Ce qui me touche le plus dans ce film, c’est la volonté et surtout l’instinct de survie des personnages incarnés par Riz Ahmed et Olivia Cooke.
Dans ce film, ils s’entraident, font des tournées musicales d’un autre genre. Le sentiment d’abandon est omniprésent. Ce sentiment que beaucoup ressentent, que je peux ressentir de temps à autre. Vis-à-vis de ma mère, de ma famille. Ce sentiment de devoir m’en sortir toute seule, de ne rien devoir à personne, de ne rien demander à personne, sous peine de déception ou de chagrin.
Ce sentiment d’abandon, je l’ai apprivoisé, en écrivant, en disant les choses aux personnes concernées, et finalement en continuant mon propre chemin. Parce que comme Joe, incarné par Paul Raci, j’ai trouvé mon paradis, ma sérénité,dans l’écriture et le silence, dans ces moments que je m’offre, cette place que je me donne dans ce monde.
Le sentiment d’abandon est monstrueux, je pense que toutes les personnes reçues dans mon cabinet l’ont ressenti un jour, et ont tenté de s’en dépatouiller, soit par fatalité soit par besoin. J’ai fini par dire à certaines d’entre elles, adultes : « Vous n’êtes plus un bébé, plus une enfant, vous n’êtes plus une adolescente… Ne donnez plus à personne le droit de vous abandonner… Vous seule avez cette possibilité, alors maîtrisez-la… » Ou « Vous n’êtes pas un animal domestique que l’on peut abandonner dans la rue… Vous êtes une personne douée d’émotions et de sentiments, de conscience et d’un instinct de survie, que vous ne soupçonnez même pas… »
Alors, reprenez-vous… Déconstruisez ce sentiment, jouez de cette régression émotionnelle pour bâtir petit à petit chaque étape de reconstruction, de construction personnelle, affective… Évaluez toute la force, le courage et la ténacité dont vous avez fait preuve pour surmonter chaque épreuve, qui ont dû vous laisser croire que vous étiez sur le carreau…
Je sais, c’est facile à dire ou à écrire, mais c’est tellement bon de ressentir cette force de la de vie et de résilience. J’en ai fait la triste et amère expérience, je continuerai certainement à le revivre, mais avec moins de poids et d’écrasement émotionnel, avec moins d’intensité et avec plus rebond en moins de temps qu’il n’en faut.
Je vous souhaite tellement de bien…
Mes ouvrages intitulés De la folie pure etOrganique sont ici à l’honneur, ils renvoient à cette volonté de surmonter tous les obstacles, avec un entourage choisi et chaleureux.
Voici les autres articles qui complètent cette saga.
Ah ! le tyran ! Ah l’ignorance ! Il y aurait tant à dire sur ces deux thématiques… deux notions ?
Des tyrans, j’ai connu…Des personnes qui imposent leur savoir et leurs connaissances, j’ai connu… Des gens qui pensent savoir et qui le proclament, j’ai aussi connu… Et je vous avoue que c’est chiant… Moi qui ai fait plus de dix ans d’études avec pour ligne directrice la psyché humaine, moi qui ai exercé la plupart des théories apprises auprès de l’être humain, il m’arrive encore de douter, de me poser des questions sur ce que je pense savoir…
Alors, je continue à lire, à m’informer, dans les livres particulièrement, à vérifier ce qui est propagé sur les réseaux, sur la toile et à m’en faire un avis qui entre de plain-pied dans la manière dont je ressens les choses et dont je souhaite percevoir le monde.
Mon histoire, mes valeurs et mon éducation sont le socle de cette connaissance, m’empêchant de me laisser porter par quiconque souhaite manipuler mes attitudes et mes comportements, ma manière de penser, de m’exprimer. Parce que j’ai travaillé la confiance en moi, parce que je sais qui je suis, je suis en capacité de réfléchir en prenant une grande distance.
Parce que je suis hypersensible, je sais ce qui est bon pour moi. Alors j’y vais. Je sais qui je suis et je peux me faire confiance. Je sais, alors j’ai des repères sûrs.
Oui l’ignorance est un tyran, elle fait mal, elle est douloureuse, elle fait perdre les pédales…
Vous connaissez-vous assez pour ne pas subir cette tyrannie ?
