par Joéline Andriana | Fév 10, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Déborah et j’ai trente ans. J’aspire à être heureuse, et je pense que ce bonheur passe par le fait d’avoir un enfant avec l’homme avec qui je partage ma vie. Deux perceptions, nous avons deux perceptions différentes de l’accomplissement personnel. Il a vingt-sept ans et ne voit pas l’urgence de construire une famille. Il aime jouer aux jeux vidéo, il peut rester toute la journée devant ses écrans et ne prendre aucun temps pour le couple, pour moi. Je fais tout pour lui faciliter la vie. Il travaille dur, il semble si fatigué et usé par ce labeur professionnel ! Il est mécanicien automobile. Je vois bien qu’il ne s’intéresse pas à ce que je ressens, à ce que je fais. Les disputes se multiplient. C’est à qui crie le plus fort, et à qui a raison. Je fais des efforts, je pense avoir toujours été présente pour lui.
Je m’accroche à lui comme mon dernier recours à mon épanouissement, comme à une bouée. Je me sens naufragée d’une histoire sans fond. Il ne m’entend pas, il ne m’écoute pas, je me sens impuissante. Je n’ai plus envie de lui, il s’est éloigné. Je suis devenue une femme d’intérieur, je suis sa boniche, il ne prend aucune initiative dans l’appartement. Je coule, je ne respire plus, je souffre d’un manque de considération que je ne pense pas mériter.
La dépendance affective me cloue à ses côtés, comme si je n’avais pas d’autres choix. Je suis liée à lui depuis six ans, et pendant six ans, je me suis consacrée corps et âme à notre relation. J’ai commencé par l’aduler, l’admirer, l’aimer passionnément, j’ai continué à l’aimer tendrement, pour finir par ne plus le reconnaître, par ne plus me reconnaître digne de vivre en couple avec lui. Nous avons laissé passer le temps, nous n’avons pas agi, nous nous sommes laissé aller. J’ai pris sept kilos, et je ne me sens plus désirable. Lui, au contraire, a maigri à force de stress et de tensions accumulés. Il a des douleurs dans le dos, il ne bouge plus. Les seuls moments partagés sont ceux devant la télévision, dans ce canapé qui a fini par prendre la forme de nos corps essoufflés.
Comment sortir de ce marasme ensemble ? Je lui en parle, mais pas de la bonne manière. Je lui fais des reproches à longueur de journée. Je pense que ça ne peut que le faire réagir. Il réagit en effet et de la même manière, des reproches s’accumulent et rien ne se résout. Nous en arrivons à nous détester, presque à en venir aux mains. Il me bouscule, je le mets à la porte. Ces accès de violence nous dépassent.
Mon père ne dit rien, ma mère me demande pourquoi je m’obsède à tenter de sauver cette relation où le manque de respect s’est installé et continue de compliquer la communication. Ils sont séparés, eux. En quoi seraient-ils de bon conseil ? Mes amies me dévoilent qu’elles s’inquiètent pour moi, que je devrais demander une aide extérieure. Ça vaut peut-être le coup… six ans d’une vie, de ma vie valent la peine que je me démène pour trouver des solutions à notre possible réconciliation. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ?
Mon collègue me drague, il serait sûrement plus facile de quitter Kévin…
Qu’en dites-vous ?
par Joéline Andriana | Fév 3, 2020 | Psychologie
« Le sentiment est un ami du don et ennemi de l’échange », écrivait Aristote. « Je regrette l’heureux temps où le sentiment réglait tout », selon Émile Chartier, dit Alain.
Je m’appelle Sidonie, et j’ai trente-cinq ans. Je suis dans une étape de ma vie où j’ai besoin de me sentir en sécurité. J’ai fini par détester l’humanité à force de prendre de grosses claques sous forme de jugements sur ma vie amoureuse. Mes amis, que je pensais de vraies sources d’énergie et d’amour, se sont éloignés dès lors qu’ils se sont mis à m’envoyer balader. Mes peines de cœur ne les intéressent plus. Ils disent qu’avec moi, c’est toujours la même chose, ça finit toujours de la même manière avec les hommes que je rencontre. Je ne me suis plus sentie à ma place parmi eux, je me suis sentie souillée. Souillée parce que je me suis surprise moi-même à me dévaluer, à me mésestimer. C’est vrai, ils ont raison, mon passé n’est fait que d’un cimetière d’amour, d’espoirs. Je ne suis plus une adolescente et pourtant, dès que je me sens bien avec un homme, je m’imagine que c’est l’homme de ma vie, le fameux « bon ». Mais qu’est-ce qui me prend ? Ai-je eu tort d’y croire à ce point ? Aurais-je dû le garder pour moi pour ne pas être fustigée de tous les mots les plus ignobles de la part de ceux en qui j’avais confiance ? Aurais-je dû rester à ma place et ne pas tenter de vivre ces expériences amoureuses ? C’est en fait moi, le problème. Je finis par me poser la question de la meilleure manière de vivre une relation d’amour, d’amitié.
