utiliser des règles inférentielles simples, des schémas, ou des heuristiques cognitives pour formuler leurs jugements » (Chaiken et al., 1989).
Ce type de traitement renvoie donc à une variété beaucoup moins importante de processus que la « voie périphérique » du ELM. Dans ce cadre, les « heuristiques » sont définies comme des règles d’inférence stockées en mémoire comme les autres structures de connaissance et apprises au cours de l’existence. Des existences de telles règles sont « il faut faire confiance aux experts » ou « la longueur d’une argumentation implique sa force », et les indices heuristiques permettant l’utilisation de ces règles : respectivement, le degré d’expertise perçu de la source et la taille du message.
Selon le HSM, les sujets privilégient généralement le traitement heuristique pour atteindre une attitude valide avec un moindre coût cognitif. Toutefois, si les sujets ne sont pas suffisamment sûrs de leurs jugements, ils peuvent s’engager dans un traitement plus systémique jusqu’à ce que le niveau de confiance soit jugé acceptable. Ce processus est appelé « principe de suffisance » dans le HSM. Réciproquement, des sujets engagés dans un traitement systémique peuvent utiliser des indices heuristiques lorsque ce traitement ne leur apporte pas un degré suffisant de confiance en leurs jugements. »
Alors, faites-vous confiance en votre jugement ? Et comment faites-vous ?
Le bleu du caftan est un film réalisé par Myriam Touzani et sorti en 2023. J’y fait référence tout d’abord parce que j’ai été séduite par la manière dont le sujet de l’identité sexuelle est abordée.
Elle traite de l’homosexualité d’un maître ouvrier couturier Hakim, marié à Mina depuis des années. Hakim va au hammam pour assouvir ses besoins sexuels. Son apprenti Youssef tombe amoureux de lui et l’aide au quotidien jusqu’à la mort de sa femme.
Mina a subi une mastectomie du sein gauche due à un cancer.
Hakim coud un caftan bleu pétrole et cousu au fil d’or, destiné à une acheteuse. Il finit par le dédier à sa femme, l’y enveloppant pour ses funérailles.
Bien sûr, je ne peux pas énoncer ce scénario de façon aussi voluptueuse que ce que la réalisatrice offre. Avec beaucoup de beauté et de tendresse, elle trace le portrait de ces trois personnages, avec beaucoup d’âpreté, elle dénoue les principes patriarcaux de la société marocaine sous couvert du secret.
Les silences, les dialogues sont assez subtils et relèvent d’une majestueuse manipulation des émotions et des sentiments, à travers les gestes, les regards, et les non-dits.
Cet article est dédié à la liberté d’être au moins dans son cercle intime.
Dans mon travail et dans ma condition d’être humaine, je suis confrontée à la possibilité soit de persuader une personne de prendre soin d’elle-même et à mes propres certitudes, qui trouvent souvent à être remises en question, m’interrogeant sur les raisons pour lesquelles certaines personnes sont si attirées par le côté « obscur » ou « négatif » de leur personnalité. J’y mets des guillemets parce que ce n’est pas un jugement de valeur, la définition étant une inclination à la destruction, l’auto-sabotage, à la mort…
Alors, en lisant ce passage sur les deux modèles de persuasion, tiré de l’ouvrage coordonné par P. Gosling, (non, ce n’est pas l’acteur américain) intitulé Psychologie sociale, Tome 1. L’individu et le groupe, voilà ce qui en ressort :
Dans le « modèle de la probabilité d’élaboration » (ELM), selon Petty & Cacioppo (1986), une attitude valide peut être atteinte selon deux voies : une voie « centrale » et une voie « périphérique ».
La persuasion par « voie centrale » renvoie à l’adoption d’une attitude qui résulte d’un examen attentif des arguments disponibles en faveur (ou en défaveur) d’une position. Les gens créent de nouveaux arguments et intègrent certains des arguments présentés dans une structure de croyance en rapport avec l’objet d’attitude (ils « élaborent » les messages). Un tel traitement de l’information nécessite que les gens soient fortement motivés et disposent de capacités cognitives suffisantes. Les attitudes formées à partir d’un tel traitement seront stables dans le temps, prédictives du comportement futur des individus.
