par Joéline Andriana | Juil 9, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Constance et j’ai quarante-trois ans. Ma mère m’a donné ce prénom en espérant que je sois aussi constante que lui. J’ai bien essayé, mais il est difficile de concevoir que cette qualité ne puisse provenir que de l’attachement que je donnais à l’idée d’amour, et non plus à un homme, l’homme sur qui j’aurais pu m’appuyer pour continuer ma carrière d’écrivaine. J’ai dû écrire une lettre à Erwan afin de clore cette relation et de reprendre mes esprits. Je ne souhaitais plus le voir comme celui qui allait me sauver. Alors, j’ai déversé tout mon désarroi, toute mon aigreur sur ce papier.
« Tout ça, c’est fini malgré tous mes efforts. Tout ça est terminé, parce que je me sens plus légère de cent treize kilos et plus, d’un corps inerte et lourd et pataud contenant un cerveau transparent et du sang froid, absent de chaleur.
Je ne vois plus de fantôme en face de moi, je ne vois que le vide que tu as laissé.
Tu te rends compte, je me suis attachée à ton égoïsme, à ta solitude et ton impuissance, parce que ça me permettait de me battre contre quelque chose : mes vieux démons ont repris le dessus. Je me suis attachée à ton souhait de prendre en main tout ce qui concernait la maison.
Purée, que de bêtises et de conneries !
Je ne me souviens même pas des moments de rire et de complicité qu’on pouvait avoir. On n’arrêtait pas de se contredire, de tenter de dominer l’autre, de le rabaisser ou de l’humilier devant les autres.
Même le sexe me semblait fade avec toi, tu fermais les yeux, là aussi tu étais seul, tu me laissais toute seule. Et tes éjaculations précoces ne laissaient aucune place à mes orgasmes, à mon propre plaisir. Heureusement que j’avais mon sex-toy !
Roh là là ! Et c’est toi qui refuses de revenir vers moi, et c’est moi qui pleure ton absence physique, et c’est toi qui me lourdes froidement alors que les larmes démontrent ma détresse et ma dévastation de ne pouvoir avoir une deuxième chance d’apprendre de nos erreurs !
Cinq ans et plus d’anéantissement émotionnel total, dans ce vieil espoir que tout peut changer si on le souhaite et si on l’imprime vraiment et tout particulièrement si on s’aime vraiment, si on est vraiment amoureux.
Mais je voulais oublier que ce n’était pas le cas pour toi. »
Au moment où je lui écris, je me rends compte à quel point je me suis battue pour rester avec lui, espérant un retour à la hauteur de mes attentes. Et moins j’étais satisfaite, plus je lui demandais ce qu’il était incapable de m’offrir. Pourquoi ai-je fonctionné de cette manière ? Entre ma mère qui me tannait pour que je fasse mon maximum pour maintenir ma vie sociale à flot et mon père qui méprisait Erwan, je me suis retrouvée face à mes propres contradictions. J’étais amoureuse, mais seule dans cet état. Quelle logique m’a poussée à poursuivre une telle relation ? Attachée à l’amour infini éprouvé pour lui, je n’ai pas souhaité voir ce qu’il n’éprouvait pas pour moi, pire, j’ai accepté qu’il ne soit pas amoureux de moi.
Qu’est-ce qui m’a pris ?
par Joéline Andriana | Juin 30, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Irvin et je suis pianiste. J’adore le son de mon piano. Je joue du jazz tout particulièrement. Quand j’ose aborder la fameuse chanson sortie en 1937 : Someday my prince will come, je me dis qu’il y a du génie dans toutes ces notes, cet enfantillage autour de l’amour. Je sens tout mon corps vibrer à l’idée de pouvoir rencontrer l’homme de ma vie, celui qui m’accepterait comme je suis. J’ai vingt-cinq ans et j’aime un homme de quarante ans. Il ne le sait pas. Je suis trop introverti pour l’approcher. Dès qu’il me regarde, je baisse les yeux. Je ne sais plus comment me mettre, comment me comporter. C’est mon professeur de piano. C’est lui qui m’a suggéré cette chanson, ce répertoire m’était véritablement inconnu. Je sais qu’il vit avec un homme de son âge, qu’ils ont adopté deux enfants originaires du Brésil. Un garçon et une fille de sept ans. Je l’envie et je l’aime à la fois. Cela fait quatre ans que ça dure.