J’en arrive à annihiler mes sentiments, comme des ennemis du bien, du bon dans les interactions. J’espérais que l’on me comprenait de même que je prenais le temps d’écouter et de comprendre, tout en acceptant mes amis tels qu’ils sont. Choquée, je suis restée choquée par tant d’indifférence et de rejet. Mal, je me sens mal de ne plus réussir à partager mes émotions. Je deviens misanthrope, je me laisse aller à manger, je me reclus chez moi. Impossible de sortir sans l’angoisse de croiser une personne malveillante.
J’en ai assez, je suis fatiguée… Mes émotions me jouent des tours. Je me sens si seule… Je ne sais plus à qui parler, me livrer. Demain, j’appelle ma psy, je ne peux pas continuer comme ça. Ça ne me ressemble pas, moi qui suis joviale et empathique, amusée de tout, émerveillée par les nouveautés de la vie, les aventures offertes par les hasards du temps, de l’espace. Je ne sais plus qui je suis, je suis perdue.
J’aimerais tant que la seule évocation de mes sentiments puisse régler tout malentendu ! Je sais qu’il est primordial de ne pas garder mes sentiments pour moi. Je décide de les poser sur le papier, je décide de prendre le téléphone et d’appeler mes « amis » afin de leur dire ce que je pense, la colère, puis la tristesse d’être balayée comme une vulgaire poussière. Peu importe ce qui adviendra, je ne peux pas me fourvoyer. Honnête avec moi-même, c’est tout ce que je peux être à l’heure actuelle. Il est légitime que je ressente de l’injustice et de la déception, il est essentiel que je retienne tous les bons moments du passé, de mon passé amoureux, de mon passé amical, il est primordial que je retrouve confiance en moi. Prendre les choses en main, parce que personne ne peut le faire à ma place.
J’ai juste besoin que l’on valide cette voie, ma voie. J’ai uniquement besoin qu’on entende ma voix afin de récupérer ma pleine place dans ce monde, si bizarre que cela puisse paraître.
Et vous, comment faites-vous pour vous sentir à votre place ?
par Joéline Andriana | Jan 27, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Vadim, et j’ai cinquante ans. J’aimerais bien tomber amoureux d’une jeune et jolie femme. Mais je me sens si vieux déjà ! Personne ne m’a dit qu’à cet âge-là, on est amené à subir les affres du temps de façon aussi insidieuse. En plus des rides et des cheveux blancs, si apparents, j’ai découvert que les kystes, les bosses, les lipomes qui se sont installés là, sous ma peau, comme des preuves de mon irresponsabilité dans ce que j’ai pu manger, ou pas, dans mon rythme de vie. Je ne fume pas, je ne bois pas pourtant. J’aime manger de la viande, des chips, des choses un peu grasses, ce sont les seuls plaisirs que je m’octroie. Avec le sport, un peu de musculation, j’ai l’air d’un homme qui prend soin de lui.
Au fond, je sais que je vieillis et que je prends la mauvaise pente. Je suis divorcé depuis plus de cinq ans. J’ai vécu avec la même femme pendant vingt ans. Nous sommes restés amis. Nous n’avons pas pu avoir d’enfants. Comme j’aimerais en avoir ! C’est trop tard, d’après vous ? Si je rencontre une femme demain, il nous faudra un peu de temps pour nous connaître, pour tomber amoureux, un an sera déjà passé. Prendre le temps de partir en voyage, de nous amuser avant d’envisager de fonder une famille. Deux ans seront encore passés. J’aurai cinquante-trois ans. Si je calcule bien, quand j’aurai soixante-deux ans, mon enfant n’aura même pas dix ans. Qui, à dix ans, rêverait d’avoir un père vieux et incapable de donner un peu beaucoup de lui pour jouer au laser game, au ballon, aux jeux dans l’eau ? Et puis, si je veux vraiment un enfant, est-ce que toutes ces questions comptent vraiment ? Quand les femmes de cinquante-deux ans tombent enceintes accidentellement, parce que pensant être en ménopause, elles ne se protègent pas pendant un rapport sexuel avec leur mari, et qu’elles décident de le garder, qu’est-ce qu’on en dit ?
