L’amour ouf ! Avec Malik Frikah et Mallory Wanecque, François Civil et Adèle Exarcopoulos (2024).
Ce film m’a rappelée à mes souvenirs d’adolescence, les sensations du premier amour, l’ignorance avec laquelle j’ai dû traverser les tornades de la passion, du non-choix, de l’inconscient… j’ai aimé ces deux adolescents dans leur union et leurs différences. Toute cette violence familiale qui se prolonge dans les relations fraternelles et amicales, et surtout cette alliance avec le diable m’ont bouleversée. Un risque grandiloquent pour celui qui ne vise que les ténèbres de l’argent, au détriment de l’amour et de la paix.
Entre injustice et espoir, ce film renvoie à nos failles les plus profondes. Il m’a permis de me poser à nouveau la question du sens de ma vie, du sens de mes amours, de mes amitiés.
Ruben, incarné par Riz Ahmed, dans ce film, a l’espoir de recouvrer l’ouïe et il fait tout ce qu’il est nécessaire pour avoir l’argent et le temps nécessaire à l’opération chirurgicale, qui n’est pas sans danger, et sans risque.
Tenter de retrouver ce qu’il a perdu pour se sentir mieux, ou retrouver l’ouïe, pour continuer sa vie d’avant. Au moment du rendez-vous de mise en action de l’implant, Ruben entend à nouveau, mais différemment… Il doit s’habituer aux bruits de métal qui sous-tendent les voix et les sons environnants… ses yeux larmoyants sont mitigés d’un sentiment de soulagement et de surprise de ne pas entendre comme avant, de façon normale, avec ses deux cicatrices derrière les oreilles, les prises et les fils qui le relient au monde extérieur.
« Ce ne sera plus jamais comme avant ! » Voilà ce que découvre ce film. Ce que tu as perdu, tu l’as vraiment perdu, ce que tu as vécu dans le passé restera dans le passé… quoi que tu fasses, c’est comme ça… lorsque la nostalgie ou la mélancolie l’emportent, il est important de prendre clairement conscience de cet aspect irréversible de la vie.
Et c’est aussi pour ça que j’écris. Vous savez, j’ai quelques signaux physiologiques, tout comme le personnage Ruben. Ils m’alertent aujourd’hui contre toute tentative de destruction ou d’auto-destruction, ou toute tentative d’aller plus vite que la musique, toute tentative de ne pas m’écouter, d’aller à l’encontre de ce que je suis. Ils sont plus forts quand je me bouscule trop, quand je ne me repose pas assez, ils sont apparus pendant cette période d’épuisement psychologique et physique, à tenter de tenir bon une vie trépidante et à courir après des mirages, en m’entourant de gens douteux.
Ce quatrième volet d’article en lien avec ce film Sound of metal, termine de dévoiler une partie de ma vie, la dernière grande épreuve que j’ai dû endurer et surmonter.
Et vous, quand tout change, que faites-vous ? Vous tentez de vivre comme avant ou vous changez pour vous adapter à ce changement ?
Mes ouvrage intitulés Organique et Jouer à ne pas mourir : le burn-out symbolisent une infime partie de ce que j’ai dû endurer, de deuil et de regrets, avec cette volonté de toujours trouver une solution pour me retrouver, pour continuer avec mes fondamentaux, pour continuer une vie pleine de mes valeurs, rejoignant ainsi l’un des moyens par lequel je passe pour mettre en avant mes conférences.
Parce que j’ai vécu trop longtemps en situation d’urgence, aujourd’hui, je me dis que j’ai bien le temps d’atteindre mes objectifs, en étant et en faisant un peu chaque jour ce que je suis et ce que je me sens capable de faire, en apprenant chaque jour.
Les trois articles précédents sont à retrouver via ces liens:
Le sentiment d’abandon, la recherche d’un paradis, ou d’une paix intérieure contrastant avec la course infinie du temps et du monde est l’un des sujets abordés dans le deuxième article consacré à ce chef d’œuvre cinématographique.
Le geste de l’acteur Riz Ahmed pour déterminer cette course folle, les doigts de ses deux mains tournant sur eux-mêmes m’ont profondément touchée. La réponse de Joe sur le fait que Ruben se comporte comme un drogué m’a aussi alertée.
Parce qu’il m’est arrivé de tout perdre pour une chimère de possession encore plus grandiloquente, tout perdre pensant que le temps était contre moi, parce qu’il était temps de s’accomplir d’une manière différente, je comprends de façon aigüe ces notions. Partagée entre l’attitude de Joe et de Ruben, je comprends tout d’un coup que de doser ces deux caractéristiques personnelles est indispensable à ma survie, à la continuité de ma vie, telle que je l’entends et que je la prévois.