Quand je rentre chez lui, je sens un homme raffiné, plein de goût. Ses murs sont ornés de tableaux magnifiques. Je me suis même demandé si c’était lui qui les avait peints. Je ne me suis pas permis de lui poser la question. J’ai juste émis un « wouah » d’admiration, époustouflé par autant de créativité. Avant, j’étais habitué à une professeure âgée, partie à la retraite, peu encline à des mélodies enchanteresses. Elle m’a orienté vers la musique classique. J’ai appris beaucoup avec elle. Mais j’avais la sensation que ce que monsieur Philibert me proposait était si neuf que tout ce que je pensais avoir acquis ne me servait à rien. Il était si enjoué, si plein de passion, d’élan que je ne pouvais aucunement manquer ses concerts. Lorsqu’il se produit sur scène, je suis envieux de son aisance, de son bagou, de son sourire, de ses rires, de ses éclats de voix quand il se met à chanter des mélodies d’amour. Il est encore amoureux, amoureux de qui, de quoi ? Qu’est-ce qui maintient cette énergie aussi hautement intense et infinie en lui ? Comment fait-il ? Comme j’aimerais lui ressembler, comme j’aimerais qu’il m’apprenne à être aussi heureux que lui ! L’unique manière que j’ai trouvée, c’est de l’aimer amoureusement. Je ne pense qu’à lui, qu’à la manière dont il va pouvoir me guider, me toucher les doigts pour m’amener à faire sonner la meilleure note. Son odeur, quand il est si proche de moi me fait frémir. Il ne peut pas ne pas le ressentir. Ce n’est pas possible ! Je n’en parle à personne, je garde en moi toute cette pulsion d’amour pour lui. Difficilement gérable puisqu’il n’est pas toujours accessible. Je ne le sens pas toujours disponible et j’ai souvent l’impression que c’est ma faute, l’impression qu’il ne m’apprécie pas, qu’il n’a pas envie de me voir.
C’est là que tout s’emmêle, que mes émotions sont si injustes avec moi. Des hauts et des bas si extrêmes que je n’arrive plus à imaginer ma vie sans lui. Je n’ai que lui dans ma vie. Nous devenons amis, il m’invite de plus en plus fréquemment chez lui, pour les anniversaires, les fêtes entre amis, je suis missionné pour animer la soirée. Il est capable de me dire qu’il est fier de moi, qu’il croit en moi. Il est le seul qui réussisse à me calmer, à me détendre et à me mettre en colère d’indifférence de sa part à la seconde qui suit. C’est sûrement ça, l’amour ! L’amour infini !
Et vous, avez-vous un amour secret ?
par Joéline Andriana | Juin 24, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Gaspard et j’ai trente-cinq ans. Je vis avec une femme qui ne prend pas soin d’elle physiquement. Je pratique le sport à outrance, courant, faisant du vélo dès que j’ai une minute de libre. Gloria est très belle, elle a des yeux magnifiques, d’un vert à mourir. Je l’ai très vite repérée lors de la fête du village. Elle traînait avec ses copines, et je me suis promis de la séduire. Difficile promesse quand on n’a que dix-huit ans et que la timidité reste un obstacle majeur à la relation aux autres. Mais j’ai réussi, elle est ma conjointe aujourd’hui, nous avons même une petite fille de cinq ans, pénible, mais nous l’avons conçue ensemble. Je sais que j’en demande beaucoup à Gloria. Elle travaille dur comme moi dans la journée, elle revient le soir fatiguée, elle doit s’occuper de Justine, faire à manger, la doucher, la dorloter en l’amenant au lit. Nous sommes habitués à ce fonctionnement. Elle semblait si prête à être maman qu’elle a pris les devants, me poussant en dehors de cette relation exclusive entre elle et ma fille. J’ai laissé faire, elle ne me demandait rien. Très content de poursuivre mes petites habitudes de célibataire, tout en étant conjoint et papa, je n’ai pas voulu déroger à mes mon goût pour la chasse, mes virées sportives avec mes potes. De plus en plus absent, de moins en moins impliqué dans la vie conjugale, familiale, j’ai vu Gloria se rebiffer quand je m’approche d’elle le matin comme le soir pour faire l’amour. Elle n’a donc plus envie de moi ? Pour qui elle se prend ? Elle ne me dit rien, mais j’entends bien qu’elle s’agace de plus en plus, parlant de mes absences comme d’une échappatoire. Elle finit par me reprocher de ne pas l’aider à la maison, auprès de Justine. Je ne comprends pas, c’est pourtant ce qu’elle voulait.
Très mécontent, je la pousse dans ses retranchements en lui hurlant que c’est elle qui a instauré ce mode de fonctionnement, m’interdisant de toucher à la cuisine, à la douche, à l’endormissement de Justine. Je reste sur mes positions, elle reste sur les siennes. Je suis si à l’aise dans mes habitudes qu’elle n’a pas le droit, comme ça, d’exiger de moi des choses qu’elle m’a refusées à une période. Je ne la vois plus comme avant. La femme magnifique et attirante laisse place à une nana qui a pris du poids et qui râle. Je la déteste. Je n’ai qu’une envie : aller voir ailleurs. Elle le ressent sûrement, mais je m’en fiche. Elle n’avait qu’à réfléchir à deux fois avant de me repousser, de m’insulter comme elle l’a fait. Je la traite de grosse vache, et c’est la débandade infinie. Aucun de nous de prend le taureau par les cornes afin d’arrêter l’hémorragie.