C’est la vie, c’est tout. Ça fait partie du cycle de la vie. Tout a des conséquences, tout ce que nous faisons a des conséquences. Si je ne fais pas d’enfants, d’autres en feront, même à mon âge. Pourquoi je me priverais d’en avoir ? L’idéal serait que je sois amoureux de cette femme qui sera la mère de mon enfant. Pour ça, il faut qu’elle soit jeune… Mon voisin, qui a cinquante-cinq ans, vit bien avec une femme qui a plus de vingt ans de moins que lui. Ils ont deux bébés, des jumeaux, il a l’air très heureux. Il a deux enfants plus âgés de vingt-cinq ans et vingt-deux ans. Deux garçons aussi. Tout le monde semble accepter cette union et cette situation familiale.
Qui oserait juger ? Et ça servirait à quoi puisque les personnes se donnent le droit et la liberté de faire ce qu’elles veulent ? La loi ne l’interdit pas. Est-ce que je vais passer pour un vieux pervers si je décide maintenant d’avoir un enfant ? Si je choisis de tomber amoureux d’une jeune femme ? Si je me permets de m’accomplir à travers une vie de famille dont j’ai toujours rêvé ?
Qu’en dites-vous ?
par Joéline Andriana | Jan 20, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Jérôme et j’ai quarante-cinq ans. Je suis célibataire, sans enfant. Je n’en veux pas. Les femmes que je rencontre ne comprennent pas. Elles sont toutes prêtes à avoir un enfant avec moi, à se marier. On ne se connaît pourtant pas. Mais qu’est-ce qui leur prend ? C’est vrai que je suis un beau gosse, il ne faut quand même pas exagérer. Qui a dit qu’il fallait se marier et avoir des enfants pour être heureux ?
Quand j’entends mes collègues de travail se présenter en formation, je suis abasourdi. L’un dit : « J’ai cinquante-cinq ans, je suis marié et j’ai deux enfants », l’autre déclare : « J’ai cinquante-deux ans, je suis mariée et j’ai un enfant », et puis le suivant : « J’ai soixante-deux ans, je suis marié et j’ai quatre enfants » tout en continuant à décrire leur cursus universitaire et professionnel. Quand arrive mon tour, je me sens obligé d’appuyer sur le fait que je ne suis pas marié et que je n’ai pas d’enfant. Ça dénote, quand même. Je sens leur regard pesant et étonné sur moi. Je suis différent et je ne me sers pas des êtres humains qui m’entourent comme de trophées, de preuves d’une valeur quelconque de fidélité, de stabilité. Surtout que la plupart passent leur temps au travail et ne s’occupent ni de leurs enfants ni de leurs partenaires. Et parce qu’ils passent autant de temps au travail, ils restent entre eux et entretiennent quelquefois des relations sexuelles, amoureuses.
C’est marrant, parce que je me suis toujours interdit d’avoir des relations intimes au travail. Je fais en sorte de distinguer le monde personnel et professionnel. Je rencontre mes idylles lors de soirées, de sorties entre amis, des speed datings. J’adore entrer en relation avec de nouvelles personnes. J’ai la forte impression de ne pas faire partie du même monde. Parce que je fais le choix de ne pas avoir d’enfant, la conséquence est que je suis hors norme, qu’on me met en dehors de la société, d’une société dans laquelle il est absolument nécessaire de rentrer dans le moule pour être accepté. C’est bizarre, quand même ! Je suis un homme, ça semble plus facile comme ça. J’ai des retours du genre : « Tu as encore le temps, les hommes font des enfants jusqu’à soixante-dix ans… » Ils ne sont pas bien du tout. Je n’imagine pas les femmes de mon âge et qui sont dans mon cas. On ne peut pas se permettre de leur dire ça, à elles !