La persuasion par « voie périphérique » renvoie à l’adoption d’une attitude sans que cela nécessite de la part des individus un traitement approfondi des arguments présentés. Petty et Cacioppo placent sous cette appellation tous les changements d’attitude obtenus sans élaboration du message persuasif, c’est-à-dire aussi bien ceux renvoyant au conditionnement classique ou opérant, que les changements d’attitude basés sur l’identification, ou encore le traitement heuristique tel qu’il est défini par Chaiken et ses collègues.
Ce type de traitement du message persuasif apparaît lorsque les gens ne sont pas suffisamment motivés pour traiter les arguments de manière approfondie, et/ou ne disposent pas des ressources cognitives nécessaires à un tel traitement.
Un autre facteur important du changement d’attitude dans le ELM concerne les connaissances intégrées sur l’objet d’attitude. Plus ils disposent de connaissances intégrées sur un objet d’attitude et moins ils seront sensibles à des tentatives de contre-persuasion. »
Saviez-vous que ce modèle existait ? Êtes-vous en mesure de vous situer à travers ces descriptions ?
Rendez-vous dans l’autre article intitulé La persuasion 2, pour découvrir le deuxième modèle dit heuristique-systématique (HSM).
Lorsque je parle de croyances, je parle de croyances sociales. Celles-ci sont induites par nos idées, nos valeurs et nos désirs. En matière de relations amoureuses, elles sont déterminantes à la fois avant, pendant et après la rencontre. Qu’est-ce qui fait que nous sommes attirés par un type de personne en particulier ? Des physiologistes vous parleront de phéromones, de phénomènes liés au corps, aux odeurs, à la chimie, pour eux, c’est bio.
Moi, je vais vous parler d’attirance non seulement physique, mais aussi sociale. Lorsque vous prévoyez de rencontrer une personne dans le cadre amoureux, c’est que vous êtes disponible pour vous ouvrir à l’inconnu, enfin, à ce qui changerait de votre quotidien, à ce qui pourrait entrer dans vos critères de séduction. Des critères très cartésiens devenus conscients et manifestement pris au sérieux par les scientifiques. Il suffit de voir le succès apparent d’un programme comme Mariés au premier regard, une émission de téléréalité française diffusée sur M6, fondée sur une série danoise appelée Gift Ved Forste Blik et dérivée de son homologue américain Married at first sight.
Il semble ne rester que la science, des pourcentages de compatibilité pour réunir deux êtres. La confiance en soi que les candidats affichent est défaillante. Les incapacités d’entrer naturellement en lien avec l’autre, les échecs amoureux ont trouvé chez eux des manquements, une estime de soi négative. Sur quoi ces scientifiques pourraient-ils s’appuyer ? Sur les idées, les valeurs, les désirs des candidats, donc sur leurs croyances. Ils pourraient alors partir du principe que si une personne se rapproche de façon considérable des croyances d’une autre personne, elles sont compatibles. Les scientifiques représentés par une psychologue clinicienne et un docteur en psychologie seraient ainsi influencés eux-mêmes par des croyances sociales telles que : – Qui se ressemble s’assemble– Les contraires s’attirent
1. Qui se ressemble s’assemble.
À défaut de se compléter, les partenaires sont susceptibles de fusionner. De partager les mêmes perceptions de la vie, les mêmes activités, les mêmes aliments, les mêmes amis, les mêmes valeurs, les mêmes manières de se comporter en public, les mêmes musiques, les mêmes artistes, les mêmes animaux, les mêmes décors, les mêmes habitudes sexuelles… Les mêmes.
Cela rassure, cela donne un sentiment de sécurité incroyable. Partager des moments à deux avec une personne que l’on ne connaît pas, mais qui nous semble familière. Dans cette optique, il est d’usage d’entendre les personnes dire qu’elles reproduisent le même schéma amoureux. Est-ce qu’il s’agit de les blâmer ? L’excitation d’une nouvelle rencontre laisse place au confort et à l’aisance qu’elle peut procurer. Alors que vous êtes adeptes de la monogamie, il vous serait difficile et presque incompréhensible d’entendre l’autre parler de ses différentes conquêtes, de ses amoureux transis après une étreinte n’égalant aucune des expériences passées. Vous resteriez avec cette personne-là ?