Les amis nous font remarquer qu’ils ne nous reconnaissent plus. En effet, au moindre malentendu, nous entrons en conflit afin de tenter de convaincre l’autre de sa bêtise et de la véracité de nos émotions et de nos propos. Nous sommes devenus des inconnus, des intrus. Je ne la désire plus, je la trompe, je le lui dis, elle réagit à peine, seulement pour dire qu’elle savait que ça allait arriver, qu’elle l’avait senti le jour de notre rencontre. C’est à n’y rien comprendre, elle salope même le jour de notre rencontre, juste pour se dire qu’elle avait raison, qu’elle aurait dû suivre ses intuitions, qui sont colorées par nos conditions de vie actuelles. Plus de retour en arrière, la rupture est imminente. Elle ne veut pas la provoquer. Elle attend que je la décide, comme j’ai décidé de venir vers elle lors de cette fête. Impossible de la quitter parce que je sens bien qu’il n’y aura aucune possibilité de retour en arrière.
Que devrais-je faire à votre avis ?
par Joéline Andriana | Juin 16, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Zina et j’ai trente ans. Il y a quelques mois, j’ai rencontré un homme via les sites de rencontres amoureuses. « Amoureuses » est un bien grand mot vu les pulsions sexuelles qui s’y meuvent. Consciente de cet état de fait après quelques semaines de dialogues, le plus souvent avortés, incompréhensibles… J’avais l’impression de n’attirer que des goujats. Serait-ce ma photo ? Pourtant, elle est assez simple. Elle me montre de face et de profil, un peu comme ces photos de gendarmes qui prennent vos empreintes après un délit. Sans sourire, si vous voyez ce que je veux dire. En pleine découverte de soi, d’essai d’attraction. Je reste moi-même, simplement malhabile, mal habituée à ces réseaux sociaux. Ces particularités se voient sûrement. Ce site semble le dernier recours pour une rencontre rapide afin de me sortir de la torpeur de ma solitude infinie et de cet ennui qui me fait comprendre qu’il faut que j’entreprenne une action.
Fabien est arrivé dans ma vie comme un cheveu sur la soupe. Il m’a attirée par sa taille, uniquement sa taille. Je souhaitais rencontrer un homme grand, de plus d’un mètre quatre-vingt-dix. Il ferait l’affaire afin de remplacer l’homme avec qui j’avais vécu plus de quatre ans et qui mesurait sa taille. Fabien a été un cadeau de la vie, non seulement il était grand, mais aussi policier national. Tout pour me sentir en sécurité, pensant honnêtement qu’il saurait me protéger contre toutes mes peurs, toute agression extérieure. Nous avons décidé de vivre ensemble rapidement, chez moi. C’était le meilleur moyen pour nous voir tous les jours sans avoir à nous préoccuper de savoir qui allait dormir chez qui, à quelle heure, en quelle compagnie… Par paresse, et parce que les préoccupations quotidiennes liées au travail, aux tâches ménagères, à nos enfants respectifs prenaient le dessus, nous n’avons pas trouvé de solution plus efficace pour continuer cette relation fougueuse, très sexualisée. Tellement sexualisée que Fabien me désirait tous les soirs au point de me harceler quand je le refusais, par simple fatigue. Au début, j’acceptais, et plus les jours et les semaines passaient, plus j’avais l’impression de m’être enfermée dans une relation inconvenante. J’essayais de lui livrer mon désarroi de la plus vilaine des manières. Je le poussais à faire le ménage, la cuisine en attendant que je revienne du travail en échange de ses demandes infinies du soir. Inconsciemment, nous nous sommes embourbés dans une incompréhension mutuelle intense. Je commençais à lui en vouloir de me toucher toujours de la même manière, avec insistance, avec brutalité parce qu’il ne prenait même plus la peine de passer par les préliminaires.
Nous avons fini par décider de faire chambre à part pour enfin nous séparer sous la violence des mots, des gestes, du malentendu lié à la perception différente de la sexualité, qui nous avait pourtant réunis. Je ne pouvais pas accepter qu’il ne m’écoute pas, qu’il n’écoute que ses propres pulsions en me prenant pour un objet de désir. Sa virilité en a pris un grand coup. Il me disait que se masturber alors qu’il était en couple était un échec. Il a fini par me menacer d’aller voir ailleurs. Frustré par mes refus, il se demandait si je l’aimais encore, s’il était encore attirant. Là n’était pas la question, la réponse demeurait dans cette difficulté de communication entre nous. Nous disions les mêmes mots, mais que nous ne définissions pas de la même manière. Il est devenu méprisant. J’ai fini par le détester.