Ruben veut absolument recouvrer l’ouïe, il se fait opérer et se fait mettre un implant cochléaire. Il triche, et va à l’encontre des règles de la communauté instaurée par Joe. Il appelle un cabinet de chirurgie grâce à un téléphone qui retranscrit visuellement les mots de l’interlocuteur, il reprend possession de son camping-car et vend son matériel musical et ce même camping-car. Il perd tout ce qui fait son cocon pour espérer avoir ce qu’il avait perdu : l’ouïe.
Mais durant toutes ses démarches, le monde de Lou continue aussi à tourner. Le monde n’est plus comme il a dû le laisser, pendant cette recherche de sérénité et de résilience. Faire avec ce qu’il n’a plus, faire autrement, en apprenant la langue des signes, en entrant en contact et en relation avec les autres, en enseignant ce qu’il sait faire. Apprivoiser les sons autrement, d’une manière à ce que ce ne soit plus un handicap mais une vraie force.
Je rapproche cet épisode avec le mien, ce burnout dont j’ai souffert pour la seconde fois, non plus en me disant qu’il fallait que je continue de la même manière pour sauver mon ego et mon âme, mais en lâchant tout ce qui a fait de moi une zombie et une machine à faire le bien, avec force et tracas.
Oui, parce que j’ai dû me rendre à l’évidence, il fallait que je change d’orientation, que j’abandonne tout ce que j’avais pensé construire, grâce aux crédits bancaires. J’ai dû me libérer de tous ces carcans matérialistes, et revenir à l’essentiel : l’amour de soi, des autres, en dehors du cabinet.
J’ai toujours su qu’écrire était un moyen pour moi de me libérer, de trouver une sérénité certaine, tout en partageant mes émotions et mes sentiments. Et il m’a fallu emprunter le pseudonyme de Andy Marks-Amstrong pour me cacher et scinder les deux univers : le cabinet et la publication. Il m’a fallu des années pour prétendre sortir de cette aliénation que j’étais la seule à former et à garder.
Aujourd’hui, je n’en ai plus besoin parce que ma mission est bien plus grande que moi. Cette mission est de contribuer aux bienfaits de l’humanité, de suggérer qu’il est possible d’accéder à ses infinies possibilités, grâce aux technologies actuelles.
Vous me suivez ? Vous êtes prêt à vous libérer de vos chaines ?
Ce qui me touche le plus dans ce film, c’est la volonté et surtout l’instinct de survie des personnages incarnés par Riz Ahmed et Olivia Cooke.
Dans ce film, ils s’entraident, font des tournées musicales d’un autre genre. Le sentiment d’abandon est omniprésent. Ce sentiment que beaucoup ressentent, que je peux ressentir de temps à autre. Vis-à-vis de ma mère, de ma famille. Ce sentiment de devoir m’en sortir toute seule, de ne rien devoir à personne, de ne rien demander à personne, sous peine de déception ou de chagrin.
Ce sentiment d’abandon, je l’ai apprivoisé, en écrivant, en disant les choses aux personnes concernées, et finalement en continuant mon propre chemin. Parce que comme Joe, incarné par Paul Raci, j’ai trouvé mon paradis, ma sérénité,dans l’écriture et le silence, dans ces moments que je m’offre, cette place que je me donne dans ce monde.
Le sentiment d’abandon est monstrueux, je pense que toutes les personnes reçues dans mon cabinet l’ont ressenti un jour, et ont tenté de s’en dépatouiller, soit par fatalité soit par besoin. J’ai fini par dire à certaines d’entre elles, adultes : « Vous n’êtes plus un bébé, plus une enfant, vous n’êtes plus une adolescente… Ne donnez plus à personne le droit de vous abandonner… Vous seule avez cette possibilité, alors maîtrisez-la… » Ou « Vous n’êtes pas un animal domestique que l’on peut abandonner dans la rue… Vous êtes une personne douée d’émotions et de sentiments, de conscience et d’un instinct de survie, que vous ne soupçonnez même pas… »
Alors, reprenez-vous… Déconstruisez ce sentiment, jouez de cette régression émotionnelle pour bâtir petit à petit chaque étape de reconstruction, de construction personnelle, affective… Évaluez toute la force, le courage et la ténacité dont vous avez fait preuve pour surmonter chaque épreuve, qui ont dû vous laisser croire que vous étiez sur le carreau…
Je sais, c’est facile à dire ou à écrire, mais c’est tellement bon de ressentir cette force de la de vie et de résilience. J’en ai fait la triste et amère expérience, je continuerai certainement à le revivre, mais avec moins de poids et d’écrasement émotionnel, avec moins d’intensité et avec plus rebond en moins de temps qu’il n’en faut.