La solitude ou le manque d’estime de soi pourraient vous compromettre dans une relation déficiente. Alors que vous avez vécu la pire histoire avec un parent alcoolique, vous risquez d’être attiré par une personne qui soit a vécu la même histoire, soit est dans une dynamique similaire. Les habitudes culturelles passées peuvent être trompeuses si vous souhaitez atteindre le paroxysme du bonheur à deux. Ce qui est certain, c’est que plus on s’assemble, plus on se ressemble. La proximité serait ainsi le meilleur moyen de trouver des terrains d’entente dans tous les domaines de la vie.
2. Les contraires s’attirent.
Beaucoup s’obstinent à chercher une personne complètement différente. Dans l’idée de vivre autre chose, autrement, dans la croyance obstinée que l’autre pourrait les compléter, les rassurer, accéder à une demande, à une attente, à un manque. L’autonomie affective peut s’en trouver entravée. La dépendance affective, trop souvent citée pour les hypersensibles, les victimes de manipulateurs pervers, peut trouver toute sa place. L’admiration non réciproque peut aussi creuser son tombeau face à une personne de pouvoir.
Il est admis scientifiquement et socialement que les belles femmes sont attirées par les hommes fortunés jouant un rôle prestigieux. Il suffit de voir Lady Diana et le prince Charles, et toutes les histoires similaires. Le rêve du prince charmant qui vient sauver sa princesse de ses failles sociales, psychologiques reste une croyance incontestable. Cette dernière est pourtant décriée et détestée par les plus ferventes féministes. Le rêve d’une belle femme, proche des critères de « Miss Univers » est appétissant pour les hommes habitués à ce genre d’image, et devient malheureusement de plus en plus populaire. « Une étrange illusion (…) de supposer que la beauté est la bonté », selon Léon Tolstoï (1828-1910), écrivain russe.
Ce qui est certain, c’est que les contraires s’opposent aussi dans leurs opinions, leurs valeurs, leurs désirs. Ce qui est certain, c’est qu’on est plus susceptible d’aimer ceux qui nous aiment. Ce qui est certain, c’est que plus on aime une personne et plus on la trouve belle. « Ce qui détermine dès le début notre sympathie envers une personne ─ la proximité, la ressemblance et le fait d’être aimé ─ influence le développement à long terme de nos relations. Les premières impressions des couples qui se fréquentent peuvent donc prédire leur avenir à long terme. Elles sont ainsi importantes et prophétiques », selon Jan Hendrik van den Berg (1914-2012), psychiatre néerlandais.
En conséquence, en quoi croyez-vous absolument ? Si c’est en l’amour, je vous propose de vous aimer de façon inconditionnelle afin de trouver en vous-même cette possibilité d’être en harmonie avec l’autre. Parce que l’amour est inhérent à l’être humain, nous serions enclins à plonger dans la passion amoureuse, pour sûr à la fois excitante et aliénante. Découvrez ce schéma créé par Robert Sternberg (1949 -), psychologue américain, et voyez vers quel type d’amour vous souhaitez vous orienter. Croire au parfait amour est vraiment tentant, non ?! L’essentiel n’est-il pas juste d’être heureux ?
En quoi est-ce utile pour toutes et tous même si on n’a pas l’impression d’en avoir besoin ?
Commençons par une définition simple de ce qu’est la consultation psychologique. La psychologie est l’étude scientifique des phénomènes psychiques, c’est-à-dire relevant de l’esprit et de la pensée chez l’être vivant supérieur, humain ou animal, conscient de son existence. Les experts dans ce domaine détiennent la capacité de comprendre les comportements, les sentiments, les réactions d’autrui, et particulièrement les émotions. Vous aurez remarqué que certaines séries proposées actuellement à la télévision comme En Thérapie, adaptation française de la série israélienne BeTipul et de la série américaine In Treatment semblent remettre au goût du jour la nécessité de consulter un psy. Rassurez-vous, la plupart des scènes ne reflètent pas la réalité d’un cabinet en psychologie.