Et vous, où en êtes-vous dans votre couple ?
par Joéline Andriana | Juin 9, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Élodie et j’ai trente-six ans. Je suis en couple depuis plus de dix ans avec un homme de trente ans. Nous avons une petite fille de sept ans. Lorsque j’ai rencontré Auguste lors d’un festival de musique, je me suis dit qu’il était temps d’envisager de fonder une famille. Je l’attire dans mes filets, avec toute la hardiesse inconsciente dont la femme que je suis fait preuve afin d’atteindre son but. Le sexe, il voulait du sexe, avec moi, il en aurait, en tout cas au tout début. Âgé d’à peine vingt ans, Auguste vivait encore chez sa mère et était en plein bac professionnel boulangerie. Il ambitionnait d’ouvrir sa propre affaire. Je l’ai trouvé si beau, si gentil et si plein d’énergie ! Non seulement j’ai vu en lui le futur père de mon enfant, mais aussi l’homme le plus obéissant du monde. Obéissant dans le sens à l’écoute, introverti, ne prévoyant aucune autre femme que moi dans son sillage. L’homme parfait, si proche de l’image que j’avais gardée de mon père. Alors que je méprisais la manière dont maman se comportait avec lui, je ne pouvais penser qu’à l’éventualité de faire une grosse partie de ma vie avec un homme qui lui ressemble.
Je me suis sentie si femme que j’ai déployé tous mes atouts infinis de féminité, de sensualité, de félinité. Avec Auguste, nous sommes devenus les meilleurs amants du monde. Tous les jours, matin et soir, nous faisions l’amour. Il ne se demandait pas si je prenais la pilule ou un contraceptif particulier, si j’avais fait des analyses sanguines afin de vérifier que je n’étais pas porteuse d’une maladie sexuellement transmissible. Moi, par contre, j’ai exigé de lui une visite chez le médecin, une prise de sang au laboratoire d’analyses du coin. Il s’est laissé guider. Il savait que c’était pour notre bien, ma sécurité psychologique. Il ne m’a posé aucune question sur mon passé. Ça m’arrangeait grandement.
Rapidement enceinte, dès le troisième mois de notre relation, il n’a pas paru surpris. Moi, par contre, j’ai pris peur, parce que, même si je prévoyais cette éventualité depuis le départ, je ne me suis pas sentie prête à être maman ni à anticiper un avenir rempli uniquement de la présence d’Auguste et de cet enfant. Je me suis sentie piégée, précipitée dans une prison affective. Je me suis posée quelques minutes, quelques heures, regardant ce test de maternité avec l’incertitude de pouvoir être à la hauteur. Des peurs ont pris le dessus. Nos relations sexuelles se sont estompées. Auguste ne comprenait pas. Malgré tout, il ne posait aucune question. Plus il venait vers moi, moins j’avais envie de lui. Je ne le désirais plus. J’avais eu ce que je voulais, j’étais enceinte. Le prévoir est une chose, le vivre en est une autre. J’ai perçu la vie tellement différemment que je me suis sentie douter. J’ai douté de sa capacité à être un bon père, de ma capacité à être une bonne compagne. Tout d’un coup, l’image de ma mère vociférant m’est venue en tête. Je n’allais pas devenir comme elle ! Certainement pas ! Pourtant, j’en prenais le chemin. J’ai donc tenté d’être plus douce, de vivre cette grossesse dans les meilleures conditions, acceptant toute l’aide d’Auguste pour m’accompagner aux rendez-vous médicaux. Je me suis décidée à vivre cela de façon plus agréable, même si j’ai fini par le voir comme un gamin sans virilité. Cette lumière qui avait été provoquée par mes impulsions et mes anticipations s’est éteinte non seulement dans mon regard, mais également dans les gestes d’Auguste. Nous sommes devenus des partenaires, de futurs parents, d’anciens amants en seulement quelques mois. Je savais pertinemment que c’est moi qui avais provoqué cette situation. Je nous ai condamnés à élever un enfant et à vivre ensemble à perpétuité. Hors de question d’envisager une séparation, nous devions rester à deux pour cet enfant. J’ai très mal vécu ma grossesse. Pas assez préparée psychologiquement, physiquement à recevoir ce petit bout.