« On pouvait appeler M. Myriel (évêque de Digne) à toute heure au chevet des malades et des mourants. Il n’ignorait pas que là était son plus grand devoir et son plus grand travail. Les familles veuves ou orphelines n’avaient pas besoin de le demander, il arrivait de lui-même. Il savait s’asseoir et se taire de longues heures auprès de l’homme qui avait perdu la femme qu’il aimait, de la mère qui avait perdu son enfant. Comme il savait le moment de se taire, il savait le moment de parler. Ô admirable consolateur ! il ne cherchait pas à effacer la douleur par l’oubli, mais à l’agrandir à la dignifier par l’espérance. Il savait que la croyance est saine. Il cherchait à conseiller et à calmer l’homme désespéré en lui indiquant du doigt l’homme résigné, et à transformer la douleur qui regarde une étoile. »
« Il savait que la croyance est saine. Il cherchait à conseiller et à calmer l’homme désespéré en lui indiquant du doigt l’homme résigné, et à transformer la douleur qui regarde une étoile. »
Les misérables, Victor Hugo.
La croyance est saine oui. L’espoir fait vivre oui. En tant qu’humains, nous avons quelque part le devoir de croire en nous, en l’humanité. Nous avons le pouvoir de transformer les déboires en sources de bienfaits. Nous avons le droit d’ambitionner de toucher la lune tout en nous contentant des étoiles.
La douleur est le sentiment le plus difficile à évacuer, à gérer. Quand nous avons mal, nous avons le réflexe de fermer la plaie à tout prix, à la taire, à l’étouffer pour ne plus ni la voir, ni l’entendre ni la ressentir… Pourtant, il semble salutaire de la manipuler, en l’acceptant et en l’expliquant surtout. La déconstruire pour la rendre plus insensible, se désensibiliser pour la rendre plus belle et plus construite. Pas de fatalité… Surtout pas, parce que cela risque de nous tuer… Pas de sentiment d’impuissance parce que ça risque de nous détruire…
Bien-sûr, nous avons le droit de souffrir… L’idée ici est d’exprimer cette souffrance… l’évacuer… la remplacer et non la compenser… La remplacer par cette croyance saine, en une émotion plus paisible et viable, en l’espoir d’un jour meilleur…
« On pouvait appeler M. Myriel (évêque de Digne) à toute heure au chevet des malades et des mourants. Il n’ignorait pas que là était son plus grand devoir et son plus grand travail. Les familles veuves ou orphelines n’avaient pas besoin de le demander, il arrivait de lui-même. Il savait s’asseoir et se taire de longues heures auprès de l’homme qui avait perdu la femme qu’il aimait, de la mère qui avait perdu son enfant. Comme il savait le moment de se taire, il savait le moment de parler. Ô admirable consolateur ! il ne cherchait pas à effacer la douleur par l’oubli, mais à l’agrandir à la dignifier par l’espérance. Il savait que la croyance est saine. Il cherchait à conseiller et à calmer l’homme désespéré en lui indiquant du doigt l’homme résigné, et à transformer la douleur qui regarde une étoile. »
« Comme il savait le moment de se taire, il savait le moment de parler. »
Victor Hugo, Les misérables.
Nous pouvons dire que c’est une véritable qualité qui est recherchée depuis toujours. Quand et avec qui avez-vous eu la sensation d’être écouté, compris et accepté tel que vous êtes, dans votre douleur, votre souffrance ?
Je suis encline à entrer en relation avec ce genre de personnes, attentionnées et présentes, quel que soit les circonstances. Et je vous avoue que c’est très rare. A la fois parce que les contraintes de la vie quotidienne prennent le dessus et parce que les individus ne sont plus curieux de façon saine de l’autre, de son bien-être…
Je suis également encline à entrer dans la peau de cette personne attentive et à l’écoute des miens, de mes proches et de mes connaissances. Je sais que c’est essentiel, je sais que c’est important de nouer des relations de proximité, de confiance… Je le sais que trop…
Je sais aussi qu’il n’est pas aisé d’entrer dans la peau de cette personne attentionnée. Cela demande énormément d’altruisme, ou plus que ça, de l’amour tout simplement pour soi et pour la personne avec qui on est en contact.
Comment faire pour ne pas tomber dans le pathos lorsqu’une personne vous expose ses problématiques, ses inquiétudes et ses angoisses ? En étant juste là et en la responsabilisant sur ses potentialités et ses capacités de rebondir.
C’est en l’écoutant que vous saurez la rassurer. Bien évidemment, cela demande de l’expérience et beaucoup d’abnégation… de l’intérêt pour l’humanité.
Une passation du pouvoir d’être bien et de faire le bien…
Le dialogue de fin de série entre l’inspecteur Javert (J) et Jean Valjean (JVJ) m’a interpellée dans la vraisemblance entre ces deux personnages, des valeurs acquises par l’un et apprises par l’autre.