C’est aussi plus facile pour moi, parce que comme je suis certain de ne pas avoir envie d’avoir des enfants, j’ai pris rendez-vous pour subir une vasectomie. C’est plus simple, je n’aurai aucun problème de « trahison ». En couple, ma partenaire n’aura aucun besoin de se protéger, de prendre la pilule, ou de subir une opération trop importante. Moi, je n’ai besoin que d’un chirurgien, de dix minutes et le tour est joué. Il paraît aussi que c’est réversible. Je vais me renseigner davantage. C’est tellement bon de prendre ses responsabilités, d’être clair avec soi ! On pourrait me demander : « Et si tu tombes amoureux d’une femme qui veut absolument des enfants ? » Je répondrais : « On verra, on discutera, mais ce n’est pas ça qui nous séparera si nous nous aimons d’un amour sincère »
Suis-je trop idéaliste ?
Qu’en pensez-vous ?
par Joéline Andriana | Jan 13, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Amalie et j’ai quinze ans. Je suis une jeune fille pleine d’ambition et d’énergie. J’aime la vie et les filles. Je n’ai pas hésité à le dire à maman, qui elle-même aime les femmes. Elle vit avec mon autre maman, que j’appelle par son prénom, Alex. Parce que c’est maman qui m’a mise au monde, je l’appelle comme ça. Elles ont été en accord pour que ça fonctionne comme ça dans la famille. Je sens bien que quelquefois, ça ne convient plus à Alex. Elle se sent un peu à part, prenant le rôle de « l’homme » de la maison. Elle bricole beaucoup, elle n’est pas vraiment avec nous. Quand elle est présente, elle n’ose pas trop intervenir, parce que ça finit toujours en dispute. Maman est très contrôlante, elle ne lui laisse pas de place auprès de nous, comme si elle était la seule à savoir ce qui est bon pour nous. Mon frère, Antoine, et moi. J’aime être avec Alex, parce qu’elle est plus rigolote, elle prend les choses plus à la légère, on a plus le droit à l’erreur, à la détente. Une chambre pas rangée ne fait pas scandale, une vaisselle pas lavée, ce n’est pas la fin du monde. Maman est super crispée. Je l’entends souvent dire qu’Alex ne l’aide pas assez, qu’elle doit décider de tout, qu’elle se sent seule.
Je me permets quand même de lui dire qu’il faudrait qu’elle ait confiance en Alex, qu’elle lui donne le droit de dire ce qu’elle pense, ne serait-ce que pour l’organisation de la journée, les vêtements que l’on porte, les week-ends, les destinations de voyage, les soirées… Mais maman m’en veut à chaque fois que je lui dis ça. Elle me dit que je ne suis pas de son côté, qu’elle fait ce qu’elle peut pourtant pour que je sois heureuse, que j’aie tout ce qu’il faut pour réussir dans mes études… Certainement, Alex contribue aussi à mon bonheur et si maman ou Alex ne sont pas bien, je ne peux pas être bien moi-même.
Je ne veux pas prendre parti, je ne veux pas attrister maman ou Alex, mais je pense qu’elles ont des choses à régler et vite. Ça me donne à réfléchir sur la vie de couple et sur les raisons qui les ont amenées à être ensemble et à fonder une famille. Je ne ressens pas vraiment leur amour. Ce truc que j’aimerais tant vivre avec Louna. Ce sentiment que j’aimerais qu’elle ressente pour moi aussi. Je me demande si maman et Alex ont été amoureuses. La réponse semble évidente, mais je me la pose. Pourquoi se seraient-elles battues aussi fort pour rester ensemble, qui plus est se marier, avoir des enfants, construire une maison, une piscine, s’acharner à aller travailler tous les jours pour payer tout ça, si ce n’est qu’elles étaient tombées littéralement amoureuses ? Pourquoi elles ne se parlent pas plus pour tenter de régler les choses, réajuster leurs émotions, leurs comportements afin de se sentir mieux ensemble ? Je ne comprends pas… Elles s’évertuent à garder les choses comme elles sont, considérant probablement qu’elles n’ont ni le temps, ni l’énergie, ni l’amour nécessaires pour changer, attendant que l’autre fasse la démarche pour arranger les choses. Mais elles sont toutes les deux responsables de tout ce qui leur arrive. C’est quoi, ce truc qui amène les personnes à se renvoyer la faute et à ne pas se permettre d’arranger la situation afin de continuer à s’aimer comme au premier jour ?
La fatigue, la routine, les habitudes, les mêmes rengaines font que tout se fige et se cristallise, se délite jusqu’au moment où le mépris s’installe avec le jugement, l’interprétation négative des mots et des gestes de l’autre.