Qu’en pensez-vous ?
par Joéline Andriana | Juin 5, 2019 | Cinéma
J’ai vu un film assez fascinant sur la vie d’un homme docteur en psychologie dans les années trente, aux États-Unis d’Amérique. William Moulton Marston, inventeur du détecteur de mensonges et de l’héroïne Wonder Woman. Sa vie me surprend infiniment. Entouré de deux femmes, de deux amours, l’une brune, forte, intense, dominante, brillante, pleine d’humour et baiseuse hors pair, et l’autre blonde, au cœur pur, étudiante, il s’évertue à cacher ces deux liaisons. Il s’entoure de plusieurs enfants tout en continuant à écrire et imaginer des personnages. Wonder woman est cette femme forte et héroïne à la fois, dans son désir d’attraper les criminels avec son lasso de vérité, incarnant également une marque de domination sexuelle de cette pratique qu’est le bondage.

La réalisatrice, Angela Robinson, s’est régalée en mettant en scène les trois acteurs et leur bonheur, leurs déboires, leur union, leurs séparations, leurs confrontations à la réalité et au jugement social, les contraintes du regard des autres et des conventions, posant au premier abord que la normalité n’existe pas. Elle use d’une grande liberté fantasmagorique basée sur une histoire vraie, avec des acteurs magnifiques et savoureux, des points de vue, dans tous les sens du terme, si empreints de réalité.
Pour qui se prennent certaines personnes pour juger les autres, dès lors que la famille sort des clous d’une famille traditionnelle, classique : une femme, un homme, des enfants ? C’est l’une des questions que pose ce film. Où se situe la normalité ? Se conformer aux lois est une chose, se plier aux attentes et validations sociales en est une autre. La liberté sexuelle se pose comme un fondement à ce triolisme détonant, plus encore, un amour infini indescriptible ou plutôt simplifié par les rôles définis pour chacun des personnages. Le désir sexuel, le sentiment amoureux sont si intimement liés qu’il est impossible pour la spectatrice que je suis de porter un quelconque jugement sur ce que fut la vie de cet homme, sa relation à ces deux femmes, l’affection incommensurable de femme à femme, l’attachement aux dogmes éducationnels des enfants. Deux mamans, un papa, et tout se passe au mieux, selon cet angle. Infiniment curieuse de savoir comment leurs enfants ont vécu cette passion humaine.
Il n’en reste pas moins que les valeurs morales insufflées par les parents en prennent un coup. La rencontre avec les autres déforme, incite à faire tomber des barrières, à étendre les limites des croyances liées au couple, à la famille, à la vie amoureuse. Souvent, il est possible d’entendre l’autre dire : « Jamais je ne te tromperai, je te quitterai avant que ça se produise. » Nous oublions fréquemment que nous sommes des êtres humains, doués et remplis d’émotions infinies, définissant ainsi notre inconstance. Les promesses, les engagements, les désirs de stabilité prennent le pas sur les impulsions, les frustrations possibles, en tout cas, au tout début d’une relation passionnelle. Le temps, les autres, les situations, les expériences de vie infinies s’immiscent et testent sans pitié les plus vulnérables, les plus empreints d’une insécurité affective qui date de la petite enfance.
Qu’en pensez-vous ?
par Joéline Andriana | Mai 16, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Trévor, j’ai quatorze ans. Je vis dans un village de moins de trois mille habitants. Mon père m’a offert une mobylette pour mes treize ans. Il avait à cœur de me voir prendre des initiatives et devenir autonome. Moins à ses basques pour me rendre au rugby, moins dans les jupons de maman les mercredis après-midi. Il avait hâte de retrouver la femme qu’est maman pour revivre des siestes crapuleuses. Les enfants, c’est bien, mais il faut s’en occuper. Trois enfants, c’est pire, il faut se sacrifier ! En tant qu’homme dans la pleine force de l’âge, papa ne voulait pas se soumettre au quotidien, aux tâches ingrates ! Papa aime faire l’amour à maman, et à aucune autre femme, enfin, je crois ! Il est sûr de pouvoir prendre son pied, de ne pas avoir de maladies sexuellement transmissibles, il est si confiant qu’il ne se pose pas de questions. Maman est plus craintive de reprendre une vie amoureuse et sexuelle avec mon père. Après mon petit frère, elle s’est fait plaisir en le chouchoutant, le gardant auprès d’elle, barrière ultime aux assauts de papa.