Je suis docteur en psychologie et je pratique dans mon cabinet depuis plus de dix ans. Je reçois des femmes, des hommes, mais surtout des femmes. À croire que faire une thérapie, c’est féminin et bio. Certainement ! Mais les hommes s’activent à se prendre en charge, plutôt que de laisser cette tâche à leur épouse ou à leur mère. Une prise en charge émotionnelle. Oui, Messieurs, parce que les émotions n’appartiennent pas uniquement à la gent féminine. Et la différence réside dans la manière dont chacun souhaite les gérer. Oui, parce que les émotions se gèrent aussi. Les émotions sont une réaction affective qui se manifeste par divers troubles physiologiques. La psyché et le corps sont donc en lien étroit. Par conséquent, il est primordial de les harmoniser pour rester en bonne santé.
Trois raisons principales pourraient vous amener à consulter au moins une fois un psy, même si vous n’en ressentez pas réellement le besoin : 1. Faire un bilan contextuel ou situationnel ; 2. S’équilibrer ; 3. Se connaître.
1. Consulter un psy pour faire un bilan situationnel ou contextuel.
Et même si vous avez l’impression de ne pas avoir besoin de consulter un psy, il semble important de faire un petit bilan situationnel ou contextuel, pour savoir où vous en êtes dans votre vie, de vos relations amicales, amoureuses, familiales. Votre vie prend-elle le sens que vous vous êtes donné jusque-là ?
Consulter un psy, c’est déjà un signe de bonne santé mentale. C’est un changement considérable dans la vie d’une personne. La personne devient un patient lorsqu’elle se présente à moi. Patient compris comme malade, sujet, client ou cas et également calme, doux, tolérant, persévérant. Malade parce que souffrant, mal en point, fatigué ou incommodé. Soit dit en passant, quel que soit le genre de patient que vous serez, cela ne vous fera que du bien de consulter.
2. Consulter un psy, c’est s’équilibrer.
J’entends encore dire : « Je ne suis pas fou ou folle ! » lorsqu’il est conseillé de passer le pas de la porte d’un psy. Déjà, le penser laisse supposer une confusion de l’esprit qui pousse à consulter. Sachez-le ! C’est juste sain, très sain de penser se livrer, se confier, se regarder en face, se délivrer de certains maux, d’énormément de sentiments négatifs… Joseph Murphy (1898-1981), docteur en philosophie américain, disait : « Souvenez-vous que c’est le monde intérieur (…), vos pensées, vos sentiments, vos images mentales qui créent votre monde extérieur. »
Il arrive aussi que des douleurs corporelles accompagnent ces émotions négatives, ces blocages internes. Le mieux est de suivre les préceptes de Giorgio Nardone (1958-), psychothérapeute italien : « Pour modifier une situation, nous devons l’empêcher de perdurer, car nous n’avons aucun pouvoir sur un processus de construction qui s’est produit dans le passé. » Un psy peut alors vous accompagner tranquillement.
Ce qui bouscule vous plonge dans le doute et vous déséquilibre. Et c’est normal ! Consultez ! Vous irez bien plus vite et de façon plus efficace vers un rééquilibrage plein et entier. C’est Bruno Bettelheim (1903-1990), psychologue américain, qui écrivait : « l’épanouissement dépend d’un équilibre subtil entre les aspirations de l’individu, les exigences légitimes de la société et la nature humaine ».
3. Consulter un psy, c’est se connaître.
Consulter, c’est passer un palier pour celui ou celle qui s’anime dans la recherche du progrès. Ce n’est pas vital, mais c’est alléchant. Le thérapeute est là pour guider, le patient peut être là pour se laisser guider. Si le patient se confronte au thérapeute, il y trouvera sa manière de se positionner face au monde. Un simple mécanisme de défense qui le bloque et l’enracine dans ses schémas passés. Prendre conscience de ce simple mécanisme de défense est déjà une étape importante. Et que fait-on de cette prise de conscience, me direz-vous ? On en fait quelque chose de constructif. On change nos comportements, nos perceptions de ce que nous sommes, nos perceptions de ce passé et ainsi on trouve à progresser. L’évolution semble inhérente à l’être humain, s’il ne se sent pas progresser, il peut mourir.