Comment je fais, moi, dans tout ça ? Au milieu de tous ces malentendus, de ces tensions ?
par Joéline Andriana | Jan 6, 2020 | Psychologie
Je m’appelle Lenny, et j’ai quinze ans. Je suis embêté parce que je n’arrive pas à me mettre au travail pour réussir au lycée. J’ai l’impression de ne pas être capable d’atteindre mon objectif, qui est de transmettre des informations partout dans le monde. Pourquoi faut-il passer par des études ennuyeuses en seconde générale pour obtenir un bac qui ne rentre pas du tout dans mes perspectives professionnelles ? Je me sens si différent, si peu enclin à obéir à des lois qui demandent cette obligation scolaire jusqu’à l’âge de seize ans ! Je suis tellement plein d’énergie, mais pour des choses qui m’intéressent : le sport, les jeux vidéo, les copains, les copines, la musique, le cinéma, les sorties… l’amour, la sexualité, les voyages, les nouveaux horizons. J’en ai marre de rester dans cette même famille, au même endroit, dans un établissement qui n’en a que faire de ses élèves. Les mêmes programmes depuis des décennies, d’après ma mère, les mêmes livres à lire et des explications de texte qui ne m’apporteront rien de très riche. Je veux être reporter, je veux manipuler les vidéos, faire des documentaires, des films auxquels tout le monde pourra accéder, je serai en plus en mesure d’apprendre, d’aider, d’assister, de créer mon emploi, donc de gagner de l’argent afin d’être autonome. Qui a dit que quinze ans, c’est trop jeune pour commencer à se réaliser ? Des personnes de plus de cinquante ans qui ont peur qu’on leur prenne la place ? Des hommes de loi qui ont ainsi le temps de manœuvrer les jeunes pour continuer à les embrigader et les pousser à penser comme eux ?
Je veux juste être libre de penser par moi-même, que mes parents m’aident à m’épanouir, mais ils semblent encore plus lobotomisés que moi : « Tu dois avoir ton bac, même si ce n’est pas marrant, on ne fait pas toujours ce qu’on veut, tu sais ! Tu n’as que ça à faire, écouter en cours, faire tes devoirs, apprendre des notions qui t’aideront à entrer dans le moule, à faire comme les autres, à réussir dans ta vie ! Tu veux devenir clochard ? C’est ce que tu veux ? » Voilà ce que j’entends. Mais de quoi ils parlent ? Ils sont passés par là, pourquoi ils ne me donnent pas les moyens d’être heureux en mettant en avant mes atouts, ce que je suis et en cherchant des personnes capables de m’accompagner dans mes désirs les plus profonds ? Pourquoi ? Parce qu’il leur plaît d’être tranquilles parmi les humains, d’avoir une routine, de ne pas se démarquer, de ne pas se faire remarquer…
Mais qu’est-ce qu’ils ont tous ? Ils savent que la vie est courte, et que je suis pressé d’être bien, d’être au mieux dans ma peau ? D’accord, il y a des mecs de mon âge qui ne savent pas ce qu’ils veulent faire dans leur vie, mais moi, je sais, alors pour les personnes comme moi, on fait quoi ? On laisse retomber cette force et cette énergie, cette motivation interne et personnelle ? On les abandonne dans les méandres de la « connaissance scolaire » démodée et harassante avec des profs qui font leurs cours et qui repartent aussitôt le cours terminé ? Ils ne s’intéressent même pas à nous, ils n’attendent pas quelques minutes à la fin du cours au cas où on aurait des besoins, des remarques, des envies… Ils ne nous interrogent pas sur nos hobbies, sur ce qui nous motive à venir en cours. Ils savent que je déteste leurs airs hautains de personnes qui pensent tout savoir, détenir des connaissances qu’ils répètent à longueur de journée comme des perroquets ? Quel sens donnent-ils à ce qu’ils font, d’ailleurs ? À quinze ans, je veux découvrir le monde, je veux bouger mon corps, ressentir tout ce qu’il y a à ressentir, voir tout ce qu’il y a à voir avant de mourir. Parce qu’on est tous amenés à mourir, alors réveillez-vous !