Second d’une famille de trois garçons, je fais office de pivot. Je sers maman au mieux, réponds présent pour papa pour des petits services ménagers, mécaniques. Je leur dois bien ça ! En tout cas, c’est ce que j’entends souvent à la maison : « Après tout ce qu’on a fait pour vous ! » J’ai pris cette expression au pied de la lettre. Je pense que je les aime, que je déteste mon frère aîné et que j’adore le plus jeune. J’aime surtout ma voisine. Une trentaine d’années peut-être, elle vit chez sa mère. Je ne l’ai jamais vue avec un homme. Peut-être se réserve-t-elle pour moi ? On ne sait jamais. Lorsque je la croise, elle me sourit, d’un sourire large et avenant, montrant l’ensemble de ses dents très blanches et très bien rangées. Elle se plaît à me faire un coucou de la main droite et à me lancer « Hé, bonjour Trévor ! » Je n’ai jamais su quoi lui répondre, intimidé, préoccupé par l’envie de la baiser. Baiser comme dans ces films érotiques qui passent sur la sixième chaîne le dimanche soir tard. Ryan m’a fait découvrir cette émission. Un lundi matin, je l’ai vu plus fatigué que d’habitude. En classe de CM2 tous les deux, il nous révélait qu’il avait dormi à une heure et demie du matin. Il s’amusait à nous donner tous les détails sexuels, sensuels, des nichons et des gémissements provoqués par le mec. Il insistait sur les nichons. Dès lors, je me suis attelé à répondre présent à cette émission. Des années durant, des images m’ont poursuivi, celles de cette actrice mélangées aux miennes en train de prendre ma voisine par-derrière, l’embrassant dans le cou et ne sachant pas exactement comment procéder pour qu’elle crie à son tour. Je supposais que c’était très bon, en érection, touchant mon sexe de petit garçon.
Et puis, tout s’est accéléré en sixième, en cinquième avec les cours sur les règles, sur les spermatozoïdes en sciences de la vie et de la terre. Je cherchais des informations sur internet. Des vidéos très explicites, plus hard que celles perçues en primaire. Je visionnais ces films tout seul, discutant et rigolant avec Ryan et Tom de ces scènes de fous. La manière dont les hommes utilisaient ces femmes pour exploser de plaisir. C’est donc comme ça que papa faisait avec maman ? Je comprenais mieux qu’il veuille une autonomie précoce ! Les vidéos, c’est bien, mais je n’avais à ma portée aucune autre matière que mon sexe.
Un jour, passant devant le linge étendu de ma voisine, une impulsion s’est emparée de moi. De ma mobylette, j’ai arraché l’une de ses culottes, la déchirant tellement elle était accrochée sur le fil avec la pince. Je me suis vu et ressenti le faire, sans hésitation, mais avec une honte entendue lorsque je me suis aperçu, revenu chez moi, dans ma chambre, que cette culotte appartenait à sa mère, presque obèse et vieille d’une soixantaine d’années. La gêne, l’espoir que personne ne m’ait vu se sont emparés de moi. Il fallait dans la seconde me débarrasser de cette preuve de désinvolture extrême et infinie. Je l’ai brûlée avec la même précipitation et la même adrénaline que lors de son arrachage. Je me suis trouvé si bête et stupide que cet événement est resté secret ! Personne ne doit savoir, personne !
Et vous, avez-vous des secrets inavouables ?
Cet article est inspiré de mon ouvrage : Les filles touchent l’eau et les garçons voient une étoile filante.
par Joéline Andriana | Avr 29, 2019 | Psychologie
Mon héros d’aujourd’hui, c’est mon ostéopathe. C’est le mien, oui ! Il s’appelle Alain et il est d’une gentillesse incommensurable ! Il y a quatre semaines, j’ai été submergée par une émotion très lourde : la solitude. Mon meilleur ami a décidé de chercher l’amour de sa vie. Il m’a laissée seule avec un vide immense. Avant de sortir du travail, qui m’a envahie d’un stress venu d’ailleurs, je me suis relâchée, en mode automatique. J’ai soulevé un fauteuil et mon dos a crié une douloureuse et dangereuse cassure que je n’ai évidemment pas prise au sérieux. Je suis sportive, je fais du sport une heure par jour, je mange sain, je suis dynamique, je suis curieuse et surtout très solide. C’est ce que je pensais jusqu’à ce que je ne puisse plus m’asseoir sur mon canapé avec aisance. J’ai eu mal et j’ai persisté à demeurer comme une plante face à la télévision pour tenter d’oublier tout ce marasme émotionnel. Au lit, un antalgique et une bonne nuit de sommeil, et tout serait réglé. Ça s’est réglé ! Le lendemain, je pouvais me lever comme à vingt ans, avec la possibilité infinie de ne rien faire de la journée. Dimanche, j’ai envisagé d’user ma liberté à me laisser porter par les heures. Après tout, j’étais en droit de continuer à ne rien faire. Aucun témoin de ce que je ne fais pas. Mon corps se soulage de cette inactivité. Je décide alors de continuer à faire doublement du sport afin d’évader mon esprit dans la nature. Deux heures de vélo et deux heures de marche ! Tout pour bien réveiller mon dos vers un traumatisme entamé ! J’ai pensé avec bêtise que faire de l’exercice à outrance allait éliminer toutes mes souffrances. Pendant la pratique sportive, c’était le cas, après, ça l’était beaucoup moins.