En conclusion, que vous soyez persuadé ou non qu’il est bon d’aller consulter un psy, après cette brève démonstration, je vous souhaite de vous sentir libre de vous faire du bien.
Vous pouvez me retrouver sur mon site web : joelineandriana-auteur.com, parce que grâce à ces consultations psy, j’ai pu réaliser mon rêve de petite fille : être auteur. J’ai écrit cinq romans, un recueil de nouvelles et un livre de psychologie intitulé Cette nouvelle vie pourrait avoir plus sens. Explorez vos infinies possibilités.
Je m’appelle Clarance et j’ai soixante-dix ans. Je pense souvent à l’immortalité, même si quelquefois, je me surprends à compter le temps qu’il me reste à vivre. Malgré le poids des années et les phénomènes de répétitions qui se produisent dans mes relations aux autres, je serais volontaire si on m’annonçait demain qu’un remède était trouvé pour prolonger l’espérance de vie et pourquoi pas l’étendre à l’infini.
Si mes cellules pouvaient se renouveler de façon aussi naturelle et rapide que lorsque j’avais quinze ans, je déploierais toute mon intelligence et mon énergie pour participer à ces tests sur une vie sans fin. Mes enfants et mes petits-enfants me permettent de me régénérer, ils sont une source intarissable de bonheur. Ma femme est toute défraîchie et se laisse littéralement aller. Elle si élégante encore il y a dix ans ! Ses soixante-dix ans lui ont donné une vraie gifle. Elle me l’a dit, elle a pleuré, j’ai dû la consoler pour rien. Elle me plonge dans des émotions difficilement appréhendables. Je l’aime, mais je ne me sens plus assez courageux pour poursuivre cette vie de vieillard avec elle. La télévision prend le dessus, elle ne veut plus sortir, faire des voyages, fréquenter des personnes de notre entourage commun, elle s’isole et pleure souvent. Je lui conseille d’aller voir un professionnel de la santé mentale, mais elle s’obstine à refuser, un peu comme une petite adolescente en régression complète. Elle va mourir, elle le sait, un jour, oui, mais elle ne sait pas quand. Alors pourquoi elle me prend la tête ? Nous ne dormons plus ensemble depuis une quinzaine d’années. Je ronfle et elle ne le supportait plus, je la sollicite et elle ne voulait plus avoir à répondre de mes désirs.
Comment définir notre couple aujourd’hui ? Je ne pense plus l’aimer d’un amour fou, mais les autres nous voient comme un duo parfait, un exemple. Quelle naïveté ! Depuis que nous sommes à la retraite, nous traînons, nous nous disputons à être chaque minute de chaque jour ensemble.
Heureusement, j’ai mes passions : la chasse, les sorties entre copains, la belote, le cinéma, et puis Gilberte, à qui je pense aussi intensément que lors de notre première rencontre, un peu après la naissance de mon premier enfant. Nous nous rencontrons de temps à autre, nous discutons de choses et d’autres et le fait que ma femme ne sache rien de nous deux me rassure. Je me sens libre d’être qui je veux, d’être encore et éternellement en vie. Amoureux fou, je suis amoureux fou de Gilberte. Nous ne sommes jamais passés à l’acte et je suis convaincu que si elle mourait avant moi, je la regretterais jusqu’à la fin de ma vie. Les valeurs morales, le poids de la famille, de la société empiètent sur mes souhaits les plus profonds. Comment en arriver à cet âge et penser que je ne suis pas libre, ressentir que je suis menotté, comme livré à l’enfer ?
Je ressens tellement d’obligations morales que je me suis imaginé fuir, partir loin sans laisser de traces et proposer du même coup à Gilberte de m’accompagner, vivre enfin une vie authentique, sans faux-semblants. Soixante-dix ans, il ne me reste plus qu’une dizaine, voire une vingtaine d’années à vivre en bonne santé, avec encore toutes les possibilités de profiter du présent. Qu’est-ce que j’attends, qu’est-ce qui me prend ? Quelquefois aussi, j’imagine que ma femme meurt avant moi, et ce serait l’occasion parfaite pour sortir de cette hypocrisie. Mais serait-ce si simple ?
Suis-je ignoble ? Suis-je détestable de penser ces choses-là ?