Qui pourrait bien entendre ce cri de désespoir ? Qui pourrait bien m’aider à changer la donne si ce n’est mes parents et ma famille ?
par Joéline Andriana | Déc 23, 2019 | Ma réalité
Aujourd’hui, une réponse négative d’une éditrice m’a replongée dans la recherche effrénée d’un éditeur formidable pour la publication d’un magnifique livre sur les infinies possibilités. Après plusieurs messages, sans réponses, pour la rencontrer à Paris, il a fallu une intermédiaire pour qu’elle puisse me répondre. « Excusez-moi, la fin d’année est difficile… bla-bla-bla. C’est bien écrit, c’est bien structuré, mais nous ne donnons pas suite, parce qu’il n’y a pas de différenciation par rapport à l’offre pléthorique d’ouvrages. » D’accord, quoi dire de plus ? « Merci pour votre appel ! » Plus d’un mois et demi d’attente pour rien. Alors que c’est elle qui est venue me trouver. Pourquoi pas, c’est comme ça !
Ce livre est rempli d’exemples tirés de mon expérience personnelle et professionnelle, de témoignages uniques… et il ne trouve pas de « différenciation ». Je ne me laisserai pas abattre, je me relève et je cherche pour trouver le meilleur… Alors, si vous êtes éditeurs en sciences humaines, en psychologie sociale particulièrement, vous êtes les bienvenus dans mon univers. Dépêchez-vous, vous risquez de rater un chef-d’œuvre ! C’est vraiment un drôle de monde, ce monde de l’édition, non seulement il nous exploite, nous les écrivains et auteurs, mais aussi il est exigeant. Dans la vie amoureuse, vous faites ça, vous ne trouvez personne. Dans le monde de l’édition, ça semble être classique.
Bien sûr, on me conseille de mettre mon livre sur Amazon en auto-édition, bien évidemment, c’est possible, mais j’ai l’impression de me résigner à aller hyper-vite, mais pas assez loin, parce que je me sentirais encore profondément seule dans cette démarche. Je devrais moi-même être exigeante et faire valoir mes écrits, plutôt que de me morfondre dans cette victimisation stérile. C’est bien ce que j’ai l’intention de faire. Allez, persévérance, détermination et confiance en soi sont mes ingrédients préférés pour accéder à mes infinies possibilités. Ça va dépoter, je suis prête à me relancer et à entrer en communication avec des éditeurs intelligents et ambitieux !
Ce livre est intitulé Explorez vos infinies possibilités, il aura une superbe couverture, une campagne de publicité hors pair, des conférences de fous et un public extraordinaire et nombreux. Je suis dans les starting-blocks, prête à en découdre et à réussir. Qui est curieux me suive, qui veut aimer cet ouvrage m’accompagne, qui est en recherche de solutions me lise…
Bienvenue à toutes celles et tous ceux qui rêvent d’un monde meilleur, de vitalité, d’énergie et de sourires !
Ma profession de docteur en psychologie est agréable dans le sens où elle me permet d’aider les autres personnes à s’estimer, à avoir confiance en elles, à communiquer leurs émotions, à se servir de leurs peurs pour avancer où elles le souhaitent. L’hypnothérapie et l’EMDR sont des outils efficaces pour atteindre ces buts.
Allez ! C’est parti, la voie s’ouvre vers un chemin fleuri et boisé, avec des senteurs agréables et des couleurs fantastiques, n’appelant que le chant des oiseaux pour s’animer d’une mélodie enviable. Un chemin sympathique et édifiant grâce aux rencontres les plus belles n’attend que moi, que vous, que nous…
Avec tous mes vœux de réussite et de bonheur à tous ceux qui liront jusqu’au bout de ce petit article.
Bien à tous, bien à vous.
par Joéline Andriana | Déc 11, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Angèle et j’ai vingt-huit ans, je suis célibataire depuis maintenant plus de quatre ans. Je souhaite devenir productrice de cinéma. Je travaille toute la journée en tant qu’expert-comptable dans une petite ville du Sud-Ouest de la France. Je cherche à me former à distance ou tout simplement auprès d’un spécialiste en la matière. J’obtiens des contacts, je les appelle et me rends compte qu’ils me découragent en me disant :
— Vous avez de l’argent ?
— Non.
— Vous vivez à Paris ?
— Non.
— Sans argent et sans habiter à Paris, ce n’est pas possible. Rien ne se fait en dehors de Paris.