Je ne comprenais pas. Je savais d’où venait ce mal-être et j’avais décidé de le garder pour moi, de le minimiser, de lâcher prise sur mon amitié sincère en rompant la relation. Mais j’ai plutôt provoqué la rupture de mon corps, l’inclination volontaire et obsessionnelle de mon dos ! Dans une seconde étape, j’étais déterminée à le résoudre toute seule comme une grande, par l’écriture… Rien n’a marché dans le sens d’une guérison. Il a fallu que je me rende à l’évidence, je devais en parler à la personne concernée, que je lui avoue à quel point je tenais à elle et qu’elle me manquait terriblement. Dans une troisième étape, mon meilleur ami m’a persuadée d’aller trouver un ostéopathe. C’était la troisième semaine d’une souffrance qui m’a fait me pencher en avant et à gauche ! La catastrophe ! J’avais des a priori sur les ostéos, ces manipulateurs qui font craquer les os des vertèbres et qui se frottent les mains de l’apparition d’un symptôme plus grave.
Ça y est, j’y suis ! Je me laisse faire ! C’est lui le spécialiste ! Qu’il fasse ce qu’il veut de mon corps, tant qu’il me dégage de cette agonie ! Il est jeune, prêt à en découdre avec ce syndrome complexe. Les termes techniques abondent, les éléments se précisent, il me demande d’inspirer, d’expirer et craque ! Il me tord à droite, à gauche et craque à nouveau ! Je crie non pas de douleur mais d’effroi ! Il pose ses doigts sur ces zones telles que le psoas et le grand fessier, aïe, il me fait mal, mais il a vraiment l’air de connaître son boulot ! Ses gestes sont sûrs et en plus, il tient compte sans conteste de mon avis, de mes émotions et de mes peurs ! Trop bien ! Mieux qu’un psy, j’ai trouvé ! J’ai pu pleurer, en plus, il a su me dire que c’était normal, parce que ce qui me bloquait était véritablement émotionnel !
Aujourd’hui, mon héros, c’est mon ostéo ! Dès sa première intervention, le calvaire a pris fin. Je marche au mieux, je suis obligée de continuer à travailler, mais je sais que mon état s’améliore. Une seconde visite et des conseils pour m’étirer m’ont évité de prendre des tonnes d’antalgiques et d’anti-inflammatoires !
Mon corps a dit stop, je devais ralentir et me poser les bonnes réponses… non, non, plus de questions ! Que des réponses infinies et des inspirations qui me correspondent ! Et j’accepte mon meilleur ami tel qu’il est, j’accepte qu’il puisse se pencher sur une autre que moi ! À bat la jalousie, à mort la possessivité ! Dehors les tendances abandonniques… Je vis au jour le jour et je fais confiance à notre amitié, à la vie !
Et vous, qui est votre héros du jour ?
par Joéline Andriana | Avr 15, 2019 | Cinéma
Je viens de voir un film que l’on nomme d’action et fantastique américain : Captain Marvel. J’avoue que ce n’est pas mon genre habituel de film. J’ai pu visionner des Harry Potter pour coller au souhait d’une amie, ma chère amie, regarder tout Harry Potter en une après-midi avec un cher amour, me retrouver face au grand écran pour un Captain America : Civil War avec une bande de copains, découvrir Avatar avec mes chers neveux, m’inonder du monde insoluble d’Aquaman avec mon meilleur ami. Et tous ces films n’ont présenté que des héros masculins.
Je fonce seule dans les salles obscures dès que je sais qu’une femme prend la place principale du héros, un peu comme Wonder Woman. J’ai adoré ce film, moins ce que le scénario montre comme une faiblesse : la théorisation et non l’expérimentation du sexe, nous découvrons donc une héroïne hyper magnifiée vierge et ignorante du sentiment d’amour pour la gent masculine. Pourquoi pas, ça n’enlève rien à la splendeur des images.