Je suis là, allongée sur mon lit d’hôpital. Tout ce que je sais, c’est que je suis vivante et que je suis dans la capacité de réfléchir, de penser, de formuler des mots et des expressions dans ma tête. Des personnes viennent me rendre visite, mais je ne les connais pas. Elles semblent me connaître par cœur, me révéler mes qualités comme mes défauts avant même de me dire quels sont mon prénom et mon âge. Je suis consciente qu’elles m’agacent profondément, mais impossible de l’exprimer. Elles osent me faire la bise, m’embrasser sur le front et m’interroger comme si on était à la CIA. Je les déteste.
Elles pensent que je suis un gros bébé. Visiblement, aucune expression valable n’apparaît sur mon visage, encore moins dans mes gestes, dans mes postures. Il paraît que je suis vide, vide de sens, de signification des maux éprouvés. Des douleurs s’insinuent dans mon corps, et je ne peux pas les situer. Un corps, je ne suis qu’un corps, un phénomène physique qui a perdu toute possibilité d’interagir avec les autres. Un objet, un truc que l’on trimbale du lit à la salle de bain, et encore, il faudrait que l’aide-soignant soit assez fort pour me transporter. Souvent, on me lave là, à même le lit. Et je me sens mouillée et humide toute la journée. Et quand on n’arrive pas à parler ou à indiquer ces gênes, rien n’est fait pour nous aider. C’est fou, les êtres humains, ils passent d’un malade à un autre avec l’utilisation d’un chronomètre, une heure de sortie, une performance exigée par le directeur de l’hôpital. C’est quoi cette époque, ce monde dans lequel j’ai atterri ? N’aurais-je pas mieux fait d’y rester ? De rester dans quoi, d’ailleurs ? J’entends « accident », « voiture », « camion », « victimes », « cellules de crise », « la pauvre »… et je ne peux participer à tout ce méli-mélo de mots et de termes grossiers à mon égard.
Et puis, une jeune fille apparaît. Elle m’appelle maman. C’est mon prénom ? Non, c’est le rôle qu’elle me donne auprès d’elle. Elle est plutôt jolie, mais si triste que je n’ai qu’une envie, la foutre dehors. Elle pleure, regrette, se plaint, essuie ses larmes, me prend la main, me caresse, me regarde dans les yeux, demande pardon…de je ne sais quoi, de son absence due à son travail, ses enfants, son mari…sa vie, quoi… Elle finit par prendre conscience que je n’ai que faire de ses sentiments débiles, et que tout ce que je souhaite maintenant, c’est mon prénom, mon âge, les raisons de ma présence ici, de mon mutisme, les séquelles, si je vais m’en sortir, si je vais pouvoir reprendre le contrôle de ma vie et échapper à tout ce qui me dérange. L’odorat est devenu mon sens premier. Je détecte l’odeur des visiteurs et je sais si je vais passer ou non un bon moment. Ce qui est curieux, c’est que cet homme qui se dit mon mari, je ne supporte pas son odeur. N’est-il pas en train de me jouer un tour ? Je ne le trouve pas beau, pas avenant, pas vraiment gentil, plutôt grossier… Il m’avoue que nous sommes mariés depuis plus de vingt ans, que nous dormons dans le même lit depuis plus de vingt-cinq ans, que nous avons eu deux enfants, que nous avons voyagé si souvent qu’il ne se rappelle plus les lieux visités.
Le médecin me rend visite, agite son stylo devant mes yeux, prend ma fiche et m’appelle par mon nom de famille. Il dit que tout va bien. Ben non, rien ne va. Il affirme que mon état est stable, mais oui, il est trop stable ! Il faut qu’il m’aide à sortir de cette torpeur, de ce cloisonnement. Il m’affole, j’ai peur de rester dans cet état. Je préfère mourir. Même ça, je ne peux le balancer. Je veux mourir plutôt que d’être aux mains de ces incapables !
Enfin, une orthophoniste est venue, et nous avons toutes les deux trouvé le moyen de communiquer. Avec le clignement de mes yeux, j’ai réussi à lui répondre… Et par ce contact qui a eu du sens pour moi, j’ai réussi à ressentir de l’espoir…
La relation qui prend du sens pour nous nous réveille à nous-même.
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