Entendez, ou plutôt lisez ce moment d’échange dans ce carrosse qui devrait mener Jean Valjean en prison :
JVJ. Emmenez-moi chez moi quelques minutes seulement. Ensuite, vous ferez de moi ce que vous voulez.
J. Très bien, allons-y. Ce jeune homme, était-ce quelqu’un de particulièrement proche ? Était-il cher à votre cœur ?
JVJ. Bien au contraire, car s’il s’en sort, il aura pour dessein de me priver de mon unique bonheur.
J. Mais alors pourquoi ? Vous êtes donc fou ?
JVJ. Non, je ne crois pas. Et vous ?
La rencontre de ces deux personnages dépeinte par Victor Hugo et remaniée par le réalisateur donne à se poser de grandes questions sur le sens de sa propre vie. Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons ? Par amour ? Par subtile réconciliation avec nous-mêmes ? Par devoir ?
J’ai adoré cette réponse à cette question, et ce retournement de question à la personne qui l’a posée. C’est toujours intéressant de répondre à une question posée et de la retourner à l’interlocuteur. Parce que si elle est posée c’est qu’elle la concerne au plus haut point. Tenter de comprendre l’autre, c’est tenter de se comprendre. A partir du moment où Javert n’a pas réussi à comprendre les actes héroïques, donc altruistes de Jean Valjean, alors qu’il était censé se figer dans l’image d’un galérien sans aucun sens des valeurs, il s’est heurté à ses propres convictions et n’a donc plus trouvé un sens à sa vie. Il a fini par se suicider.
Ici, Victor Hugo s’attache à dévoiler les préjugés, les principes qui finalement nous habitent toutes et tous. Il s’attache également à croire que l’individu peut changer et modifier son orientation dans ce monde, grâce à l’intervention d’un autre bienveillant, habité par un être divin, plus grand.
Et si tout pouvait être aussi simple que le préconise Victor Hugo, dans la transmission, dans les fondements du don pour faire entrevoir un espoir, une possibilité de percevoir le monde de façon idéaliste ? Et si c’était si simple, pour quelles raisons certains d’entre nous se laissent aller à l’auto-sabotage ?
L’article sur la facilitation sociale peut donner un commencement de réponse à cette question fondamentale.
Je l’ai découverte lors d’une exposition à Dax, il y a plus d’un an.
J’y ai pris quelques notes.
Son retour d’expérience m’a émue, parce que ce sont des vérités que je m’applique à suivre de façon instinctive et nécessaire pour l’écriture de mes livres. Pour que la création trouve à être humaine et non artificielle, il me semble essentiel de suivre ces six suggestions :
Restez toujours vous-même, c’est-à-dire qu’en marge de nos études pour le dessin, la perspective, la composition et tous les enseignements à venir, vous devez garder votre trait, propre, vos idées propres et votre façon de voir les choses. C’est votre trésor intérieur que rien ne peut et ne doit détruire. (Ceci écrit, il est possible de lire mon article intitulé la comparaison sociale : un automatisme humain complexe, pour tenter de s’en affranchir et donc pour rester soi-même).
Travaillez toujours par l’observation et suivez vos émotions, tristes ou sereines, exercez votre mémoire visuelle déclenchée par le choc émotif pour créer l’image mentale qui devient sur votre toile l’expression essentielle de votre moi profond. Gardez vos couleurs propres au réel au figuré sans vouloir à l’avenir reproduire des œuvres déjà faites et vues autour de vous.
Pensez que votre dernier tableau est comme le premier essai que vous faites, en fait, il est l’aboutissement de tous les autres ; mais ne songez ni regardez jamais les précédents ; vous savez que le plus beau est celui qui n’est pas encore fait.
Ne retenez jamais les avis, compliments ou critiques sur vos recherches, une personne aime et comprend, l’autre non, aucune importance, suivez votre ligne droite d’artiste qui toute sa vie cherche à créer une œuvre sincère qui ne ressemble à personne d’autre au monde.
Et pour finir, c’est vous seul, avec le temps, les années, les tableaux ratés et ceux qui sont beaux, qui allez acquérir tout doucement la clairvoyance, votre jugement modeste et sincère fera le reste. Soyez content d’avoir bien travaillé, d’avoir osé faire quelque chose, mais ne soyez pas content de vous longtemps, chaque tableau à votre insu prépare le suivant et ceci toute la vie… d’artiste « vrai ».
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