Vers (prononcez Verse), dite Carole, dans Captain Marvel, n’a plus toute sa tête ! Amnésique, des flashs de son passé habillent son sommeil. Elle est dirigée par un mentor bel homme plus âgé qui lui demande de contrôler ses émotions et qui, dit-il et réclame-t-il à deux reprises, veut tirer la meilleure version d’elle-même ! Ah, voilà encore une héroïne qui se fait mener par les sentiments par un homme qui veut faire d’elle une combattante hors pair. C’est rigolo parce que lors de mon branding, un mot bien anglais pour signifier mon image de marque, cette idée d’accéder à la meilleure version de soi-même m’a été proposée avec vigueur par Riad Kacim, coach digital. J’ai beaucoup aimé. Et au et à mesure, je vois, j’entends cette expression utilisée par une publicité et déployée tous azimuts par les journalistes, les magazines. Ça détend, ça rassure, je suis dans l’air du temps. Ouf ! Merci Riad ! C’est bon d’être accompagnée par des jeunes, et tout particulièrement une jeunesse qui sait ce qu’elle veut et met tout en œuvre pour l’obtenir ! Voilà, je voulais parler du film et je rends hommage à Riad. Les associations d’idées fonctionnent plein pot chez moi !
Tout ça pour prendre conscience que d’infinies étoiles s’alignent pour créer un univers bien à moi, et à Riad ! Vous savez que je ne l’ai jamais vu en vrai ? Vous savez que nous avons pour mission de nous rencontrer avant la date anniversaire de notre premier contact ? Il me semble que c’est fin juillet. Comment va se dérouler cette rencontre ? J’en souris. Il y a encore quelques années, je n’aurais jamais imaginé travailler avec une personne inconnue, et maintenant, je découvre que ce qui prime, c’est la personne compétente, de talent et qui plus est bienveillante. C’est chouette de travailler dans ces conditions. J’espère que cet article nous portera chance, cher Riad, j’espère qu’il nous conduira vers d’infinies possibilités encore plus vastes que ce qu’on n’a pas encore osé imaginer.
Riad, tu es celui qui me révèle, qui ouvre les portes à des univers que je n’aurais jamais pensé exploiter. Merci pour ça ! Et qu’Anna Boden et Ryan Fleck, les deux réalisateurs de Captain Marvel, tiennent bon, nous les rejoignons, prêts à dépasser toutes créations coûteuses !
Et vous, avec qui vous associez-vous pour valider vos plus belles aspirations ?
par Joéline Andriana | Avr 1, 2019 | Cinéma
Voilà un film magnifique qui soulève des sujets sociaux en Inde et sur les femmes. L’homosexualité, la place des femmes dans le monde du travail, des affaires, de la chanson, de la photographie, de l’art, du cinéma, et dans la culture indienne. Des thématiques telles que le métissage, le mariage, le rôle de mère, le viol, le suicide, le meurtre, l’amitié, les rivalités liées aux aspirations de chacune. Des émotions telles que la colère, la joie, la haine, l’injustice, la solidarité et bien évidemment l’amour sous toutes ses formes s’inscrivent avec brio dans ce tournage sans fautes.
Les visages, les mains, les lèvres, les cheveux, les lumières, les ombres, les prises de vue découvrent avec intelligence chacune des protagonistes, chaque situation, chaque événement. Le message d’espoir, la recherche du sens de la vie, à savoir comment la remplir pour qu’elle soit plus que satisfaisante, pour se sentir heureux. Cela implique de la difficulté, des épreuves afin de déjouer des lois qui ne ressemblent en aucun cas au profil de ces femmes. Elles sont sublimées, le scénario tient en haleine, on ne s’ennuie jamais.
Tellement de choses dans ce film me fascinent. Des mots tels que « c’est prodigieux, c’est extraordinaire… trop fort… qu’est-ce que j’aimerais réaliser un film de cette hauteur ! » Juste pour dire que j’ai adoré du début jusqu’à la fin, au point de penser pouvoir sentir chacune des odeurs de chaque scène, transportée par les musiques et les sons métissés, mixés avec une harmonie infinie.
Je suis heureuse de cet hommage fait aux femmes. Merci à Pan Nalin pour ce moment magique et somptueux. Les actrices sont choisies avec génie. Quel talent fou ! Comment n’ai-je pas eu accès à ce bijou plus tôt ? Je vous le recommande vivement. C’est une belle inspiration qui m’amène à penser que les émotions infinies qui nous animent sont la clé de tout partage.
D’ailleurs, cela m’inspire d’autant plus que ce film symbolise cet ancrage qui fait sens en moi, qui est que chacun d’entre nous peut vivre ses rêves, que tout est possible parce que nous sommes habités par des ressources infinies. Qui que vous soyez, quelle que soit la voie choisie, la réussite peut être au rendez-vous. Il suffit que vous le vouliez, il s’agit que vous l’actionniez, que l’audace soit une évidence, que les décisions soient prises. L’unique risque, c’est le succès.
Et vous, avez-vous un rêve ? Un film vous inspire-t-il au point de ressentir en vous cette énergie et ce sentiment qui vous emballent et vous signifient qu’il est temps, que c’est votre tour ?