Je vous souhaite tellement de bien…
Mes ouvrages intitulés De la folie pure etOrganique sont ici à l’honneur, ils renvoient à cette volonté de surmonter tous les obstacles, avec un entourage choisi et chaleureux.
Voici les autres articles qui complètent cette saga.
Ah ! le tyran ! Ah l’ignorance ! Il y aurait tant à dire sur ces deux thématiques… deux notions ?
Des tyrans, j’ai connu…Des personnes qui imposent leur savoir et leurs connaissances, j’ai connu… Des gens qui pensent savoir et qui le proclament, j’ai aussi connu… Et je vous avoue que c’est chiant… Moi qui ai fait plus de dix ans d’études avec pour ligne directrice la psyché humaine, moi qui ai exercé la plupart des théories apprises auprès de l’être humain, il m’arrive encore de douter, de me poser des questions sur ce que je pense savoir…
Alors, je continue à lire, à m’informer, dans les livres particulièrement, à vérifier ce qui est propagé sur les réseaux, sur la toile et à m’en faire un avis qui entre de plain-pied dans la manière dont je ressens les choses et dont je souhaite percevoir le monde.
Mon histoire, mes valeurs et mon éducation sont le socle de cette connaissance, m’empêchant de me laisser porter par quiconque souhaite manipuler mes attitudes et mes comportements, ma manière de penser, de m’exprimer. Parce que j’ai travaillé la confiance en moi, parce que je sais qui je suis, je suis en capacité de réfléchir en prenant une grande distance.
Parce que je suis hypersensible, je sais ce qui est bon pour moi. Alors j’y vais. Je sais qui je suis et je peux me faire confiance. Je sais, alors j’ai des repères sûrs.
Oui l’ignorance est un tyran, elle fait mal, elle est douloureuse, elle fait perdre les pédales…
Vous connaissez-vous assez pour ne pas subir cette tyrannie ?
« On pouvait appeler M. Myriel (évêque de Digne) à toute heure au chevet des malades et des mourants. Il n’ignorait pas que là était son plus grand devoir et son plus grand travail. Les familles veuves ou orphelines n’avaient pas besoin de le demander, il arrivait de lui-même. Il savait s’asseoir et se taire de longues heures auprès de l’homme qui avait perdu la femme qu’il aimait, de la mère qui avait perdu son enfant. Comme il savait le moment de se taire, il savait le moment de parler. Ô admirable consolateur ! il ne cherchait pas à effacer la douleur par l’oubli, mais à l’agrandir à la dignifier par l’espérance. Il savait que la croyance est saine. Il cherchait à conseiller et à calmer l’homme désespéré en lui indiquant du doigt l’homme résigné, et à transformer la douleur qui regarde une étoile. »
« Comme il savait le moment de se taire, il savait le moment de parler. »
Victor Hugo, Les misérables.
Nous pouvons dire que c’est une véritable qualité qui est recherchée depuis toujours. Quand et avec qui avez-vous eu la sensation d’être écouté, compris et accepté tel que vous êtes, dans votre douleur, votre souffrance ?
Je suis encline à entrer en relation avec ce genre de personnes, attentionnées et présentes, quel que soit les circonstances. Et je vous avoue que c’est très rare. A la fois parce que les contraintes de la vie quotidienne prennent le dessus et parce que les individus ne sont plus curieux de façon saine de l’autre, de son bien-être…
Je suis également encline à entrer dans la peau de cette personne attentive et à l’écoute des miens, de mes proches et de mes connaissances. Je sais que c’est essentiel, je sais que c’est important de nouer des relations de proximité, de confiance… Je le sais que trop…
Je sais aussi qu’il n’est pas aisé d’entrer dans la peau de cette personne attentionnée. Cela demande énormément d’altruisme, ou plus que ça, de l’amour tout simplement pour soi et pour la personne avec qui on est en contact.
Comment faire pour ne pas tomber dans le pathos lorsqu’une personne vous expose ses problématiques, ses inquiétudes et ses angoisses ? En étant juste là et en la responsabilisant sur ses potentialités et ses capacités de rebondir.
C’est en l’écoutant que vous saurez la rassurer. Bien évidemment, cela demande de l’expérience et beaucoup d’abnégation… de l’intérêt pour l’humanité.
Une passation du pouvoir d’être bien et de faire le bien…
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