Cette discussion m’a amenée à revoir mon rêve. Comment avoir de l’argent et ensuite vivre à Paris pour accéder à cette projection de réussite ? Je suis restée coite, interdite, muette, j’ai commencé à lui parler sèchement, j’ai fini par raccrocher et me mettre en colère. Je me suis mise à le défier, cet homme que je n’avais jamais vu : « Ah oui, tu le prends comme ça ? Tu vas voir ce que tu vas voir ! Certes, je n’ai pas d’argent, mais c’est surtout grâce à ce rêve que j’en aurai par milliers, par milliards, et j’espère que tu seras toujours vivant pour assister à ça et m’appeler à ton tour pour demander une collaboration ! » En faisant mon sport du matin, en pleine nature, je me suis trouvée presque ridicule de me dire tout ça. Défier un homme que je n’avais jamais vu ! C’est moi que je défiais, c’est à moi-même que je transmettais ce message ! Alors oui, je vais tout mettre en œuvre pour accéder à cette nouvelle carrière d’images et de mouvements des émotions, avec le respect de la personne que je suis.
Et puis vient la question de l’amour ! J’ai vachement envie de tomber amoureuse. Je rencontre des hommes et je me confronte à des refus, c’est assez inédit pour moi. Je suis assez jolie, intelligente, souriante, pleine d’ambition, mais je vais vers des hommes qui ne semblent pas en mesure de m’accepter telle que je suis. Je ne comprends pas, je cherche à identifier ces difficultés et surtout à ne pas tout prendre pour moi. Ils ont le droit de refuser, mais qu’est-ce qu’ils refusent ? Mon exigence, mon rythme trop rapide, mon authenticité, ma dissemblance ? Ces hommes-là m’attirent parce que justement ils sont complètement différents de moi, et tout particulièrement parce qu’ils sont très beaux, à mes yeux. Est-ce que c’est moi qui prends le mauvais chemin ?
Un matin, je me lève et ouvre mon téléphone. Je vois que s’affiche un numéro qui a tenté de m’appeler en pleine nuit, à quatre heures seize du matin. Je ne connais pas ce numéro, il n’est pas dans mon répertoire téléphonique. Je décide de lui écrire un SMS lui demandant son nom et son prénom. C’est Aksel, un garçon avec qui j’avais passé un super et court moment. Il m’annonce qu’il est désolé parce qu’il a fait une mauvaise manipulation. Comment devrais-je réagir ? Je me mets en colère. Je lui propose de supprimer mon numéro de son portable parce que ça lui éviterait de refaire ce genre d’erreur.
Et là, j’avoue que je ne sais plus ! Je suis perdue, j’ai la fâcheuse impression que le sort s’acharne, ou que finalement, il m’envoie un message pour émettre l’idée que c’est bon signe, que je dois emprunter d’autres chemins pour m’épanouir. Lâcher cette colère et me rassurer sur le fait que je suis capable non seulement d’être heureuse mais aussi de réussir dans tous les domaines de ma vie.
Vous en pensez quoi ? Avez-vous déjà vécu ce genre d’histoire ?
par Joéline Andriana | Déc 9, 2019 | Psychologie
Je m’appelle Vincent, et j’ai trente-deux ans. Je suis tombé sur une femme de quarante-trois ans, très jolie et très distinguée. Je lui ai donné mon numéro de téléphone sans réelle conviction, sans rien attendre de cette nouvelle rencontre. Fatigué, je suis fatigué par le travail récent dans lequel je me suis engagé pour échapper à mon passé douloureux, à cette place de consolateur, de soutien auprès de ma famille. J’en avais assez, je devais enfin penser à moi et ma propre souffrance, à la possibilité de la vivre et de la surmonter. Ma petite sœur est morte. Je ne l’ai pas supporté. Proche d’elle, développant des affinités et une complicité très fortes, je me suis rendu compte à quel point elle était primordiale dans ma construction. Je l’aime, je l’ai aimée si intensément que je me suis perdu dans mon chagrin, ma tristesse, à tout remettre en cause, ma profession, mes amis, mes parents, ma relation à tous ces domaines de ma vie. Je suis parti loin, et pourtant c’est toujours en moi. Je me tue au travail, je me plonge dans les regards flatteurs de ces femmes que je ne connais même pas. Je me sens exister, et ça me suffit, aujourd’hui.
Éléna est brillante, je l’ai revue avec enthousiasme. Elle semblait avoir la tête sur les épaules, elle n’avait prévu qu’une simple amitié entre nous. Je l’ai convaincue que nous deux, c’était possible, même quelques secondes, même quelques minutes et surtout quelques heures. Ce que je n’avais pas prévu, c’est qu’elle soit séduite par moi de façon aussi pleine et entière. Je me suis senti dérouté, déstabilisé. Je ne veux pas qu’on attende quoi que ce soit de moi, je ne veux pas m’attacher ni me sentir enchaîné. Je l’ai vue et sentie bousculée, mais je n’y ai rien fait. J’ai juste ajouté avec calme : « il ne faut pas tout donner, car en donnant tout, on n’a plus rien pour soi » quand elle me disait qu’elle était tentée d’entrer dans cette logique. J’ai compris que j’avais été un petit con en le disant de manière désinvolte, en plus. J’ai surenchéri « Je suis un petit con ! » et elle l’a répété. Le choc s’est imprimé en elle, et le silence s’est installé entre nous. Sa déception de m’entendre et de me voir si détaché d’elle, de ses émotions m’a poussé à m’approcher d’elle, tentant maladroitement de la consoler. La déception s’est transformée en colère, j’étais en train de perdre les étoiles de ses yeux qui brillaient dans les miens. Son regard s’est égaré, et le mien recherchait le sien désespérément. Un rapprochement physique allait pouvoir casser ce malentendu. Je l’ai embrassée, l’ai prise dans mes bras, je l’ai déshabillée, je l’ai laissé me déshabiller, je l’ai soulevée jusqu’à mon lit, et nous avons fait l’amour. Oui, l’amour, je voulais lui transmettre tout mon désir. Je ne peux pas, au fond, lui transmettre autre chose, même si je lui ai dit que moi, je n’avais pas peur.
Je l’ai laissé espérer et je l’ai abandonnée. Elle me manque aujourd’hui, mais je reste persuadé qu’il est mieux pour nous de ne plus nous revoir parce que je ne peux pas lui apporter ce qu’elle souhaite, cet amour profond et sincère. Je ne veux plus de dépendance affective, je ne veux plus faire ma vie en fonction des attentes des autres. Je veux me sentir libre de fréquenter qui je veux quand je veux jusqu’à ce que je ressente l’urgence et le désir profond de vivre à deux.
Est-ce que je suis trop égoïste ? Suis-je vraiment un petit con ?
par Joéline Andriana | Nov 12, 2019 | Ma réalité
Malgré mon épuisement lié à mon travail au cabinet, je me renforce en lisant et relisant des auteures et un auteur. Ils me donnent le courage de continuer mon ascension dans le monde littéraire afin de toucher mes étoiles, et le soleil de tous. Ceux-là seront décrits dans les prochains posts.
Oui, je l’avoue, tout ce qui se trame dans mon cabinet m’inonde de désespoir quelquefois quand je réalise que les êtres humains peuvent se déchirer. Heureusement que les réussites sont plus nombreuses, auprès des personnes prêtes à se construire ou se reconstruire après une dure et fulgurante épreuve. Je suis ravie de les accompagner dans cette motivation.
Actuellement, je prépare une conférence sur les infinies possibilités. Je me fais accompagner parce que seule, c’est trop difficile. En formation prochaine à Paris, j’espère pouvoir être au top pour vous présenter ma mine de diamants bruts. Mes ressources, mes réussites, je les espère sources d’inspiration démontrant que quels que soient les obstacles et les souffrances subis, il est nécessaire de se relever, de souffler et de reprendre de l’énergie afin de se sentir accompli et heureux.
Je vous souhaite le meilleur, et surtout de pouvoir penser paix et sérénité face à votre environnement, aux autres. Pas facile, mais faisable, avec un travail quotidien de reprogrammation interne. C’est comme faire du sport pour muscler et entretenir votre corps, l’idée est d’entraîner votre cerveau à penser positif et évolutif.
Je m’y attelle au quotidien afin de rendre ma vie plus chouette et plus éclairante.
En attendant de vous recevoir lors de l’une de mes représentations publiques contant la manière dont il est possible de se respecter, se valoriser à travers l’alimentation de l’estime de soi, de la confiance en soi à des fins de communication plus juste dans l’expression de ses émotions, je vous convie à consulter mon dernier roman, Ekena, l’enfant de l’amour, via le lien suivant : https://www.lulu.com/en/en/shop/joéline-andriana/ekéna-lenfant-de-lamour/paperback/product-4z2nkz.html?page=1&pageSize=4
Ce roman raconte les différences et la manière dont les personnages se jouent des regards malins et continuent de rester fidèles à eux-mêmes.
Avec toute ma joie !